Mitterrand/Macron : Même mots, même monde…

Qu’il est loin le temps de la Présidentielle et d’un jeune candidat moquant l’ancien monde et annonçant l’avènement d’un Nouveau monde. Depuis les affaires Benalla et maintenant De Rugy, c’est bien de l’Ancien Régime dont il s’agit. François de Rugy recevait en grande pompe, payer ses cotisations sur ses fonds de député en appliquant de plus une réduction d’impôts. Au-delà des faits, c’est toute une culture du pouvoir propre à l’Ancien Régime qui est dénoncé. Et force est de constater qu’entre les mots de François Mitterrand suite au décès de François Beregovoy, parlant « des chiens des médias » et l’actuel président, Emmanuel Macron, évoquant à propos de la démission de François de Rugy, de « la République de délation » alors que le ministre se dit victime « d’un lynchage médiatique », lui qui n’avait pas de mots assez forts pour exiger la transparence et de nouvelles pratiques plus justes… Pour Mitterrand comme pour Macron, les responsables sont connus, la presse et notamment dans le cas d’espèce de Médiapart. Certaines radios ont pris à parti Edwy Plenel, le patron de Médiapart, parlant de pratiques indignes de « feuilletonnage » de l’affaire. Plenel s’en défend et évoque des informations arrivées à Médiapart. au fur et à mesure des dénégations du ministre qui avait licencié sa directrice de cabinet en 5mn… Face à de telles pratiques, certaines langues se sont déliées. Médiapart. ne fait en l’occurrence que son travail d’investigation comme il l’avait fait auparavant avec l’affaire Cahuzac, il est vrai bien plus importante et grave. A chaque fois que le pouvoir politique attaque les médias, la démocratie s’en trouve affaiblie. La défiance de l’opinion publique envers les journalistes n’est pas à rechercher ailleurs. Macron le sait bien et profite de la situation pour faire passer une loi scélérate restreignant la liberté de la presse. Museler les médias, c’est le rêve de tout pouvoir autocratique. Vous avez dit « Nouveau monde » ?

Raymond Aquila