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NICE – La Marche des Animaux revient sur la Promenade des Anglais : une ville qui veut faire du bien-être animal un marqueur politique

Chiens, chats, ânes, lamas et milliers de Niçois attendus face à la Méditerranée. Le 24 mai prochain, Nice accueillera la cinquième édition de la Marche des Animaux au départ du quai Rauba Capeù.

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Derrière ce rendez-vous devenu populaire, la municipalité entend désormais inscrire durablement la cause animale dans l’espace public niçois. Entre événement festif, engagement politique et mutation des mentalités, la Ville veut afficher son ambition : faire de Nice l’une des métropoles françaises les plus engagées pour le bien-être animal.

Le cortège s’élancera une nouvelle fois au pied du célèbre hashtag #ILOVENICE, face à la Baie des Anges. Sur la Promenade des Anglais, les aboiements se mêleront aux applaudissements, les laisses aux poussettes, les militants associatifs aux simples amoureux des animaux. Le dimanche 24 mai à 10 heures, la Ville de Nice organisera la cinquième édition de la Marche des Animaux, un événement désormais solidement installé dans le calendrier local.

Portée depuis son origine par Éric Ciotti et Henry-Jean Servat, cette marche se veut bien davantage qu’une simple déambulation festive. Elle est devenue, en quelques années, la vitrine d’une politique municipale qui entend placer la condition animale au cœur des enjeux urbains contemporains.

L’an dernier, plus de 1 000 participants et près de 1 000 chiens avaient investi la Promenade des Anglais, accompagnés de chats, de chevaux miniatures, de lamas et même d’ânes, dans une ambiance familiale et militante. La municipalité espère dépasser ce record pour cette édition anniversaire.

Une ville qui fait du bien-être animal un sujet politique majeur

Longtemps considérée comme secondaire dans les politiques publiques locales, la question animale est devenue un marqueur assumé de l’action municipale niçoise. Depuis plusieurs années, la Ville multiplie les initiatives : renforcement des campagnes de stérilisation des chats errants, création d’espaces canins, soutien accru aux refuges et associations, sensibilisation dans les écoles ou encore développement d’actions contre les abandons estivaux.

Dans cette stratégie, la Marche des Animaux joue un rôle central. Elle permet à la municipalité d’incarner concrètement cette politique tout en mobilisant les associations locales de protection animale, très actives dans les Alpes-Maritimes. Parmi elles figurent notamment la SPA, plusieurs refuges indépendants azuréens ainsi que des collectifs engagés dans la protection des animaux sauvages et domestiques.

Selon la mairie, l’objectif est clair : “mieux intégrer les animaux dans la ville et adapter l’espace urbain à leurs besoins essentiels”. Une formule qui traduit une évolution profonde des politiques municipales françaises face à une société où les animaux occupent une place croissante dans les foyers.

D’après les chiffres de la Fédération des fabricants d’aliments pour chiens, chats, oiseaux et autres animaux familiers (FACCO), plus d’un foyer français sur deux possède aujourd’hui un animal de compagnie.

Henry-Jean Servat, figure médiatique d’une cause devenue populaire

Impossible d’évoquer cette manifestation sans parler d’Henry-Jean Servat, visage incontournable de la défense animale à Nice. Journaliste, écrivain et chroniqueur médiatique, l’élu a largement contribué à médiatiser cette politique municipale.

Depuis son entrée à la mairie, il multiplie les prises de position sur la maltraitance animale, l’abandon des animaux domestiques ou encore la protection de la biodiversité urbaine. Sous son impulsion, Nice a renforcé plusieurs dispositifs municipaux liés à la cause animale, notamment les campagnes d’adoption et les actions pédagogiques auprès des enfants.

La Marche des Animaux constitue ainsi autant un événement populaire qu’un outil de sensibilisation massive.

Une Promenade des Anglais transformée en tribune citoyenne

Le choix du Promenade des Anglais n’a évidemment rien d’anodin. Lieu emblématique de Nice, la Promenade devient, le temps d’une matinée, une immense scène citoyenne ouverte à toutes les générations.

L’image est forte : animaux et habitants défilant ensemble sur l’un des symboles les plus connus de la Côte d’Azur. Dans une ville marquée par une forte densité urbaine et touristique, l’événement porte aussi une réflexion plus large sur la place du vivant dans l’espace public.

Au-delà du défilé lui-même, les organisateurs promettent cette année encore animations, rencontres associatives, stands de sensibilisation et échanges autour de l’adoption responsable et du respect du bien-être animal.

Le bien-être animal, nouvel enjeu électoral local

Si la manifestation se veut consensuelle, elle s’inscrit aussi dans une tendance politique de fond. Depuis plusieurs années, la cause animale s’est imposée comme un sujet électoral transversal en France.

Interdiction progressive des animaux sauvages dans les cirques itinérants, lutte contre l’abandon, encadrement des élevages, protection de la faune sauvage : les attentes citoyennes sur ces questions explosent.

Dans les collectivités locales, certaines municipalités cherchent désormais à se positionner comme des villes “animal friendly”, intégrant davantage les besoins des animaux dans l’aménagement urbain.

À Nice, cette stratégie s’appuie aussi sur l’image méditerranéenne et touristique de la ville. Une ville plus attentive à la condition animale devient également une ville qui soigne son attractivité et son image.

Une mobilisation dans un contexte de forte hausse des abandons

Cette cinquième édition intervient dans un contexte particulièrement préoccupant pour les associations de protection animale. Chaque été, les refuges français font face à une explosion des abandons.

Selon la SPA, plusieurs dizaines de milliers d’animaux sont abandonnés chaque année en France, notamment durant la période estivale.

Les Alpes-Maritimes n’échappent pas à ce phénomène. Avec l’arrivée massive de touristes et les départs en vacances, les structures d’accueil animales du département sont régulièrement saturées.

La Marche des Animaux vise aussi à rappeler cette réalité parfois occultée derrière le caractère festif de l’événement.

Nice veut installer durablement sa “culture animale”

Au fil des éditions, la manifestation semble avoir trouvé son public. Familles, militants, propriétaires d’animaux mais aussi simples curieux s’y retrouvent dans une ambiance généralement bon enfant.

Mais derrière les images de chiens costumés et de lamas sur la Promenade, la municipalité cherche surtout à imposer un message : celui d’une ville qui considère désormais la protection animale comme une composante de sa politique publique globale.

Dans une société où la relation à l’animal évolue profondément, Nice entend clairement apparaître comme l’une des villes pionnières du sujet sur la Côte d’Azur.

Le 24 mai prochain, derrière les laisses et les pancartes, c’est donc aussi une certaine vision de la ville de demain qui défilera face à la Méditerranée.

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