NICE : Une solution négociée à droite…

Depuis plusieurs mois, la guerre entre les deux figures fortes des Alpes-Maritimes faisait rage avec d’un côté, le président de la Métropole Nice Côte d’Azur et maire de Nice, Christian Estrosi, de l’autre, le député et ex-président du Conseil Départemental, Eric Ciotti, patron des Républicains 06.

Les nouvelles fonctions d’Eric Ciotti
L’enjeu ? Les Municipales à Nice. Pour comprendre le dénouement de cet affrontement qui n’aura pas lieu, il faut entendre et comprendre les propos du nouveau président des Républicains, Christian Jacob. Il avait dit qu’il ferait tout pour trouver une solution négociée tout en ajoutant que le parti ne pouvait se permettre de perdre la 5ème ville de France sur des divisions internes et des destins contrariés. Dès lors, la messe était quasiment dite. Le sondage récent mettant 15 points d’écart entre Eric Ciotti (24%) et Christian Estrosi (39%) a fini de convaincre le premier que le combat était vain et que cette « guerre » ne pouvait que profiter au candidat du RN, Philippe Vardon. Dans le même temps, Eric Ciotti a hérité de la présidence de la commission d’enquête parlementaire sur l’attentat terroriste islamiste de la préfecture de Police de Paris. Cela signifie concrètement plusieurs centaines d’auditions dans les 6 mois à venir… Dans ces conditions, comment mener à bien une campagne municipale ? Par ailleurs, Eric Ciotti a été reconduit dans ses fonctions importantes de Questeur de l’Assemblée Nationale, et de Président de la Commission Nationale d’Investiture du Parti.

Le nouveau visage de Christian Estrosi
Pour Eric Ciotti, l’objectif ultime sera de devenir un jour prochain, ministre de l’Intérieur, lui qui s’est imposé comme un référent national sur les questions de sécurité et de lutte contre le terrorisme. De son côté, Christian Estrosi, au cours de ces derniers mois, a profondément évolué. Lui, qui par le passé, était si prompt à répondre coup pour coup à la moindre attaque, a fait preuve d’une zénitude que personne ne lui connaissait. Gardant toujours les bras ouverts, prêchant sans cesse l’union et le rassemblement le plus large, il a donné de lui l’image de l’homme d’état que tout homme politique espère devenir. Ne pas tenir compte des coups reçus, garder le cap parce que l’on sait que c’est le bon.  La stratégie de Christian Estrosi s’est ressentie dans le dernier sondage sur les élections municipales. Il a laissé le rôle de l’agresseur à son ex-lieutenant et meilleur ami, se contentant de donner le sentiment d’être au-dessus de la mêlée…

Une élection de Christian Estrosi au 1er tour ?
Dans un souci d’apaisement et dans l’intérêt du parti, le parti Les Républicains ne pouvait pas prendre le risque de la division. De son côté, Christian Estrosi ne peut que se réjouir que ce combat fratricide à droite n’ait pas lieu, lui qui se targue d’un bilan avantageux, reconnu même par ses adversaires de gauche dont le but ultime est d’être représentés au sein du Conseil Municipal, et d’éviter de réitérer le désastre régional qui a vu leur disparition de l’hémicycle. Si les sondages sont justes, le maire de Nice peut envisager une élection dès le premier tour et assurer un troisième mandat à la tête de la 5ème ville de France. Maintenant, la politique est imprévisible et le cas Balladur appelle à la prudence. Reste à gérer la composition de la liste Les Républicains à Nice qui devra faire une place aux amis d’Eric Ciotti pour que la réconciliation entre ces deux cadors de la droite soit effective. Rien ne sera simple mais gageons que l’intelligence sera le guide des uns et des autres. Pour les militants des Républicains, la situation devient plus réconfortante et plus facile à gérer. La « guerre » laissera-t-elle des traces ou cette solution permettra-t-elle à la Côte d’Azur de retrouver une sérénité voulue par la majorité des Niçois ? L’avenir nous le dira…

Pascal Gaymard