CANNES: LE FESTIVAL COMME SI VOUS Y ÉTIEZ…Jeudi 8 juillet

Chaque jour, vous pouvez retrouver sur notre site : lepetitnicois.net, toutes les actualités sur le Festival de Cannes que vous pourrez vivre comme si vous y étiez. Atmosphère, ambiance, événements, et surtout films à voir dont il faudra retenir le nom pour les mois à venir et que vous pourrez retrouver dans votre cinéma. Cannes revient, ce 74e s’annonce comme un grand cru avec, comme l’a dit le délégué général, Thierry Frémaux, un an et demi de films à sélectionner…

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Matt Damon & Camille Cottin. Photo : Dominique Maurel

Peu à peu, il faut prendre ses marques dans un Festival où la liberté d’aller et de venir entre les salles n’est plus possible, rendant le travail journalistique des plus difficiles. Un surcroît de stress dont nous nous serions bien passés… En Compétition Officielle, un film israélien de Nadav Lapid qui avait obtenu l’Ours d’Or à Berlin en 2019 avec Synonymes… Son GENOU D’AHED est bien loin de cette qualité entraperçue précédemment. Sentiment de culpabilité, autoflagellation vis-à-vis d’une censure artistique qui serait omniprésente, omnisciente et omnipotente en Israël qui rappelons-le est un État démocratique. Le réalisateur semble l’avoir oublié et préfère une repentance jusqu’au-boutisme qui frise le ridicule mais plus grave, la malhonnêteté. Son procédé pour piéger la jeune fonctionnaire des bibliothèques est digne des procédés soviétiques ou chinois, bref de vrais régimes totalitaires. C’est pervers, ignoble et insupportable à l’image de ce film, LE GENOU D’AHED que l’on préférera oublier très vite. Après, d’autres réalisateurs ont bien plus de talent ! Le Tchadien, Mahamat Saleh Haroun a eu droit avec LINGUI LES LIENS SACRES a une standing ovation d’une rare durée et intensité. Fait inouï, le metteur en scène a eu droit à un micro pour remercier le public debout face à une équipe du film en pleurs. Son film dénonce pêle-mêle, le droit à l’avortement inexistant dans la société islamique tchadienne, la prépondérance de l’Imam et de la mosquée dans la vie quotidienne de ces femmes obligées de prier dehors pour ne pas être mêlées aux hommes, et enfin, un patriarcat qui font des femmes des objets dont les hommes usent au gré de leurs envies jusqu’au viol. En 2010 pour Un Homme qui crie, il avait obtenu le Prix du Jury. Gageons que cette année, il ne sera pas loin de la Palme d’Or à moins que certains membres du Jury ne jugent qu’il critique trop l’islam…

Après la Master class de Jodie Foster qui a été un vrai régal pour les amoureux du cinéma, celle de Matt Damon nous a appris bien des choses sur les grands metteurs en scène avec lesquels il a tourné dont Steven Spielberg. Son film, STILLWATER, remake très libre de Cowboys, montre un père responsable qui veut libérer sa fille emprisonnée à Marseille sans trop qu’il sache pourquoi. À ses côtés, Camille Cottin brille dans son premier rôle outre-Atlantique, tout comme Abigail Breslin. Un dernier mot pour évoquer Un Certain Regard, l’autre sélection officielle, où LA GRANDE LIBERTE a laissé une forte impression. Cette histoire, mi-fiction, mi-documentaire, retrace la vie de Hans Hoffmann, un gay qui est passé directement des camps de concentration aux prisons allemandes. La cause ? Un article du Code pénal allemand, l’article 175 qui fait des homosexuels des délinquants « pervers ». Cet article ne sera abrogé qu’à la fin des années soixante. Au total, Hans Hoffmann aura passé près de 20 ans en prison où il rencontrera son compagnon. Un film poignant qui n’a laissé personne indifférent tant les compositions de Franz Rogowski et de Georg Friedrich sont remarquables et s’annoncent déjà comme favoris pour un prix d’interprétation qui sera forcément double.

Pascal Gaymard & Veronique Rosa
Photos Dominique Maurel

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