Le Festival comme si vous y étiez… Mardi 17 Mai : L’ouverture

Par Pascal Gaymard et Marie Bourdel. Photos : Dominique Maurel.

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Décidemment, après une édition 2021 post-covid qui avait vu les conditions d’exercice des journalistes considérablement détériorées suite à l’obligation, en plus du badge, d’avoir un billet à toutes les séances, suite à la fin des casiers de presse pour de prétendus prétextes « environnementaux », et enfin, suite à la fin des ordinateurs mis à disposition en salle de presse, le Festival a perdu de sa magie, de sa joie, de son insouciance. Pour corser l’affaire, une panne du serveur des places aux handicapés, nombre de professionnels, incapables de réserver leurs billets et donc empêcher d’assister aux projections dans les premiers jours du Festival…

Mais cessons-là les reproches et penchons-nous sur le retour de Cannes « aux bonnes dates » à savoir le mois de Mai. La maîtresse de cérémonie, Virginie Efira, a fait preuve d’une sobriété et d’un professionnalisme qui n’a jamais été pris en défaut. Le comédien, Forest Whitaker, qui a reçu une Palme d’Or d’Honneur, succédant ainsi à Jodie Foster, a lui aussi été exemplaire de pudeur, le président Vincent Lindon a lu un texte qu’il avait écrit avec toute l’émotion qu’on lui connaît… Alors où la cérémonie a-t-elle dérapée ? Lorsque sur l’écran du Palais des Festivals est apparu, le président ukrainien, Zelinski, pour un message bien déplacé sur Le Dictateur de Chaplin, comparant ce qui arrive à son pays à ce qui s’est passé lors de 2ème guerre mondiale. La salle s’est levée comme un seul homme pour l’applaudir oubliant au passage que les miliciens d’Azof qui ont défendu le site de Marioupol arboraient fièrement la croix gammée sur le haut de leurs bras gauche… Seul Ladj Li est resté sagement assis dans son fauteuil, refusant de se prêter à cette mascarade. En 75 ans, combien de guerres se sont-elles déroulées dans le monde ? Et combien de présidents ont-ils pu s’exprimer en direct du plus grand Festival de cinéma du monde ? Aucun !

Après cette fausse note, il restait à voir le film d’ouverture, COUPEZ !, de Michel Hazanavicius avec Bérénice Bejo et Romain Duris, sur le tournage d’un film de zombies où de « vrais » morts-vivants s’invitent… Soit l’on prend le film pour ce qu’il est, une caricature moqueuse de ce genre de films comme l’était Sacré Graal des Monty Python sur l’idéal chevaleresque de la quête du Graal et l’on peut rire et prendre du plaisir à voir un tel film, soit on respecte trop le genre et l’on peut trouver le film répétitif, outrageant, ridicule. L’explication des dessous des cartes de la fin du film peut faire pencher la balance sur la première proposition et trouver finalement, COUPEZ !, attrayant… à défaut d’être fascinant comme l’étaient les films de George Romero, La Nuit des Morts Vivants ou Zombie…

Enfin, pour ceux qui seraient arrivés un peu plus tôt dans la journée, Cannes Classics proposait la reprise du chef d’œuvre de Jean Eustache, LA MAMAN ET LA PUTAIN, l’occasion de revoir, Jean-Pierre Léaud, Françoise Lebrun et Bernadette Lafont. Au final, 3h40 de bonheurs…

Retrouvez les photos de Dominique Maurel sur son site.

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