Du côté RN, tout sera décidé prochainement par la justice : interdira-t-elle à Marine Le Pen de se présenter ? Si oui, ce sera Jordan Bardella qui sera le champion du RN. De ce côté de la droite populaire, tout est clair. Il n’en est pas de même avec les LR…
David Lisnard, candidat en 2027
Bruno Retailleau a officialisé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027 dans un moment où Les Républicains sont apparus renforcés localement, mais profondément travaillés par des fractures stratégiques, dont la rupture de David Lisnard, président de l’Association des Maires de France, est l’un des symptômes les plus spectaculaires. Cette concomitance éclaire une droite en recomposition, tiraillée entre logique d’appareil, quête d’incarnation et tentation de recomposer le paysage au-delà du cadre LR. Est-ce que le maire de Cannes y pensait depuis un moment ? Cela est un secret de polichinelle… Pour lui, le refus d’inscrire clairement une grande primaire ouverte à toute la droite signe l’incapacité de LR à se remettre en question et à rassembler au‑delà de ses frontières partisanes. Mais encore fallait-il passer à l’acte. Il sera donc le candidat Nouvelle Energie aux présidentielles et même si Bruno Retailleau qui s’est entretenu avec lui pense qu’ils se retrouveront prochainement, cela fait déjà un candidat sûr de plus à droite… avec Bruno Retailleau. Car ne nous y trompons pas, ces deux-là n’envisagent aucunement de se présenter à une primaire avec le Centre macronien. Edouard Philippe d’Horizons, le gestionnaire du covid, de l’arrêt de Fessenheim, et d’autres « réjouissances » bien loin des LR, n’est pas le bon candidat pour les LR et leurs militants. Quant à Gabriel Attal, il estime que les LR sont trop à droite (sic)…
La candidature Retailleau : l’instant et la méthode
Mais Bruno Retailleau, président des LR, entend bien consulter les militants avec une question à trois réponses possibles : une primaire ouverte avec le centre et la droite, une primaire fermée à droite, ou une investiture directe du président comme candidat. La réponse espérée est bien sûr la 3ème voie… entre le RN et le Centre… Il avait annoncé en février 2026 qu’il serait candidat à l’élection présidentielle de 2027, via une allocution solennelle suivie d’une séquence médiatique très balisée (réseaux sociaux, 20h de TF1, presse écrite). Le suspense portait moins sur le « si » que sur le « quand », la décision étant, selon ses proches, mûrie de longue date et articulée à la séquence post‑municipales. Dans son discours, le sénateur de Vendée s’était posé en président de « l’ordre, de la justice et de la fierté française », insistant sur un projet axé sur l’autorité, la prospérité et le patriotisme. Il a pris soin de présenter sa démarche comme un « sens du devoir » plus que comme une quête de pouvoir, cherchant à rassurer un électorat de droite déboussolé par les recompositions successives depuis 2017.
Henri Leroy rejoint l’UDR d’Éric Ciotti
La candidature Retailleau intervient après des municipales 2026 qui ont conforté LR comme grande force d’implantation locale, notamment dans les villes moyennes. Le parti revendique la direction d’une majorité de communes de plus de 9 000 habitants, se présentant comme « première force politique locale », tout en restant en difficulté dans les métropoles comme Paris et Marseille. Ce contraste entre puissance territoriale et fragilité nationale nourrit la stratégie de Retailleau : capitaliser sur l’ancrage des élus, tout en construisant un récit national de rupture avec le macronisme et de différenciation vis‑à‑vis du RN. Mais cette ligne se heurte à des divergences internes sur la manière de désigner le candidat et sur le degré d’ouverture aux autres droites. Une tribune signée par 90 hommes politiques de droite appelle à une primaire ouverte dont Gérard Larcher, Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez…
Dans la foulée, le sénateur LR de Mandelieu-la-Napoule, Henri Leroy, a décidé de claquer la porte des LR pour rejoindre le parti UDR d’Éric Ciotti. Il a été vu à de nombreuses investitures ou meetings des candidats UDR-RN. Ne cachant jamais ses opinions bien à droite, il a déclaré : « Ça y est ! J’ai franchi le cap ! J’ai rejoint l’UDR et un ami de 32 ans, Eric Ciotti ». Il reproche aux LR d’avoir pactisé avec les macronistes. « Les Français veulent l’Union de s Droites… Je veux que la France reste la France pour mes enfants et mes petits enfants alors que l’autorité s’effrite ». Et les sénatoriales ? « Si Eric Ciotti a besoin de moi, et si ma santé me le permet, je suis un militaire, je ne raccroche pas quand mon pays est en danger. Je veux essayer de me battre pour peser ». Le message est clair et il fera plaisir au patron de l’UDR puisqu’il lui donne raison…
Pascal Gaymard













