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CULTURE – Nice retrouve l’esprit du théâtre populaire : la Commedia dell’Arte envahit la ville pour un festival entre masques, satire et poésie

Pendant treize jours, les ruelles du Vieux-Nice, les jardins, les places publiques et les théâtres vont renouer avec une tradition vieille de cinq siècles : celle du théâtre populaire italien, du masque, du rire satirique et de l’improvisation. Du 5 au 18 juin 2026, la 11e édition du Festival International de Commedia dell’Arte de Nice transforme la ville en immense scène vivante. Spectacles venus de France, d’Italie et du Canada, créations contemporaines, théâtre de rue, projections, stages et performances immersives composent une programmation ambitieuse portée par La Semeuse. Un rendez-vous devenu incontournable qui confirme le rôle singulier de Nice comme terre méditerranéenne du théâtre populaire et de la culture italienne.

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@Festival international de commedia dell’arte de Nice

Dans une époque saturée d’écrans, d’algorithmes et de consommation culturelle accélérée, le retour du masque pourrait presque apparaître comme un acte de résistance. À Nice, il devient même un manifeste artistique.

Du 5 au 18 juin 2026, le Festival International de Commedia dell’Arte revient pour une onzième édition qui entend replacer le corps, le geste, la parole et l’improvisation au centre du rapport au public. Pendant près de deux semaines, les personnages mythiques d’Arlequin, Pantalone, Colombine ou Pulcinella vont ressusciter dans les rues niçoises, entre satire sociale, farce populaire et poésie méditerranéenne.

Une tradition italienne vieille de cinq siècles au cœur de Nice

Née dans l’Italie du XVIe siècle, la commedia dell’arte reste l’une des formes théâtrales les plus influentes de l’histoire européenne. Improvisation, masques, théâtre physique, personnages archétypaux, interaction permanente avec le public : cet art populaire a façonné des générations entières d’acteurs, inspiré Molière, nourri le théâtre moderne et influencé jusqu’au cinéma contemporain.

Et c’est précisément cette tradition que La Semeuse défend depuis plus d’une décennie à Nice. L’association, fondée il y a 122 ans, s’est progressivement imposée comme l’un des pôles français majeurs du théâtre masqué et de la commedia dell’arte. Formation, création, diffusion, accueil d’artistes européens : son travail patient a permis au festival niçois de devenir aujourd’hui une référence reconnue bien au-delà des Alpes-Maritimes.

Un festival éclaté dans toute la ville

Cette édition 2026 investira plusieurs lieux emblématiques de la métropole niçoise. Le Centre Culturel La Providence, le Théâtre de La Semeuse, le jardin de la place Arson, les quartiers des Moulins ou de l’Ariane, mais aussi Carros accueilleront spectacles, ateliers et représentations gratuites.

Un choix assumé, car le festival revendique une ambition profondément populaire : sortir le théâtre des seuls espaces institutionnels et aller à la rencontre des habitants dans les quartiers, les places publiques et les lieux de vie. « L’esprit du festival associe théâtre populaire, transmission, exigence artistique, pratique du masque, interdisciplinarité et circulation européenne des artistes », souligne le dossier de presse officiel. Au cœur du festival, le masque demeure l’élément central, non pas comme accessoire décoratif, mais comme celui d’un outil dramatique.

Catarina Segurana ouvre le festival dans un souffle niçois

Le coup d’envoi sera donné le 5 juin avec Catarina Segurana, création de La Semeuse présentée au jardin de la place Arson. Un spectacle qui réactive l’un des grands mythes populaires niçois : celui de Catherine Ségurane, une création de La Semeuse consacrée à la célèbre héroïne niçoise de 1543. Dans cette relecture burlesque et spectaculaire du siège de Nice par les armées franco-ottomanes, le spectacle convoque François Ier, Soliman le Magnifique, Barberousse et la figure mythique de Catherine Ségurane, lavandière devenue symbole de résistance populaire.

Une manière pour le festival de relier l’histoire niçoise à la tradition théâtrale italienne.

La Rédaction

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