Cinéma : LES MISÉRABLES :La haine comme leitmotiv…

Que se passe-t-il sur la planète cinéma et plus largement que se passe-t-il en France ? Est-ce que les quartiers dits sensibles ressemblent à ce que montre Ladj Li ? Sommes-nous dans un tel état de déliquescence des valeurs républicaines les plus élémentaires ? Dans ce film pamphlet où tout le monde se gausse « de la belle énergie de ces acteurs non professionnels », il y a une culture de la haine de la France, de la police, des institutions en général avec comme seul contrepoint ce patron de bar, ex-taulard et qui a trouvé dieu en épousant les thèses des Frères Musulmans. Il est le seul personnage positif du film, un concentré de Confucius, Bouddha, et Léo-Tseu… Tous les autres sont des pourris. Les trafiquants de drogue qui doivent se faire discrets car manifestement le quartier est aux mains des islamistes, les représentants de la mairie dénoncés pour leurs petits trafics ordinaires, les policiers forcément racistes et qui font preuve d’une patience d’ange harcelés qu’ils sont par des jeunes sauvageons qui les insultent du matin au soir… Alors, à force, il y a l’inévitable bavure qui va entraîner la spirale de la violence jusqu’au lynchage des trois flics… Et c’est ça que l’on veut montrer comme modèle pour les jeunes de banlieue ? LES MISÉRABLES est un film dangereux, un film d’un racisme ordinaire de toutes parts, et ce sentiment que ce sont les islamistes qui représentent l’avenir du quartier… LES MISERABLES s’apparente à un documentaire et c’est là que le bât blesse… Il n’y a aucun filtre cinématographique dans ce film, juste un constat insupportable. LES MISERABLES est un film politique qui n’a qu’un seul discours à proposer, celui d’une haine véritable leitmotiv de ces personnages qui semblent plus vrais que nature…

Pascal Gaymard