Le CETA, le Petit Nicolas et Manu la Science…

A l’heure où les Députés, à n’en pas douter, sont en train de voter le CETA soit un accord commercial avec le Canada et l’Europe, la France comme ses voisins vont accepter de s’asseoir sur leurs réglementations respectives pour laisser place à un libre échange qui va empoisonner nos assiettes. Car un accord international s’impose sut toute autre réglementation. Le plus drôle dans cette affaire, c’est Nicolas Hulot. Lorsqu’il est arrivé au gouvernement d’Emmanuel Macron au lendemain de la Présidentielle, il était la caution environnementale d’un candidat devenu président qui ne faisait guère cas en la matière. Avec ce poids, Nicolas Hulot aurait pu peser sur le CETA qui était en cours de signature (pas de ratification) pour imposer dans le texte, en préambule, le principe de précaution. Cela aurait garanti l’Europe contre toute sorte de produits interdits sur nos sols comme les farines animales responsables de la vache folle, des nouveaux OGM aux effets catastrophiques, aux perturbateurs endocriniens et autres substances cancérigènes, mutagènes ou reprotoxiques, que les Canadiens utilisent tout comme les Brésiliens avec qui l’Europe a signé un autre traité, le Mercosur… Demain cela signifie que tous ces produits empoisonnés pourront légalement être exportés vers l’Europe avec à n’en pas douter, ceux des Américains même si le TAFTA n’a pas été ratifié. Ils s’en moquent puisqu’ils feront passer leurs exportations par le Canada…  Encore une fois, l’Europe prouve qu’elle ne sert à rien et qu’Emmanuel Macron n’est que le complice des lobbies, de BASF, de Bayer-Monsanto, Syngenta et autre Dow Chemical… Comment ces entreprises pourraient vendre leurs produits si dans le même temps, cette utilisation interdirait à ces pays (Canada, Etats-Unis, Brésil…) d’exporter vers le marché européen… ? Le principe de précaution ne sert plus à rien et le réveil tardif de la conscience d’un Nicolas Hulot ressemble fort à une tentative d’être en première ligne… pour 2022… Quand il était au pouvoir, il fallait parler, mettre en garde, dénoncer… Cela s’appelle le courage politique et pour cela, les médias tant décriés, lui auraient servi de caisse de résonnance. Le train est passé, l’Europe a abdiqué et demain nous compterons les dégâts qui pourraient se compter en milliers de morts… Merci le CETA, Mercosur, TAFTA… Le libre-échange était source de tous les bonheurs, aujourd’hui, il est surtout synonyme d’empoisonnement généralisé…

Raymond Aquila