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CINÉMA – 79e FESTIVAL DE CANNES • Monia Chokri, présidente du jury de la Caméra d’or : la liberté comme boussole

Elle avait conquis la Croisette en tant que réalisatrice avec La Femme de mon Frère (2019) ou Simple comme Sylvain (2023), deux films présentés en sélection officielle au Festival de Cannes, dans la section, « Un Certain Regard »...

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La voilà qui y revient dans un tout autre rôle. L’actrice et cinéaste québécoise Monia Chokri présidera le jury de la Caméra d’Or lors de cette 79e édition du Festival de Cannes, succédant à l’Italienne Alice Rohrwacher. Entourée de quatre jurés, elle aura la charge de récompenser le meilleur premier film parmi l’ensemble des sélections, Sélection officielle, Quinzaine des Cinéastes et Semaine de la Critique, avant la remise du prix lors de la cérémonie de clôture, le 23 mai.

Une cinéaste que Cannes connaît bien

Monia Chokri n’est pas une inconnue de la Croisette. C’est d’abord comme actrice qu’elle s’y révèle, dans les films de Xavier Dolan, Les Amours imaginaires et Laurence Anyways, qui l’imposent comme l’une des présences les plus singulières du cinéma québécois de sa génération. Mais c’est derrière la caméra qu’elle construit sa vraie notoriété. Son premier long métrage, La Femme de mon frère, est reparti du Festival de Cannes à Un Certain Regard en 2019 avec le prix « Coup de cœur » du Jury, une distinction rare, décernée à une œuvre mordante sur les injonctions pesant sur les femmes et les liens familiaux. Babysitter (2022), satire acide sur la domination masculine et la misogynie contemporaine, confirme une voix résolument engagée et décomplexée. Puis vient Simple comme Sylvain, présenté à Un Certain Regard en 2023 : une romance aux couleurs seventies, traversée d’une réflexion fine sur le sentiment amoureux et les rapports de classe. Le film repart bredouille de Cannes, mais s’impose l’année suivante en décrochant le César du meilleur film étranger, coiffant au passage Oppenheimer.

La Caméra d’Or, un prix qui lui ressemble

Confier la présidence de la Caméra d’or à Monia Chokri, c’est confier la célébration des premières œuvres à quelqu’un qui sait ce que filmer pour la première fois signifie vraiment. Sa déclaration à l’annonce de sa nomination dit tout : pour elle, un premier film est un vertige, un acte de vérité qui expose la fragilité de celui qui le signe, et c’est précisément cette fragilité offerte au monde qui lui confère sa force. Cette liberté, être pleinement soi dans l’acte de création, est la valeur cardinale qui traverse toute son œuvre. Elle sait la reconnaître chez les autres. La Caméra d’Or ne pouvait trouver meilleure gardienne.

Mathilde Vignal

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