Après moult discussions entre Sattonnet et Scalzo en vue d’une future fusion, rien n’a abouti et ils seront à nouveau tous les quatre pour déterminer qui sera maire de Vence au soir du dimanche 22 mars.
Convaincre les 46% d’abstentionnistes
L’abstention s’établit à 45% et tous les candidats seront tous à la pêche aux voix de ceux qui n’ont pas daigné accomplir leur devoir civique. Avec 131 voix d’avance, le maire-sortant, Régis Lebigre, arrive en tête avec 30,35% et 2372 voix. Il devance la conseillère départementale, Anne Sattonnet qui réalise 28,80% soit 2251 voix, le tandem Patrick Scalzo/Patrice Miran, 23,17 soit 1811 voix, et le candidat Communiste, Jean-Louis Fiori, 11,13% soit 870 voix. Quels sont les enseignements de ce 1er tour de scrutin ? Tout d’abord, que le bilan du maire-sortant apparaît comme positif puisqu’il est en tête alors que l’opposition est redoutable comme toujours à Vence. La gauche, elle, apparaît à la dérive et incapable de peser bien lourd dans le second tour. Reste les trois candidats de droite qui vont se disputer le fauteuil de maire.
Régis Lebigre, le favori
Du côté du maire-sortant, un référent a été désigné dans tous les quartiers pour mobiliser le plus largement possible. Chaque candidat, Régis Lebigre, Anne Sattonnet, et Patrick Scalzo savent bien que chaque voix comptera. Le maire-sortant affirme haut et fort qu’il n’est candidat qu’à la mairie de Vence « contrairement à d’autres candidats, ni aux sénatoriales, ni aux législatives » affirme-t-il. Son équipe a été beaucoup renouvelée et compte comme plus âgé, le critique de cinéma bien connu, Marc Chaix, au plus jeune, le champion d’arts martiaux, Julien Galgani, 22 ans. Régis Lebigre s’appuie sur son bilan avec comme points essentiels, l’aménagement urbain, la maîtrise des projets immobiliers sensibles comme le quartier Chagall, ou encore les équipements sportifs et éducatifs, à l’image de la piscine municipale présentée comme un investissement de sécurité et d’apprentissage pour les jeunes Vençois. Sa campagne met aussi en avant une vision de continuité maîtrisée, avec l’idée d’« avenir en confiance » : poursuivre les projets engagés, tout en protégeant l’identité de Vence et en fédérant les bonnes volontés au-delà des clivages partisans. En 2020, il avait déjà remporté les élections avec 42% des suffrages au second tour. Il espère bien rééditer car il le mériterait.
Sattonnet et Scalzo, les challengers
La liste conduite par Anne Sattonnet, arrivée tout près du maire sortant avec près de 29% des voix, incarne un discours de renouvellement, de modernisation de la gestion municipale et de meilleure articulation avec les politiques départementales et régionales. Elle séduit un électorat en quête d’une autre manière de gouverner la ville, sans rupture brutale mais avec davantage de changement dans les pratiques. Patrick Scalzo et sa liste « Objectif Vence » s’appuient sur un socle électoral solide, supérieur à 23%, qui en fait un pivot potentiel du second tour, notamment auprès des électeurs modérés. Son positionnement au centre lui permet de porter un discours de gestion équilibrée des finances locales, de dialogue avec tous les acteurs et de refus des tensions politiques stériles. Avec « Vence en commun », Jean‑Louis Fiori offre une option clairement marquée à gauche, centrée sur la justice sociale, le soutien aux services publics locaux, la participation citoyenne et la transition écologique. Enfin, la liste de Catherine Yot, bien que plus modeste en voix, représente une sensibilité de droite indépendante, attentive aux enjeux d’urbanisme, de patrimoine et d’identité de la ville. Sa présence rappelle que le débat sur la manière de construire et de densifier Vence traverse l’ensemble du camp de droite et du centre.
Un second tour décisif pour l’avenir de Vence
Ce second tour se jouera d’abord sur la capacité de chaque candidat à élargir son socle et à mobiliser les abstentionnistes, alors que l’abstention a atteint plus de 45% au premier tour. Dans ce contexte, l’expérience de Régis Lebigre, sa maîtrise des dossiers et la continuité qu’il propose constituent un avantage réel, à condition de convaincre que cette continuité s’accompagnera d’écoute, de transparence et de réponses concrètes aux préoccupations du quotidien. Face à lui, les listes concurrentes affichent leurs différences avec des sensibilités plus droitières pour Anne Sattonnet proche de Nouvelle Energie, le courant de David Lisnard, et plus centristes avec Patrick Scalzo. Quant au projet plus à gauche portée par Vence en commun, il sera un opposant attentif dans le prochain conseil municipal. Aux Vençois, désormais, de trancher entre ces visions, en gardant à l’esprit que la liste arrivée en tête bénéficiera d’une prime majoritaire déterminante pour la stabilité de la future équipe municipale, stabilité dont Vence aura bien besoin pour les 7 ans à venir…
Pascal Gaymard













