HUMEUR : L’honneur perdu de Benjamin Griveaux…

La politique n’est pas le monde des Bisounours et ceux qui n’ont pas l’étoffe, n’ont qu’à s’abstenir. Il est vrai qu’à l’époque des réseaux sociaux, il faut être exemplaire sous peine d’être pris dans la tourmente. En se faisant le chantre de la famille, Benjamin Griveaux n’a pas compris que les mots avaient un sens et qu’il se devait, s’il se posait en donneur de leçon, de ne pas se faire rattraper par la patrouille. Pour autant, peut-on se réjouir de voir des vidéos privées même à caractère pornographique être diffusées au grand public ? Cela s’apparente aux méthodes de la triste inquisition d’un autre temps, d’une autre époque, d’une autre histoire… La justice passera et « l’artiste » russe qui a dévoilé ces vidéos, condamné (NDLR : il risque jusqu’à 2 ans de prison).

Pour autant, pourquoi Benjamin Griveaux, lui si arrogant par le passé, a-t-il jugé bon d’arrêter sa campagne ? Quand on est dans la tourmente, on tient la barre, on va jusqu’au bout, on assume. En démissionnant, il donne raison à celui qui a divulgué ces vidéos. Pire, il crée une jurisprudence, une porte ouverte à tous les succès, une raison supplémentaire à certains « justiciers » de pacotille de faire les poubelles de chacun. Personne n’est irréprochable, mais il y a des limites qu’en France nous n’avions jamais dépassées, parler de la vie privée et intime.

Benjamin Griveaux peut avoir fait ce qu’il a fait, personne ne peut le condamner. De quel droit ? Le droit divin ? Quelle prétention ! Le droit moral ? La France est sous le régime du droit positif, pas moral ! Le droit à l’information ? Personne ne sort grandi de ces pseudos révélations. Alors, si Benjamin Griveaux a perdu son honneur, ce n’est pas en s’exhibant sur des vidéos idiotes, mais parce qu’il n’est pas passé au-delà des faits, qu’il n’a pas dit « merde » à ce pseudo artiste, qu’il n’a pas continué envers et contre tous sa campagne. Cela dénote un tempérament faible, une volonté défaillante, une absence de charisme et donc un manque de responsabilité. Dès lors quel crédit peut-il encore avoir ? Dans une tourmente bien plus forte, François Fillon n’avait pas failli, lui…

Raymond Aquila