Accueil À la Une POLITIQUE : Les enseignements du 2ème tour des Législatives…

POLITIQUE : Les enseignements du 2ème tour des Législatives…

Au lendemain d’une élection législative que l’on peut qualifier d’historique, quels sont les enseignements à tirer de ce scrutin décidé par le chef de l’Etat ?

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Il est vrai que les sondages se sont parfaitement trompés suite aux 225 désistements de candidats « pour faire barrage au RN ».

Le barrage du « Front républicain » fonctionne encore…

Le premier constat : le barrage du « Front républicain » au RN et à ses alliés LR fonctionne encore… Le plus significatif étant Raphaël Arnault, un fichier S, responsable de la Jeune Garde dont 8 de ses membres ont été mis en examen suite au passage à tabac d’un jeune adolescent juif de 15 ans… L’antisémitisme affiché et revendiqué par ce candidat ne l’a pas empêché de battre une députée RN sortante, Catherine Jaouen, avec 54,98% des voix dans la 1ère circonscription du Vaucluse… Autre cas symbolique, Marie-Caroline Le Pen, une sœur de Marine, a été battue dans la 4ème circonscription de la Sarthe par un écart minime de 225 voix soit à 50,23% pour la candidate LFI, Elise Leboucher, suite au désistement de la candidate de la Majorité présidentielle, Sylvie Casenave-Péré… Sans ces désistements, le RN et ses alliés LR pouvaient tabler sur plus de 300 députés… Ils n’en comptent au final que 143…

La participation importante, voire historique…

Le deuxième constat : la participation qui a même progressé d’un tour à l’autre passant de 65,8% le 30 juin à 66,7% le 7 juillet. Les Français se sont massivement mobilisés pour cette élection suite à la dissolution prononcée par Emmanuel Macron le dimanche 9 juin, « pour clarifier la situation ». Au final, rien n’a été clarifié et tout a été complexifié ce qui semble avoir été voulu par le président de la République. Avec aucune majorité ni relative et encore moins absolue, les calculs de boutiquier vont pouvoir commencer pour connaître qui rejoindra une coalition du centre voulue par l’Elysée. Mais, à ce jour, LFI estime avoir avec le Nouveau Front Populaire (NPF) avoir remporté l’élection législative et exige que ce soit l’un de ses représentants qui devienne 1er ministre et soit nommé par Emanuel Macron. Et le « meilleur d’entre eux » est tout naturellement… Jean-Luc Mélenchon.

Le sursaut de la gauche avec le NFP…

Le troisième constat : le résultat a vu un sursaut de la gauche qui avec 182 élus a profité à fond des retraits de candidats de tout bord a pu faire entrer au Palais Bourbon, les pires antisémites de ses rangs qui étrangement, bénéficient d’une indulgence voire d’une complaisance de la part des médias dès lors qu’ils sont d’extrême gauche… Nous avons évoqué Raphaël Arnault mais aussi tous ces élus LFI qui n’arrivent pas à qualifier de « terroriste » le HAMAS préférant parler de « forces de résistance » et de légitimer le pogrom du 7 octobre 2023 où plus de 1200 Israéliens ont trouvé la mort dans des conditions atroces avec des viols inimaginables et des actes d’une barbarie inouïe… Cela ne traumatise guère les Mathilde Panot, Danièle Obono, Manuel Bompard, ou encore Sandrine Rousseau…

Personne n’a gagné…

Le quatrième constat : personne n’a gagné car en terme d’élus, trois blocs se distinguent : le premier le NFP avec 182 sièges dont 75 pour LFI, 65 pour le PS, 33 Ecolos et 9 Communistes ; le 2ème, celui de la Majorité présidentielle avec 158 représentants dont 99 Renaissance, 33 MoDem et 26 Horizons ; et enfin, le RN et ses alliés LR avec 143 élus dont 126 pour le RN et 17 pour LR Union des Droites. Au final, le 1er parti est donc le RN qui a fait le plus grand nombre de voix sans être récompensé en termes de députés suite aux désistements. Ce qui fait dire à Marine Le Pen et à Jordan Bardella que « l’on nous a volé notre victoire du 1er tour »… Cette situation n’empêche pas LFI d’avancer que puisqu’ils ont gagné, « le premier ministre doit être issu de nos rangs ». Et de pousser Jean-Luc Mélenchon avec un groupe de seulement 75 élus sur les 577 que compte l’Assemblée Nationale. Un véritable déni de démocratie.

Les Français n’ont pas fait confiance au RN…

Le cinquième constat : les Français ne font pas confiance au RN pour diriger le pays et lutter contre l’insécurité et l’immigration galopante alors même que ce sont leurs plus grandes priorités avec le pouvoir d’achat. Il faudra attendre les prochaines échéances pour savoir si cette tendance se confirme ou pas car en termes de progression du nombre de députés, c’est bien le RN qui réalise le meilleur score (89 élus en 2022) avec près de 40% d’augmentation… Mais les Français estiment donc que le NFP anti-police et pro-immigration ou la Majorité présidentielle qui n’a rien fait en 7 ans peuvent mieux régler ces problèmes… L’avenir nous le dira…

Les LR « historiques » très courtisés…

Le sixième constat : le groupe LR « historique » comptera avec les divers droite, 68 élus et sera particulièrement courtisé par leurs homologues de la Majorité présidentielle… A priori, aucun accord n’est en vu mais en politique… D’autant que beaucoup de leurs élus doivent leur élection au « Front républicain » et au désistement de candidats tant du NFP que de la Majorité présidentielle… Le président du groupe, a priori, Laurent Wauquiez, ne veut pas ces compromissions avec les uns ou les autres… L’avenir, là encore, nous le dira…

Aucune majorité possible…

Le septième et dernier constat : au vu des résultats, une majorité absolue est introuvable. Si l’on ajoute tous les députés de la Majorité présidentielle (158), tous ceux du PS (65), la moitié des Écolos (18), tous les Communistes (9), les divers gauche (11), les divers centre (5), nous arrivons qu’à 264 représentants soit une majorité relative (240). Il faut s’attendre à une multiplication de 49.3 et des motions de censure à tire larigot… Les gouvernements et les premiers risquent de succéder et de nous faire revenir à la IVème République avec une chambre ingouvernable. Il ne faudra pas s’attendre à de grandes réformes avec une année d’immobilisme voire d’affrontements qui pourraient aussi se décliner dans la rue. Le soir du second tour des législatives, un CRS à Nantes a été grièvement brûlé au second degré par le jet d’un cocktail molotov. Des émeutes se sont produites à Paris, Lyon, Rennes, Bordeaux et Marseille…

Pascal Gaymard

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