Coupe du monde 98 : Une cicatrice toujours présente

Si l’évocation de la victoire de l’équipe de France à la Coupe du monde 1998 rappelle des bons souvenirs à une majorité de Français, ce n’est pas le cas pour le Niçois Lionel Letizi qui conserve un souvenir douloureux de son éviction de liste des 23 élus. C’est ce que raconte le journaliste Karim Nedjari dans livre intitulé La nuit des maudits.

« En donnant vingt huit noms, Aimé Jacquet à fourni à tous les médias deux semaines de polémiques. L’identité du troisième gardien derrière les deux indiscutables, Fabien Barthez et Bernard Lama, anime un des débats du jour. Qui sera choisi ? L’Auxerrois Lionnel Charbonnier ou le Messin Lionel Letizi se disputent le poste de numéro 3 ».

Au final, Aimé Jacquet choisira Charbonnier. L’auteur revient sur l’origine de l’éviction du Niçois, une « boulette » lors d’un match amical disputé en Russie.

« Les journalistes reviennent sans cesse sur ce maudit Russie-France de mars 1998 perdu, selon eux, à cause du gardien de but parisien. Ce but encaissé dans la capitale russe le pénalise comme une inscription au casier judiciaire plomberait un innocent. « Mon erreur de Moscour était banale, commise sur un terrain pourri, pour un match amical. Pour moi, cela n’avait aucune conséquence. Pourtant, ce match est devenu sa bérézina, le geste manqué qui tue l’ambition d’une vie. « Cela a vraiment été un moment clé pour moi. Je suis convaincu d’avoir manqué la Coupe du monde à cause de ce maudit contrôle raté jugé responsable de notre défaite. C’est impossible autrement. Sur la saison, je suis irréprochable. J’effectue un championnat de feu. Je réalise la meilleure saison de ma carrière….Aujourd’hui, je sais que ma valeur n’était pas le problème et que je ne suis pas sorti sur un choix sportif.

« J’étais persuadé que la seule vérité était celle du terrain. A cette époque, j’étais à des dix mille lieues des campagnes de presse, des réseaux des journalistes »

L’annonce de l’exclusion des six joueurs a eu lieu le vendredi 22 mai 1998 à 21h30. « Aimé Jacquet se racle le fond de la gorge et d’une voix blanche entame une impossible plaidoirie. Le temps est venu de justifier ses choix face aux six hommes assis en face de lui…..Incapable de prononcer le moindre mot, Lionel Letizi ne comprend toujours pas sa présence dans le purgatoire. Il regarde Philippe Bergeroo, l’entraîneur des gardiens. Il attend un secours impossible, une main tendue…..Un à un, tête basse, les joueurs quittent la chambre quinze.