POLITIQUE : Lionnel Luca : « De la solution finale à la société de la peur « 

De match lors des élections municipales à Villeneuve Loubet, il n’y a pas eu puisque le sortant, Lionnel Luca, a été réélu avec plus de 88 % des voix face à son seul concurrent RN, Jean-Pierre Vincendet.

Mais même en l’absence de la presse (retransmission sur sa page Facebook), même en l’absence d’une opposition de gauche (qu’il a regretté), même sans public, Lionnel Luca a fait le show avec un discours qu’il va rôder et qui n’épargnera pas le gouvernement.

La responsabilité de l’ARS

Pour lui, « la vraie bonne solution aurait été de refaire les deux tours de l’élection municipale » Il a fustigé ensuite le terme de « guerre » employé par le président Macron : « Il n’y a pas eu bombardement… Il ne faut pas galvaniser les mots. C’est une pandémie et une épreuve, pas une guerre ».  Et il enchaîne : « Cette épidémie a fait près de 30 000 morts, il y a 600 000 décès en France chaque année, relativisons les choses ». Pour autant, qui sont les responsables ? Lionnel Luca pointe l’Agence Régionale de Santé (ARS) « qui a confisqué les masques des collectivités ». Pour lui donner raison, un médecin sur une radio nationale dénonçait les lenteurs administratives d’un système de soins qui aurait mis 6 à 12 mois de plus pour obtenir les matériels indispensables à la gestion de la crise du coronavirus s’il fallait respecter les règles des marchés d’appels d’offres…

L’horreur de la « Distanciation sociale »

Mais c’est dans la privation de libertés publiques que Lionnel Luca a lâché les chevaux. « On est en train de faire une société totalitaire soft, sans chars, ni mitrailleuses » pour reprendre le langage guerrier du président de la République. S’il y a un mot qui l’horripile, c’est celui de « distanciation sociale ». Et là, ça ne passe pas : « Casse-toi, tu vas me contaminer ! La peur de l’autre ! Ce genre de formule me fait penser à la solution finale ». Quant à la restriction des déplacements, « cela me fait penser à la Roumanie de Ceausescu », un sujet qu’il connaît bien. Quant aux caméras partout pour prendre la température, pour lui, « c’est du viol ! ». Citant Aldous Huxley, il a conclu : « Nous sommes en train de devenir amoureux de notre esclavage ». Ou l’histoire de la grenouille (villeneuvoise ?) que l’on met dans l’eau que l’on chauffe progressivement. Nul doute que les Granouié, autre nom des Villeneuvois, ont dû apprécier le rapprochement. Ah, au fait, nous oublions, il a bien été élu maire par 32 voix sur 33 (1 vote Blanc) tout comme ces 9 adjoints (1). Nous en aurions presque oublié l’essentiel de ce conseil municipal exceptionnel qui s’est tenu au Pôle Culturel Auguste Escoffier.

Pascal Gaymard

(1) Marie Benassayag, Albert Calamuso, Thérèse Dartois, Charles Luca, Nathalie Nisi, Christian Vialle, Valérie Prémoli, Jean-Paul Bulgaridhes, Patricia Lavigne.