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SAINT-JEAN-CAP-FERRAT – Une villa de luxe liée à des députés ukrainiens pro-russes devant la justice

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À Saint-Jean-Cap-Ferrat, l’une des communes les plus prisées de la Côte d’Azur, une somptueuse villa estimée à près de 40 millions d’euros se retrouve aujourd’hui au centre d’une affaire judiciaire aux multiples ramifications. Cette propriété, située sur le prestigieux boulevard Charles-de-Gaulle, appartient à deux députés ukrainiens en exil, dont Serhiy Lyovochkine, ancien haut responsable de l’administration présidentielle sous Viktor Ianoukovitch et figure d’un courant politique pro-russe.

Des accusations graves et multiples

Le dossier examiné ce lundi 23 mars 2026 devant le tribunal correctionnel de Nice repose sur une série d’infractions présumées : mise en danger de la vie d’autrui, détention illégale d’explosifs, travaux sans permis de construire, abattage d’arbres non autorisé… Les faits concernent des travaux réalisés entre 2014 et 2016, sans autorisation préalable, dans ce site pourtant classé.

Une piscine creusée… à l’explosif

Au cœur de l’affaire : l’agrandissement d’une piscine intérieure, située en sous-sol, qui aurait été effectué à l’aide d’explosifs de type Nonex. Selon les éléments du dossier, des bâtons explosifs auraient été utilisés pour creuser la structure, certains auraient ensuite été stockés à proximité de la villa, sans mesures de sécurité adéquates. Ces pratiques soulèvent des inquiétudes majeures en matière de sécurité, notamment pour les travailleurs présents sur le chantier à l’époque.

Un signalement ignoré pendant plusieurs années

L’affaire remonte à un signalement effectué en 2019 par un ancien employé de la propriété. Ce dernier affirme avoir alerté la mairie, la préfecture et les services de l’urbanisme. Selon ses déclarations, aucun permis de construire n’avait été délivré pour ces travaux. Les autorités n’auraient réellement commencé à intervenir qu’à partir de 2021, avec la visite du maire, puis, en 2023, une perquisition de la gendarmerie. Celle-ci aurait permis de retrouver des explosifs encore présents sur le site.

Un procès pour établir les responsabilités

Ce lundi, c’est le gérant de la société propriétaire de la villa qui comparaît devant la justice. Face à lui, d’anciens employés, constitués parties civiles, dénonçent les risques encourus, la défense, elle, plaide la relaxe, estimant que le prévenu n’était pas décisionnaire des travaux. L’audience devra déterminer celui qui a ordonné les travaux, dans quelles conditions ils ont été réalisés, et à qui incombe la responsabilité pénale.

Un dossier à la croisée de plusieurs enjeux

Au-delà du fait divers, cette affaire illustre plusieurs problématiques sensibles telles que le respect des règles d’urbanisme dans des zones protégées, les risques liés à l’usage illégal d’explosifs ou la présence de fortunes étrangères sur la Côte d’Azur, parfois liées à des contextes géopolitiques complexes

Une décision attendue

Le jugement, qui pourrait intervenir dans les prochaines semaines, est particulièrement attendu, tant pour ses implications locales que pour sa portée symbolique. Il pourrait rappeler avec force que, même dans les lieux les plus prestigieux de la Riviera, le droit de l’urbanisme et la sécurité publique restent incontournables.

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