Par Pascal Gaymard – Photos Dominique Maurel
Dimanche 17 Mai 2026 : De la Guerre aux Monstres…
Pour ce dimanche, le programme est chargé avec la Seconde Guerre Mondiale, les monstres, l’histoire et tu t’es vu quand t’a bu… Il y a des prix qui se cachent derrière ces énigmes. La différence entre les sujets et le traitement des films est saisissant selon que nous soyons dans l’histoire, dans l’anticipation ou dans le documentaire…
FULL PHIL : Du rire et un monstre…
Il n’y a pas plus prolifique dans le cinéma français que Quentin Dupieux. Il tourne à un rythme effréné et au final cela fait une œuvre. Nous sommes à Paris, Philip Doom, un riche industriel américain tente de renouer avec sa fille Madeleine. Malheureusement, la cuisine française, un film d’horreur des années 1950 et un employé d’hôtel envahissant perturbent le bon déroulement de son séjour… Au final, le cocktail est hilarant, notamment la séquence entre Woody Harrelson qui doit faire face à la rébellion de sa fille, Madeleine, qu’il a ignoré durant 12 ans jouée par Kristen Stewart, mais aussi et surtout face à une employée d’hôtel, Lucie, incarnée par Charlotte Le Bon. Comme elle a décelé un pédophile, elle est intouchable même pur un riche client… Le wokisme est au cœur de cet échange savoureux qui se joue à différents niveaux de compréhension. La cuisine française est variée, le monstre des plus surréaliste et les situations des plus cocasses, du grand Quentin Dupieux.



VIENDRA LA REVOLUTION : L’Iran tout feu, tout flamme…
Cannes est aussi tourné vers le monde et n’en oublie pas l’Histoire. Avec VIENDRA LA REVOLUTION, nous revisitons l’Iran et ses événements comme l’arrivée au pouvoir d’un barbu islamiste et assassin de son propre peuple, Khomeiny, la guerre avec l’Irak, les révoltes enfin d’une population qui ne supportent plus les conditions de vie imposées par une caste extrémistes qui a transformé le pays en une gigantesque prison, n’hésitant pas à faire tirer à balles réelles sur le peuple. Lors du dernier soulèvement, on estime à plus de 60 000 morts, la répression qui a suivie. Un travail de mémoire essentiel.
MOULIN : Gilles Lellouche face à Lars Eidinger, Moulin et Barbie…
Et si c’était lui, la Palme d’Or introuvable de ce Festival… Le réalisateur du FILS DE SAUL, Laszlo Nemes, a fait juste un film parfait. De la vie de Jean Moulin, si souvent mise à l’écran, il a décidé de se concentrer surtout sur l’interrogatoire plus que musclé de Max alias Jacques Martel alias Jean Moulin par le SS, Klaus Barbie. Si le film est une telle réussite, c’est que Gilles Lellouche en Jean Moulin, rayonne, devant un Klaus Barbie joué par Lars Eidinger, glacial à souhaits… Les décors, les costumes, la reconstitution historique, Laszlo Nemes a fait attention à tout .Alors, on ose le dire : c’est notre Palme d’Or à ce stade de la mi-Festival !


GARANCE : Adèle Exarchopoulos primée ?
Pour son 4ème film, Jeanne Herry fait son entrée en Compétition officielle avec sa GARANCE qui n’est autre qu’Adèle Exarchopoulos. Elle campe une actrice sublime, un rôle de composition, mais qui n’a qu’un seul défaut : l’alcool. Et comme souvent avec ce type de malade, elle est complétement dans le déni jusqu’à apprendre que son foie n’en a plus pour très longtemps… Elle est tellement impressionnante qu’elle a mis la barre haute pur le prix d’interprétation féminine. Au sein de la Critique comme des spectateurs, tout le monde est unanime : elle le mériterait, ce prix !



LA TROISIEME NUIT : De et avec Daniel Auteuil…
Pur rester sur la Seconde Guerre Mondiale, nous voici avec un film de et avec Daniel Auteuil qui s’est octroyé le rôle de l’Abbé, Alexandre Glasberg, qui a sauvé lors de LA TROISIEME NUIT et en quelques heures, plus d’une centaine d’enfants juifs, condamnés à la déportation et à une mort quasi certaine. Pour le soutenir, un fonctionnaire zélé mais pas trop, Gilbert Lesage joué par Antoine Reinartz, l’inoubliable désormais Samuel Paty (L’ABANDON). Il ne faut pas oublier à ce casting, la présence de Luana Bajrami et Grégory Gadebis. Le film était présenté dans la sélection officielle, Cannes Première.
HOPE : Les chasses aux extra-terrestres
Nous avions débuté avec un monstre, on finira la journée avec DES monstres. Metteur en scène à l’aise dans tous les genres, le réalisateur Sud-Coréen, Na Hong-jin (l’horreur avec The Strangers, 2016 ; le polar poisseux avec The Chaser, 2008…) n’a pas déçu ses aficionados de ce genre de cinéma. Ne cherchez pas le scénario, il est réduit à sa plus simple expression : un monstre sème la panique à Hope Harbor, un petit village assez paranoïaque au vu de la frontière toute proche avec le voisin communiste de la Corée-du-Nord… Mais la virtuosité du montage, des effets spéciaux, et du suspense, sont incroyables…












