La plupart des 16 communes en ballottage restent à droite au sens large, mais plusieurs bascules profitent clairement à la droite populaire, notamment à Nice et Menton.
Contexte général du 2ᵉ tour dans le 06
Seules 16 communes sur 163 devaient passer par un autre tour d’élection municipale : Bar-sur-Loup, Cabris, Carros, Gattières, Menton, Nice, Peymeinade, Roquebrune-Cap-Martin, Roquefort-les-Pins, Saint-Laurent-du-Var, Tende, Théoule-sur-Mer, La Turbie, Utelle, Vence et Villefranche-sur-Mer. La participation a nettement progressé au 2ème tour avec 47,26% à 17h contre 41,39% au 1er tour. Au niveau départemental, les listes de droite au sens large (DVD, LR, UD, UDR, RN et alliés) dominent le nombre de sièges municipaux et communautaires, confirmant leur rapport de force très favorable. Mais l’événement de la soirée électorale a été sans aucun doute possible, la victoire d’Éric Ciotti (UDR, allié du RN) à Nice avec 48,54% des voix devant le maire sortant, Christian Estrosi (Horizons) qui ne réalise que 37,20%. Ferme la marche de cette triangulaire, la liste de gauche de Juliette Chesnel Le-Roux à 14,26%. Cette dernière considère que « c’est un jour sombre ». Pauvre gauche qui n’a pas su s’entendre et qui aujourd’hui, joue au catastrophisme… Elle n’a pas compris qu’elle est ultra-minoritaire à Nice. Le rapport de forces du 1er tour (Ciotti 43,43%, Estrosi 30,92%) se confirme et se durcit même autour d’un discours d’ancrage niçois et gaulliste qu’affectionne et a bien représenté Eric Ciotti. La perte de Nice fragilise LR dans la région en termes de grands électeurs pour les sénatoriales et pèsera sur les équilibres au sein de la Métropole Nice Côte d’Azur, où les alliances entre droites devront être renégociées.
Menton : la députée RN, Alexandra Masson l’emporte
À Menton, la députée RN, Alexandra Masson, a gagné le second tour avec 49,09% des suffrages après être arrivée en tête au premier tour (36,5%). Elle devance une liste d’union de la droite traditionnelle autour de Sandra Paire et Louis Sarkozy (34,69%) et une autre liste de droite concurrente autour de Florent Champion (16,22%). Il y a des additions qui font des soustractions, entre Sandra Paire et Louis Sarkozy, les Mentonnais ne se sont pas trompés. Cet attelage était voué à l’échec. Après les railleries, les insultes, les gestes symboliques comme déchirer sa carte de membre des LR, comment Sandra Paire pouvait-elle s’allier à Louis Sarkozy ? La réponse, ce sont les Mentonnaises et les Mentonnais qui l’ont donné sans contestation possible. Il y a 2 053 voix d’écart entre la candidate RN et l’alliance Paire/Sarkozy. Il ne faudrait pas oublier Florent Champion (Divers Droite) qui avec 16,22% des suffrages fait mieux qu’au 1er tour (15,09%), 2 314 voix contre 2 197.
Les surprises du 2ᵉ tour : St Laurent, Vence, Carros, Roquefort, Villefranche-sur-Mer…
Ce 2ème tour a réservé quelques surprises de taille. Tout d’abord, le camp Estrosi a réussi à préserver St Laurent-du-Var et son maire sortant, Joseph Ségura (LR) pour 186 voix face au candidat RN-UDR, Rafaël Quessada soit 50,96% contre 49,31%. Le candidat DVD, Patrick Villardry (9,56%), avait immédiatement appelé à voter pour Rafaël Quessada. Ce sont probablement les voix de la gauche représentée par Marc Orsatti (9,58%) qui ont permis au sortant de sauver son fauteuil. Portant, Marc Orsatti n’avait donné aucune consigne de vote, se rappelant les rapports houleux qu’il avait eu avec le sortant lors des conseils municipaux… St Laurent-du-Var fera figure de petit village gaulois résistant au puissant maire de Nice, Eric Ciotti.
Par contre, ce dernier pourra compter sur le soutien d’Anne Sattonnet (Nouvelle Energie), la candidate du mouvement de David Lisnard, qui, après 30 ans, arrive à décrocher la mairie de Vence avec 109 voix d’avance, 36,84% contre 35,48% du sortant. Elle a manifestement siphonné les voix de Patrick Scalzo (Divers Centre) qui, entre les deux tours, perd presque 4 points. Le candidat de la gauche, Jean-Louis Fiori a lui aussi perdu des voix entre les deux tours, presque 3%…
Par contre, à Carros, contre toute attente, c’est le candidat de gauche, Stéphane Revello qui bat le sortant, Yannick Bernard, soutenu par l’UDR et le RN. Arrivé en tête au 1er tour avec 39,18%, Stéphane Revello avait devancé le maire sortant, Yannick Bernard (38,32%) et le candidat Divers Droite, Gilles Renoux (22,49%). A priori, les voix de Gilles Renoux devaient se reporter sur Yannick Bernard au 2ème tour. Il n’en a rien été, manifestement puisque Stéphane Revello réalise 53,87% contre 46,13% à Yannick Bernard…
Au rayon des surprises, comment ne pas s’arrêter sur Roquefort-les-Pins où le sortant, Michel Rossi (Divers Droite), se représentait, lui qui était élu depuis 1983. Manifestement, cela a été l’élection de trop car il perd la mairie pour un écart encore plus faibles que les cas précédents, à savoir 39 voix ! Mais le plus étonnant, c’est qu’il perd face à un jeune étudiant de 19 ans, Ewan Corinaldesi (SE), 50,47% contre 49,53%. Il a raison de dire dans sa réaction que cela faisait « 20 ans qu’il n’y avait pas eu de réelle campagne à Roquefort-les-Pins… Une page se tourne, une autre va s’écrire. Allons de l’avant ! ». Il a bénéficié des voix de Lionel Rubaudo (21,03% au 1er tour) qui s’était retiré…
Et que dire de Villefranche-sur-Mer ! Robert Capelier vire en tête devant le sortant Christophe Trojani, 51,74% contre 48,24% soit exactement 100 voix ! Allié à Benjamin Bunger et avec Christine Petrucelli, ils ont réussi leur quête du graal, faire tomber le sortant dans une campagne très dure où rien ne leur a été épargné, y compris jusqu’aux derniers instants de la campagne !Cette fusion a été une réussite car il en est sorti un vrai projet commun qui a su séduire les Villefranchoises et les Villefranchois.
Les confirmations du 1er tour : Théoule, Roquebrune, Gattières, Peymeinade…
Et puis, il y a les résultats attendus et logiques comme à Théoule-sur-Mer où le maire sortant, Georges Botella, après son alliance avec son ex-1er adjoint, Emmanuel Blanc, arrivé 3ème au 1er tour avec 21,35%, réalise 61,26% contre 38,74% à son opposante, Sophie Rohfritsch (38,74%). A Roquebrune-Cap-Martin, le maire sortant, Patrick Cesari écrase la concurrence avec 50,97% des voix devant le candidat RN, Guillaume Contesse (30,50%), Gilbert Furlan (Divers et 10,71%) et Anthony Malvault (DVD et 7,82%). Ces deux derniers candidats ont perdu 2 points entre les deux tours…
A Gattières, même cas de figure où la sortante, Pascale Guit-Nicol est réélue avec 52,64% face à deux candidats Sans Etiquette, Claire Heyberger-Paul, 30,02% et Jean-Pierre Testi, 17,34%. Si Heyberger a pris 2 points de plus, Testi, lui, en a perdu presque 5.
A Peymeinade, Brigitte Vidal (RN-UDR) a confirmé sa grande avance du 1er tour (48,46%) en réalisant 52,85% des suffrages. Elle écrase le candidat Ecologiste de gauche, Mathieu Panciatici (25,63%) et le Divers Droite, Patrice Anacario (21,52%). Cette élection aura été marquée par le naufrage au 1er tour du maire sortant, Sainte-Rose Fanchine qui n’avait pas dépassé les 10 points avec 9,22%.
Notons enfin, l’élection de la 1ère femme maire de Bar-sur-Loup, Delphine Carosi (SE) avec 38,05% devant Sabrina Baëchel (SE), 33,62% et Monique Revel (SE), 28,33%. Cela s’est joué dans un mouchoir de poche car elles ont respectivement fait 540 voix (392 voix au 1er tour) pour la 1ère, 470 suffrages (361 le 15 mars dernier), pour la 2ème, et 402 voix (357 au 1er tour) pour la 3ème. Enfin, à La Turbie, c’est Valentin Lopez (SE), l’opposant au sortant qui ne se représentait plus, qui l’a emporté avec 38,09% et 670 voix, en battant les deux anciens adjoints au maire qui n’ont pas su s’entendre, Sandrine Penta (SE), 32,12% et 565 voix bien qu’elle avait le soutien du maire sortant, Jacques Raffaele, et Daniel Candela (SE), 29,79% et 524 voix bien qu’il ait fusionné avec Laurent Casabianca (SE) qui avait fait 10,36% au 1er tour…
Nul doute, que tous ces résultats auront des incidences sur les sénatoriales de septembre et sur les prochaines législatives… Une chose est certaine, le nouvel homme fort des Alpes-Maritimes est bien Eric Ciotti, maire de Nice et futur président de la Métropole.
Pascal Gaymard













