Le Festival comme si vous y étiez…Episode 10

Par Pascal Gaymard et Veronique Rosa Photos Dominique Maurel

Ce jour était d’importance pour le palmarès final puisque deux films de metteurs en scène intéressants étaient présentés en compétition, Matteo Garrone et Nadine Labaki. Pour l’Italien, qui a déjà reçu deux Grand Prix à Cannes, pour Gomorra en 2008 et Reality en 2012. Même si son Dogman est bien maîtrisé, il n’en demeure pas moins que son fait divers tiré d’une histoire vraie de 1968, n’est pas à la hauteur d’autres films vus en Sélection. Néanmoins, les acteurs sont étonnants de réalisme et le décor est quasi lunaire. Néanmoins, Dogman reste un film captivant même si l’on connaît déjà la fin.

La Libanaise, Nadine Labaki, s’est intéressé à un gamin des rues qui refuse la fatalité d’un destin tout tracé. Dans Capharnaüm, on suit un gamin de 12 ans qui devine tous les coups tordus des adultes qui ne voient dans les enfants, qu’une marchandise à vendre, à négocier, à acheter… La réalisatrice de Caramel (Quinzaine) ou de Et maintenant on va où (Un Certain Regard), donne carrément dans le documentaire. Au regard de ses 500 heures de rushs, nous comprenons le dilemme auquel elle a dû faire face au montage. Le résultat est mitigé, parfois extraordinaire, d’autres fois plus inégal avec un trop plein de bons sentiments. Le jeune Zein joué par Zain Alrafee avec sa gueule d’ange crève l’écran…

A Un Certain Regard, La Tendre Indifférence du Monde du réalisateur Kazakh, Adilkhan Yerzhanov, est une belle métaphore sur le rat des champs et le rat des villes, entre l’opposition d’un monde rural dur mais vrai et un univers urbain corrompu et inhumain où seul l’argent fait la loi. Une nouvelle beauté, Dinara Baktybayeva, fait son entrée dans la cours du cinéma russophone. Sa robe rouge flottera encore longtemps dans l’esprit des cinéphiles cannois tombés sous le charme…