Accueil À la Une POLITIQUE – Nice et Métropole : La fin de la Gabegie !

POLITIQUE – Nice et Métropole : La fin de la Gabegie !

À peine installé à la tête de la mairie de Nice et de la Métropole Nice Côte d’Azur, Éric Ciotti a tenu à respecter sa première promesse de campagne à savoir la baisse des impôts en revenant sur la hausse de +25% de la taxe foncière de son prédécesseur et en baissant la Taxe d’Enlèvement des Ordures Ménagères (TEOM).

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Il a choisi de frapper fort sur le terrain de la fiscalité locale. Lors du conseil municipal de Nice puis du conseil métropolitain, il a fait adopter une série de baisses d’impôts et des économies permettant de les réaliser.

Un « choc fiscal » pour redonner du pouvoir d’achat

Le maire comme le président a promis de « rendre » aux contribuables niçois plusieurs dizaines de millions d’euros, tout en assumant un discours de rigueur sur la dépense publique. L’objectif affiché est double : redonner du pouvoir d’achat aux ménages et restaurer l’attractivité fiscale du territoire, sans recourir à un endettement supplémentaire.

Conseil municipal : une forte baisse de la taxe foncière

Au conseil municipal, la mesure phare a concerné la taxe foncière sur les propriétés bâties, dont le taux communal a été ramené à un niveau proche de celui de 2023. Concrètement, la majorité d’Éric Ciotti prévoit de passer d’un taux communal de 35,3 % à 29,6 %, soit une baisse d’environ 5,7 points qui revient à effacer la hausse décidée en 2024 par le maire de l’époque, Christian Estrosi.

Pour les propriétaires niçois, l’enjeu est loin d’être anecdotique : la municipalité évoque un effort global qui représente plusieurs dizaines de millions d’euros rendus aux contribuables, avec un objectif revendiqué de 50 millions d’euros restitués aux propriétaires sur le seul bloc foncier. Selon les estimations rendues publiques, la diminution de la taxe foncière, additionnée à celle d’autres impôts locaux, doit aboutir à une baisse globale de 51 millions d’euros de prélèvements pour les Niçois.

L’opposition, elle, s’est inquiétée du financement de cette « cure fiscale », dénonçant un risque de fragilisation des services municipaux et un manque de visibilité sur les ajustements budgétaires à moyen terme. Mais la majorité ciottiste assume un choix politique net : c’est la dépense qui doit s’adapter à la baisse d’impôts, et non l’inverse.

Conseil métropolitain : la TEOM en baisse d’un point

À l’échelle de la Métropole Nice Côte d’Azur, c’est la Taxe d’Enlèvement des Ordures Ménagères (TEOM) qui a été mise au cœur du premier conseil métropolitain présidé par Éric Ciotti. La délibération adoptée prévoit une baisse d’un point du taux, qui passe de 10,46 % à 9,46 % sur l’ensemble du territoire métropolitain.

Cette réduction se traduit par un manque à gagner chiffré à environ 10,8 millions d’euros pour la Métropole, le produit de la TEOM passant de 129,5 millions d’euros à 118,7 millions. En pratique, autant de ressources en moins pour financer la collecte et le traitement des déchets, dont cette taxe constitue la principale source de financement.

Là encore, la majorité met en avant un bénéfice direct pour les contribuables, qui verront leur avis d’imposition allégé dès 2026, et défend l’idée d’une « opportunité » pour les ménages dans un contexte d’inflation et de hausse généralisée du coût de la vie. Certains élus, y compris dans l’ancienne équipe municipale, ont reconnu l’intérêt de la baisse pour les foyers, tout en s’interrogeant sur la soutenabilité du modèle si les coûts de gestion des déchets continuent de progresser.

Des économies massives pour financer la baisse d’impôts

Pour justifier cette politique, Éric Ciotti met en avant un plan d’économies présenté comme « inédit » à l’échelle de la collectivité. Selon ses déclarations, la baisse de 51 millions d’euros d’impôts pour les Niçois et les contribuables métropolitains sera intégralement compensée par des réductions de dépenses, à hauteur de 60 millions d’euros dès la première année.

Plusieurs leviers sont cités : réduction des indemnités des élus, avec une baisse annoncée d’environ 12,7 %, diminution des frais de fonctionnement, via un encadrement plus strict des dépenses courantes et une revue des contrats et prestations, ralentissement ou réétalement de certains investissements, en ciblant les priorités jugées les plus utiles pour les habitants, recherche d’efficiences dans les services municipaux et métropolitains, avec une volonté affichée de « mieux gérer la mairie comme un ménage qui se serre la ceinture ».

L’argumentaire de la majorité repose sur une équation simple : 51 millions d’euros de baisse d’impôts, financés non par l’emprunt mais par 60 millions d’euros d’économies, afin de dégager en prime une petite marge de manœuvre supplémentaire pour assainir les finances locales. Une ligne de conduite qui s’inscrit dans le prolongement des chiffrages avancés dès la campagne municipale, où la baisse de 20 % de la taxe foncière était évaluée autour de 40 millions d’euros, là aussi financés par des coupes dans les dépenses de fonctionnement.

Quel impact pour les contribuables et les services publics ?

Pour les propriétaires niçois, la combinaison de la baisse de la taxe foncière et de la TEOM constitue une économie concrète sur la feuille d’impôts, d’autant que s’y ajoute une diminution de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires. Les estimations avancées par le maire évoquent un total de 51 millions d’euros rendus chaque année aux ménages et aux propriétaires, ce qui représente un gain substantiel de pouvoir d’achat à l’échelle de la ville et de la métropole.

Pour la collectivité, en revanche, la question est celle de la capacité à maintenir le niveau et la qualité des services publics avec des recettes fiscales en retrait. Le financement du service des déchets, très dépendant de la TEOM, sera un test grandeur nature pour la stratégie ciottiste, notamment si les coûts de collecte, de traitement et les impératifs environnementaux continuent de s’accroître.

Entre « choc fiscal » assumé et pari sur une gestion plus rigoureuse, la première séquence budgétaire d’Éric Ciotti à la tête de la Ville de Nice et de la Métropole Nice Côte d’Azur place clairement la question des économies au cœur de sa légitimité politique.

Pascal Gaymard

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Conseil Métropolitain Nice Côte d’Azur : les premières joutes…

Il était certain que sur le débat concernant la baisse de la TEOM, l’opposant, Pierre-Paul Leonelli, qui avait cette délégation sous Christian Estrosi, allait intervenir.

Sans surprise, il a vanté « un modèle de gestion des déchets exemplaire grâce au système de la Régie et non de la Délégation de Service Public (DSP) ».

L’endettement en question

Il a poursuivi en insistant sur le tonnage récolté (357 t.), sur le service (7j/7 et 24h/24), et sur le prix, 10,46%, « le plus bas du département et sur le plan national, Montpellier par exemple étant à 12,35% ». Et d’ajouter : « Si nous avions ce taux de 12,35%, nous aurions récolté 150 M€ supplémentaire d’impôts ». En conclusion : « Il faut garder notre service public… Moins de recettes aujourd’hui, ce sera plus de contraintes demain ». Pour l’opposant de gauche, le communiste, Julien Picot, « la situation de la Métropole est préoccupante avec un niveau d’endettement très élevé et un autofinancement faible. Nous avons d’autres orientations : la rigueur, le suivi budgétaire, la vigilance accrue sur les marchés publics, la priorité à la reconstruction des vallées de la Tinée et de la Vésubie qui dit être une urgence absolue ». Il a mentionné aussi la ligne 5 du tramway « qui est une nécessité pur les habitants de Drap, Contes, La Trinité, l’Ariane qui ne sont pas des citoyens de seconde zone. Il faut en finir avec les embouteillages en priorisant tus les modes de déplacement, tram, rail, aménagements routiers… On veut de la transparence et un audit de la Chambre Régionale des Comptes (CRC) qui serait utile pour nous éclairer sur nos décisions. Nous refusons l’appel à des cabinets privés de conseils. Il faut travailler sur la dette, ses intérêts, son poids, définir des marges de manœuvres durables sans recul des services publics ». Sa collègue, Juliette Chesnel-Le-Roux, a insisté quant à elle, sur la ligne 4 du tram « qui est en danger et qui répond aux besoins des habitants de l’Ouest… Renoncer à la ligne 4 serait un retour en arrière. Gouverner, c’est prévoir, pas de renoncer ».

Le tram et les déchets en débat

Cela tombe bien puisqu’à la Ville de Nice comme à la Métropole, Julien Picot sera le président de la Commission des Finances, sur proposition du président Eric Ciotti. Ce dernier a dénoncé « des positions exagérées ». Et d’argumenter : « sur la ligne 4, c’est un investissement de 500 millions d’euros. Nous bougeons une ligne de crédit de 1,5 M€ de crédits de paiement seulement, pour financer le parking Tzarevitch. Jusqu’à présent, 65 M€ de crédits ont été déjà mandatés. Il y a 12,1 M€ à venir… Il restera 425 M€ d’autorisations de programme sur la ligne 4. Cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de débat. Bryan Masson a gagné à Cagnes-sur-Mer dès le 1er tour. Le suffrage universel s’est exprimé. N travaillera avec lui comme avec Joseph Ségura à Saint-Laurent-du-Var. Tout est sur la table : maintien de la ligne u pas, jusqu’où, quels autres modes de transports, quels tracés ? Bryan Masson a pris des options et je vous demanderai de les respecter… Je suis presque centriste (applaudissements) plutôt central ». Et de conclure : « L’institut Arnaud Tzanck a investi 150 M€, je suis POUR la desserte de l’Institut par le tram de la ligne 4 ». Quant à la réponse à Julien Picot : « Nous sommes en conformité avec le diagnostic, pas sur les solutions, vus voulez plus d’impôts, nous, moins d’impôts ». Et à propos de l’audit, « nous avons demandé à la CRC d’effectuer un contrôle des comptes de la Ville et de la Métropole ». Le Conseil s’est terminé par une prise de bec entre Pierre-Paul Léonelli et Jean-Marc Governatori. Ce dernier a évoqué « l’écologie circulaire en développant des petites entités » ; l’opposant de répondre : « Il y a l’idéologie et la réalité. Nous, on a fait des choses, l’écologie incitative, pas punitive. Je vous souhaite bien du plaisir ! ». Eric Ciotti a arbitré les débats : « Je pense que Jean-Marc Governatori est tut sauf un écologiste punitif, vous allez voir ce qu’il va faire ! ».

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