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79ème FESTIVAL DE CANNES : LE FESTIVAL COMME SI VOUS Y ÉTIEZ…… Mercredi 20 mai

Comme chaque année, nous vous ferons vivre le Festival comme si vous y étiez, en commentant tous les films en Compétition Officielle, mais aussi les événements, les rendez-vous, les rencontres qui sont le lot de chaque Festival de Cannes, 79e du nom.

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Par Pascal Gaymard – Photos Dominique Maurel

Mercredi 20 Mai 2026 : Andy Garcia magique !

Cette 79e édition est celle de tus les défis, de toutes les émotions, et de tous les voyages. Ce mercredi a confirmé cette tendance avec des films éclectiques, venus des quatre coins du monde. Les univers sont radicalement différents,

DIAMOND : Andy Garcia en détective à l’ancienne

Bonjour le mythe à la Bogart, Copland et les autres. Andy Garcia avec son Joe Diamond, en costume bleu marine croisé, sa pochette, sa cravate et cette prestance qui en impose aux flics pourris, aux voyous comme aux avocats ou chefs d’entreprise véreux, est tout simplement un bonheur. Il a gardé quelque chose du PARRAIN III qui avait valu en 1991 un OSCAR du meilleur second rôle et le titre de star masculine de l’année. Il n’a rien perdu de son charisme et son film est un modèle de thriller. Il s’est entouré de comédiens remarquables tels que Vicky Krieps, impeccable en veuve pas trop éplorée, Brendan Fraser en flic bedonnant et pourri sur les bords, Rosemarie DeWitt en femme abandonnée, Bill Murray en barman/avocat/protecteur du héros, Dustin Hoffman en médecin légiste pas très orthodoxe, Demian Bichir en jardinier amoureux des animaux exotiques, Danny Huston en avocat véreux… Avec un scénario au cordeau, DIAMOND est un ravissement qui nous propulse à l’âge d’or du cinéma américain des années 50. Mais le film est présenté, Hors Compétition…

ELEPHANTS IN THE FOG : Le Népal au coeur

Avec ELEPHANTS IN THE FOG, nous voilà au Népal avec le réalisateur Abinash Bikram Shah dans un petit village forestier, Thori, et dans la ville frontalière très peuplée de Birgunj. Rien que pour le casting, il a fallu 3 ans… car tous les comédiens devaient être issus des différentes communautés décrites dans LES ELEPHANTS DANS LA BRUME. Le résultat est à voir et à apprécier au juste niveau du travail entrepris. Le Festival de Cannes favorise l’émergence de système de financements du cinéma là où rien n’existait auparavant. Un rôle tout aussi social que culturel…

LE TRIANGLE D’OR : Voyage au Moyen Orient à Paris

En plein cœur de Paris, il y a des mondes inconnus, insoupçonnés, inaccessibles. Derrière les hauts de cette villa isolée, une jeune femme, Souria, est prisonnière volontaire de son prince saoudien qui vient la voir quand il n’est pas avec sa femme légitime. Il a besoin d’une aide à tout faire pour lui tenir compagnie, faire le ménage, préparer à manger… La révélation de DIAMANT BRUT en 2024, Malou Khebizi s’y colle, elle qui attend son affection dans l’Armée et qui a besoin de fric. Hélène Rousselet-Ruiz signe son premier long métrage qui a trouvé sa place à Cannes en Séance Spéciale. On découvre un monde parallèle avec ses codes, ses arrangements, ses habitudes…

NOTRE SALUT : Le Régime de Vichy à l’ordinaire

Entre MOULIN et LA BATAILLE DE GAULLE, le film d’Emmanuel Marre sur le quotidien d’un petit fonctionnaire joué par Swan Arlaud, l’un des leaders de la pétition anti-Bolloré et Canal+, sous le régime de Vichy, fait un peu terne. Mais NOTRE SALUT a immédiatement trouvé ses partisans, les mêmes qui ont sifflé durant tout le Festival le logo de Canal+… Trop long, trop terne, trop pâle, le film ne vaut que pour un numéro de danse chez le préfet où la femme du fonctionnaire campée par Sandrine Blancke se lâche entraînant tous, à sa danse si amusante. C’est le seul moment onirique dans ce film d’un ennui mortel…

MARIAGE AU GOUT D’ORANGE : Déjà vu et manque d’audace…

Film choral comme Christophe Honoré les aime, ce mariage de 1978 se transforme en grande scène de retrouvailles familiales, d’ajustement de comptes et de mélancolie intime. Une œuvre très personnelle, mais inégale par endroits, qui souffre de la comparaison avec MARAIGES ! avec Jean Dujardin et Mathilde Seigner. Christophe Honoré opte pour une unité de temps et de lieu –l’église, le banquet, les alentours– avec quelques flashbacks qui dévoilent le destin tragique ou désenchanté de certains personnages (le sort de Claudie, la fin prématurée de Jacques…). Ce dispositif donne au film la forme d’un grand banquet en temps quasi réel, où l’on regarde vivre et se fissurer la famille Puig, entre souvenirs joyeux, rancœurs anciennes et traumatismes latents. La tonalité oscille entre la comédie de mœurs (les tantes bavardes, le tonton poivrot, les cousins qui déconnent, les codes très 70’s du mariage populaire) et une mélancolie diffuse liée à la conscience du temps qui passe, de la mort de Claude François, de l’arrivée des années 1980, de la fin d’un monde. Ce film peut paraître « beaucoup de bruit pour rien » tant le récit se refuse à une progression dramatique classique. C’est le film typique pour « Cannes Première » s’il faut donner une utilité à cette énième sélection officielle.

THE MAN I LOVE : Un prix pour Rami Malek ?

L’homosexualité tant féminine ou masculine a été l’un des thèmes récurrents de ce Festival de Cannes. THE MAN I LOVE d’Ira Sachs retrace les derniers jours d’un séduisant artiste, campé par Rami Malek, à la manière d’un PHILADELPHIA ou QUE LE SPECTACLE COMMENCE voire JUSTE LA FIN DU MONDE… Nous sommes à New York de la fin des années 1980, au sein de la communauté artistique gay ravagée par l’épidémie de VIH/sida. Jimmy George, acteur et performeur iconique, revient d’une longue hospitalisation, conscient que la maladie l’emmènera bientôt, mais décidé à aimer, désirer et créer une dernière fois. Sur le plan formel, THE MAN I LOVE est sans doute l’un des films les plus aboutis d’Ira Sachs. Il conçoit son film comme une « fantaisie musicale sur une ville en détresse » : une chronique crépusculaire qui déborde paradoxalement de vie, de sexe, de désir, de musique et de danse. Du bel ouvrage avec Rami Malek, qui chante, danse, joue, déclame, s’effondre et se relève… ce qui pourrait lui valoir un prix…

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