Par Pascal Gaymard – Photos Dominique Maurel
Jeudi 14 Mai 2026
Le Festival a pris son allure de croisière avec l’enchaînement des films qui parfois se chevauchent selon les projections que l’on a réussi à réserver à 7h, sachant qu’à 7h01, c’est trop tard… Cela ajoute un stress conséquent à une course contre la montre entre articles, émissions de radio, rencontres, et conférences de presse… Un quart d’heure de retard au début d’une séance et c’est toute une organisation qui s’en trouve contrariée…
TEENAGE SEX AND DEATH AT CAMP MIASMA : Gillian Anderson, le retour…
N’ayant pu assister à l’ouverture de la sélection officielle, « Un Certain Regard » par manque de places, nous avons pu « récupérer » cette projection le lendemain à 8h30. Au départ, beaucoup d’appréhension puisque le pitch avait pour annonce, une jeune réalisatrice queer qui voulait reprendre une licence d’horreur en voie d’épuisement pur la régénérer à la sauce du wokisme. D’autant que le réalisateur, Daniel Schoenbrun a effectué une transition entretemps pour devenir Jane Schoenbrun… L’intérêt de ce film d’épouvante original réside dans le casting ù l’on retrouve Gillian Anderson, l’héroïne de X-Files, qui donne la réplique à l’humoriste, Hannah Einbinder, elle-même bisexuelle proclamée. Le cocktail fonctionne à merveille, car, avant tout, dans la plus pure tradition des films Gores, le film se moque ouvertement des considérations « woke » de cette jeune réalisatrice qui veut sortir de son isolement la survivante du 1er opus de la licence « Miasma ». Les effets sont réussis et Gillian Anderson, magique. Du coup, TEENAGE SEX est l’une des bonnes surprises du Festival ù d’autres film d’horreur sont annoncés…
QUELQUES MOTS D’AMOUR : Hafsia Herzi forever…
Ce film, présenté à « Un Certain Regard » est avant tout une belle histoire d’amitié entre deux amis d’enfance, Rudi Rosengerg, qui voulait réaliser des films, et Hugo Selignac qui se voyait producteur et qui a créé sa propre boîte avec Chi Fou Mi. Ils ont enfin trouvé le temps et le scénario de développer un projet QUELQUES MOTS D’AMOUR que le premier souhaitait tourner qu’avec des interprètes amateurs. Mais le second, lui a présenté Hafsia Herzi pur jouer le rôle de la mère et tout est devenu évident tant le talent de l’égérie d’Abdellatif Kechiche illumine l’écran. Elle est plus que crédible dans le jeu de cette mère courage qui se bat dans la banlieue de sarcelles en 1995 pour élever, seule, ses deux enfants. Mais à l’adolescence, sa fille qui fantasme sur le père absent, veut absolument le rencontrer même si ce désir n’est aucunement partagé de l’autre côté. Remarquable !



FATHERLAND :
Dans l’après-midi, le génial metteur en scène, Pawel Pawlikowski, Oscar du meilleur film étranger avec IDA en 2013, puis Prix du meilleur réalisateur avec COLD WAR au Festival de Cannes 2018, a présenté sn dernier chef d’œuvre, FATHERLAND. Au casting, on retrouve celle que l’on peut considérer comme la plus grande actrice allemande du moment, Sandra Hüller, aux côtés du comédien fétiche de Wim Wenders, Hanns Zischler. L’action se passe en 1949 dans une Allemagne détruite où le grand écrivain, Thomas Mann (Prix Nobel de Littérature), qui avait quitté le pays en 1933 pur fuir le nazisme, revient pour recevoir un double Prix Goethe, l’un à l’Ouest à Francfort, et l’autre à l’Est à Weimar. Sandra Hüller joue le rôle de sa fille et conduit une grosse Buick noire du meilleur effet. Ce film en Nir & Blanc rappelle par bien des aspects son COLD WAR. Même qualité d’image, même sin du cadre, même éclairage puisque confié à Lukasz Zal, le chef opérateur aussi de LA ZNE D’IN TERET et de HAMNET… Alors, FATHERLAND au palmarès ?

HISTOIRES PARALLELES : Asghar Fahradi dans un film à tiroir sur le(s) doute(s)
Assurément, les HISTOIRES PARALLELES du réalisateur Iranien, Asghar Fahradi, étaient l’un des films les plus attendus sur la Croisette. Après LE PASSE tourné en 2013, il est revenu à Paris avec un très beau casting : Isabelle Huppert, Virginie Efira (éblouissante), Pierre Niney, Vincent Cassel et Adam Bessa, Catherine Deneuve, et India Hair. Un vrai bonheur de les voir tous se démener dans ce scénario à tiroirs où chacun s’épie à tour de rôle dans un jeu de miroir de « Fenêtre sur cour » à multiples facettes. Oui mais voilà, à force d’effets et de doutes endémiques, Asghar Fahradi perd son spectateur qui lui, imagine que ce puzzle donnera quelque chose de construit à la fin ce qui n’est pas le cas. Le film se termine par une pirouette déstabilisante qui ne correspond pas à l’esprit de cette histoire tourmentée. Une petite déception quand même par rapport aux énormes attentes…












