Par Pascal Gaymard – Photos Dominique Maurel
Vendredi 22 Mai 2026 : Un Palmarès Un Certain Regard…
Le vendredi, juste avant la clôture, comme le samedi, c’est le moment du rattrapage de films que nous avons raté, où nous avons été refoulés, ou pour lesquels nous n’avons pas eu de billets et cette année cela a frisé l’hystérie lorsqu’à 7h et 1 seconde, tout s’affiche complet d’où l’impossibilité de réserver quoique ce soit…
Parmi les réjouissances de ce vendredi, le palmarès de la sélection officielle, Un Certain Regard avec comme présidente, Leïla Bekhti. Avec les membres de son Jury, elle a fait preuve d’un bel éclectisme et d’un palmarès équilibré, loin de la contestation que nous pouvions avoir les années précédentes… Les autres membres du Jury étaient la productrice sénégalaise, Angèle Diabang, le compositeur libanais, Khaled Mouzanar, la réalisatrice italienne, Laura Samani, et le réalisateur français Thomas Cailley. Il y avait 19 films en compétition dans cette sélection de qualité dont 6 premiers films. Au final, ils ont décerné 5 Prix. Le prix des meilleures actrices a été double pour Marina De Tavira, Daniela Marin Navarro, Mariangel Villegas(SIEMPRE SOY TU ANIMAL MATERNO réalisé par Valentina Maurel). Côté masculin, c’est l’abattage et la bonne humeur d’un réfugié Congolais en Centrafrique, Bradley Fiomona Dembeasset dans CONGO BOY (film réalisé par Rafiki Fariala) qui l’a emporté, l’intéressé remerciant le Jury en chantant… Un prix Spécial du Jury pour l’émotion que le film a suscité chez tous les membres du Jury a été décerné au film d’animation, LE CORSET de Louis Clichy qui a réalisé un travail d’une exceptionnelle qualité sur un sujet difficile, celui du drame paysan. Le prix du Jury a donné lieu à une belle liesse sur la scène puisque c’est toute l’équipe du film Népalais d’Abinash Bikram Shah, LES ELEPHANTS DANS LA BRUME qui a tenu à être là. Enfin, le Grand Prix très attendu est revenu à EVERYTIME de la réalisatrice Autrichienne, Sandra Wollner, la présidente Leila Bekhti a justifié son choix en évoquant le toujours difficile travail de deuil. Une bien belle soirée…


HISTOIRES DE LA NUIT : Hafsia Herzi face à Benoît Magimel
En fin de Festival, ce sont rarement les films favoris qui sont programmés même s’il y a eu des précédents… Les HISTOIRES DE LA NUIT de Léa Mysius se présente comme un thriller sanglant où une femme a refait sa vie à la campagne, et voit son passé lui sauter à la figure avec la libération de prison de son ex-compagnon, 10 ans après. En cause ? Une vidéo de sa fille qui a fait 60 000 vues… Dès lors, à la manière des CHIENS DE PAILLE de Sam Peckinpah, il va falloir survivre par tous les moyens. Au casting, on retrouve avec bonheur, Monica Bellucci, Bastien Bouillon, Paul Hamy mais c’est le face à face entre Hafsia Herzi et Benoît Magimel qui captive. Certes, c’est sanglant, certes, le scénario est parfois cousu de fil blanc, certes, il peut y avoir quelques scènes qui ne convainc pas mais le tout reste de belle facture et ne mérite l’accueil assassin en séance de presse. Sans doute, les journalistes commencent à être fatigués e n’ont plus la même lucidité…


ULYSSE : Elodie Bouchez en mère courage…
Après le palmarès d’Un Certain Regard, Laetitia Masson (A VENDRE, LOVE ME, LA REPENTIE…) a présenté son dernier film, basé sur son propre vécu, à savoir un couple confronté à l’arrivée d’un enfant handicapé .Alors que le père (Stanislas Merhar) fuit en Amérique pour poursuivre sa carrière de musicien, la mère (Elodie Bouchez) doit tout assumer avec tout de même le soutien d’une amie (Romane Bohringer) et d’un orthophoniste amant (le rappeur Gringe). C’est presque un documentaire qui dénonce un système d’aide pas toujours adapté, laissant les familles complétement dépourvues et seules face à des blocages administratifs qui malheureusement caractérisent notre pays. Elodie Bouchez trouve là, un rôle à la hauteur de son immense talent. Rien que pour ça, il faudra aller voir ce film tendre et émouvant à sa sortie en salles prévue le 17 juin prochain.
LE CORSET : Le monde paysan sacrifié ?
Le réalisateur, Louis Clichy, est un habitué des gros projets de Pixar. Avec LE CORSET, retour en France avec un scénario intimiste sur un enfant handicapé dans le monde rural qui a du mal à trouver sa place. Tous les problèmes de cette famille d’agriculteurs sont particulièrement bien abordés et feront prendre conscience à certains, de la problématique de gens qui n’ont pas de vie, souvent pas de salaires, et qui continuent par passion, de nourrir la population… Tout a été réalisé à l’ancienne, avec du papier et des feuilles comme l’a rappelé le réalisateur. Le résultat est bluffant et empreint d’une émotion inimaginable. Le film a logiquement été récompensé par un prix spécial du Jury dans la sélection officielle, Un Certain Regard. Nul doute que cette distinction en appellera d’autres comme un CESAR du film d’animation en 2027…



QUELQUES MOTS D’AMOUR : Hafsia Hersi se bat pour ses enfants
Plusieurs comédiens ont été plusieurs fois à l’affiche à Cannes, plus côté féminin avec Virginie Efira, Léa Seydoux, et Hafsia Herzi. QUELQUES MOTS D’AMOUR, réalisé par Rudi Roisenberg, devait être un film qu’avec des comédiens amateurs. Mais le meilleur ami du réalisateur et producteur du film, Hugo Selignac, lui a conseillé de prendre Hafsia Herzi. Sans elle, il n’y aurait vraisemblablement pas le même film… Ce rôle de mère qui se bat pour sa fille qui croit que son père absent, l’aime et n’attend qu’elle, est tout à fait remarquable et émouvant. La comédienne, de film en film, prend une épaisseur dans sa palette de jeu vraiment intéressante. Elle prouve qu’Abdellatif Kechiche avait eu le nez creux en faisant d’Hafsia, sa muse…













