Photos Thierry Ollive
Pour beaucoup, c’est devenu « la plus belle fête médiévale de France » surtout grâce à une volonté d’authenticité des organisateurs qui ont compris que l’identité d’un village est un passage indispensable pour convaincre les visiteurs.
Un weekend de folie avec 110 000 visiteurs !
Du 10 au 12 avril, c’était vraiment « the place to be » à Biot ! Ce n’est pas un événement dont on puisse se contenter d’entendre parler mais une manifestation qu’il faut absolument vivre ! Certes, il faut jouer des coudes, certes, l’attente à certains stands peut être longue, certes, il faut trouver une place dans les estrades du pré de la Fontanette, mais les Templiers revivent pour vous grâces aux compagnies médiévales qui ont fait du respect de la Tradition leur cheval de bataille. Les combats sont millimétrés, les joutes spectaculaires, les défilés impressionnants, tout est vrai dans cette Fête incroyable qui est devenu l’incontournable événement du printemps dans les Alpes-Maritimes avec encore plus de 110 000 visiteurs… On se demande bien ce qui a pu pousser certains par le passé (l’ancienne municipalité) à renoncer à ce rendez-vous si populaire… auprès des grands comme des petits qui redécouvrir une partie de leur histoire dont ils peuvent être fiers.
Le maître mot : la patience !
Pour vivre pleinement cette Fête, il faut jouer le jeu et se déguiser pur la circonstance, revêtir la bure blanche et la cape marquée de la croix templière rouge si caractéristique. A ce « jeu », les enfants ne sont pas les derniers… En ce qui concerne l’accès, il vaut mieux se renseigner avant de venir et laisser la voiture sur les parkings aux alentours et utiliser les nombreuses navettes pour rejoindre Biot et le pré de la Fontanette. Sitôt franchi le cordon de sécurité, on a envie de monter sur la roue médiévale toute en bois, mais à raison de 8 personnes à la fois, l’attente a pu paraître un peu longue… Il est bien plus rapide de profiter des nombreux jeux en bois de différents pays (le Moulin, les Maillets, les Mains habiles, la Catapulte de table…). Les enfants ont pu profiter aussi d’un jeu de massacre médiéval en visant les figurines d’un château fort. On peut ensuite partir à la découverte des différents spectacles, des tentes et des stands dans lesquels œuvrent des chevaliers, des fabricants de côtes de mailles, des teinturiers, des artisans en parchemins, en vitraux, u en broderies. A moins d’être assis aux 2600 places des deux grandes tribunes bordant le pré de la Fontanette et sur les gradins du jardin Frédéric Mistral (deux lieux où il se passe toujours quelque chose) ou alors aux longues tables dressées devant les tavernes, il faut se résigner à rester debout sur plusieurs rangs pur suivre les spectacles musicaux, les combats de chevaliers ou les diverses reconstitutions présentées par les nombreuses troupes de 18 nationalités différentes.


Les conférences de Simonetta Cerrini…
L’édition 2026 a souhaité mettre en valeur « la Femme et le Temple ». C’est au sous-sol de la Médiathèque Sonia Delauney que devant un auditoire d’initiés, Simonetta Cerrini, Docteure de l’Université de Paris IV-Sorbonne, spécialiste du Moyen-âge et des Templiers, a présenté deux conférences, « Les Templiers et les Femmes : un espace au féminin dans l’univers des moines guerriers » et « Les sœurs du Temple : une Histoire oubliée » qui ont été agrémentées de projections d’images de plusieurs gravures et parchemins. Ses très érudits propos lui ont entre autres permis de conclure que « si les Templiers ont été arrêtés et emprisonnés, les femmes ont eu, par contre, plus de chances parce que les sœurs du Temple s’occupent surtout de la garde-robe des moines soldats ». Des applaudissements nourris ont salué les propos de Simonetta Cerrini avec de nombreuses questions qui lui ont été posées, signe évident de l’intérêt suscité.
Musique médiévale avec « Caminaïre »…
Cette année encore, grâce à plusieurs compagnies aussi bien françaises qu’étrangères, la musique médiévale a été magnifiquement mise à l’honneur. De nombreux spectateurs ont été séduits par le quatuor de la compagnie « Caminaïre » (un terme occitan signifiant « celui qui est en chemin »). Présente pour la 2ème année consécutive, c’est à 8 reprises qu’en divers lieux de la Fête avec ses cornemuses, ses flûtes, son tambour, son Bouzouki irlandais et ses hautbois Languedociens ou Catalans, mais aussi avec son rare sens du rythme que la compagnie a enthousiasmé les spectateurs qui n’ont pas tardé à taper des mains, à danser et même à reprendre en chœur, les refrains de chansons aux paroles appropriées : « on est à Biot, on est beau, Biot est une vraie dinguerie ! ». Un tonnerre d’applaudissements a démontré l’enthousiasme du public pur les musiciens de cette dynamique compagnie venue de Montpellier.


Le triomphe de la Femme
C’est surement avec le même souci de mettre la femme à l’honneur et en valeur que le dimanche en fin d’après-midi, sur le pré de la Fontanette, le grand spectacle équestre, « Le Tournoi de la dernière chance », présenté par « la compagnie des chevaux de prestige », a réservé au final, une surprise aux spectateurs. Après bien des prouesses et de féroces combats à cheval ou à pied, un mystérieux chevalier, resté jusqu’à présent le visage dissimulé, a levé son casque en créant la surprise : ce chevalier est bel et bien…une femme répondant au beau prénom d’Angela. Elle a démontré ainsi qu’une femme peut elle aussi exceller et triompher en supplantant les autres chevaliers ! Vivement l’an prochain !
Pascal Gaymard & Thierry Ollive












