Didier Roustan : « L’autorité naturelle d’Hugo Lloris »

Le charismatique « président » de l’Equipe du Soir, l’émission diffusée chaque soir sur la chaine sportive, a accepté de répondre à nos questions.

Le Petit Niçois : Avec le temps qui passe, abordez-vous une Coupe du monde de football avec autant d’enthousiasme?

Didier Roustan : Non, je suis nostalgique des Coupe du monde où il n’y avait que seize équipes au départ. C’était alors vraiment le niveau de l’épreuve qui importait. Aujourd’hui même si des continents ont émergé, je continuerai à organiser la compétition avec seulement seize équipes : 6 européennes, 3 africaines, 3 Sud-américaines, 1 Asie-Océanie, 1 Amérique, le pays organisateur et le tenant du titre. Mais, le football est devenu une marchandise, un grand cirque. Pour moi, le premier tour, c’est juste du business avec seulement 3, 4 matchs intéressants à regarder. Si je n’étais pas journaliste, je regarderai seulement quelques matchs du premier tour pour conserver de la frâicheur, de l’envie, pour les matchs à élimination directe.

LPN : Mais le niveau s’est resserré au fil des éditions ?

DR : Oui, c’est vrai que les dites petites équipes ont progressé mais le problème de ces matchs du premier tour, c’est que les grosses équipes jouent avec le frein à main. Elles ne prennent aucun risque et sont juste-là pour assurer leur qualification. Ce n’est pas dans l’esprit du foot. Pour moi, pendant la Coupe du Monde, on passe 1 mois à se faire chier avec 75% des matchs.

LPN : Vous préférez suivre la Ligue des Champions ?

DR : La C1, c’est le top au niveau de la qualité des matchs avec les meilleurs joueurs. Mais là encore, ce sont un peu toujours les mêmes équipes qui dominent. Et de surcroît, elles sont souvent avantagées au regard de leur puissance. Le football est vraiment devenu un gros buisness.

Le Petit Niçois : Etes-vous confiant pour l’équipe de France ?

Didier Roustan : Selon moi, la France a le potentiel pour aller moins. Elle se situe dans un petit peloton derrière les trois grosses formations que sont le Brésil (à voir quand même comment Neymar se remettra de sa blessure), l’Allemagne et l’Espagne. Pour les Bleus, comme pour de nombreuses équipes, cela va se jouer sur des détails. Il faut avoir de la chance pour aller au bout de cette compétition. Regardez en 1998, la France aurait pu être éliminée à plusieurs reprises, que ce soit contre le Paraguay, l’Italie. Aujourd’hui, il est d’ailleurs dommage aujourd’hui que l’on analyse le football seulement avec le prisme du résultat.

Le Petit Niçois : L’attente est-elle trop forte autour de l’international français Kilian M’Bappé ?

DR : C’est vrai qu’il y a une attente terrible autour de ce gamin. C’est lié à mon avis à son jeune âge. Avoir déjà ce niveau à l’âge de 19 ans, c’est incroyable. S’il avait vingt-cinq ans, il n’aurait pas une énorme marge de progression alors que là, on se dit…

Le Petit Niçois : Quels sont meilleurs souvenirs de Coupe du monde ?

DR : Je vais parler des matchs de Coupe du monde que j’ai vécus comme journaliste. A partir de la Coupe du monde 1966, j’ai couvert l’épreuve. Je citerai l’ensemble des matchs du Brésil 1970. Je dirai aussi les matchs Brésil-Argentine 1982 et Brésil-. Je garde aussi un souvenir ému des rencontres France-Allemagne 1982, France-Brésil 1986 et France-Espagne en 2006.

Le Petit Niçois : Dans quel pays, qui a organisé la compétition, avez-vous ressenti la plus grosse ferveur ?

DR : C’était au Mexique ! J’ai vraiment aimé l’ambiance. C’était joyeux et puis le Brésil…. !

Le Petit Niçois : Votre regard sur le capitaine niçois de l’équipe de France Hugo Lloris ?

DR : J’aime bien Hugo Lloris. Bien sûr comme tout gardien, il connaît des périodes de doute. Sur sa personnalité, il paraît effacé mais il a selon moi une autorité naturelle. Il est devenu le capitaine de Tottenham. Ce n’est pas rien !

LPN : Comment sur un plan professionnel allez-vous suivre l’épreuve ?

DR : Je serai à Paris dans les studios de l’Equipe TV pour suivre cette Coupe du monde. Je participerai aux différentes émissions. C’est un peu un regret de ne pas être sur place pour vivre l’événement.