Accueil À la Une ÉLECTIONS MUNICIPALES VALBONNE – Open Sky/Village de Sophia : c’est fini ?

ÉLECTIONS MUNICIPALES VALBONNE – Open Sky/Village de Sophia : c’est fini ?

La ZAC des Clausonnes ex-projet Open Sky est un long feuilleton à Valbonne et occupe encore une fois, une place importante dans la campagne.

0

Le site lepetitnicois.net a décidé de vous rendre compte des trois visions des trois candidats en lice, celle des deux anciens maires, Christophe Etoré et Marc Daunis, et celle du maire sortant, Joseph Cesaro.

Un projet initié en 1990…

Au préalable, il faut revenir un peu en arrière. Le projet de la ZAC des Clausonnes à Valbonne (Sophia Antipolis) est une opération d’aménagement de longue durée, portée au fil du temps par des acteurs publics et privés, dont l’un des volets les plus médiatisés est le complexe initialement nommé Open Sky. Il a évolué sous l’effet de la contestation, de procédures administratives et de renégociations, jusqu’à être redimensionné et rebaptisé en « Village de Sophia » dans les années 2020. Une première intention de créer une ZAC aux Clausonnes apparaît au début des années 1990, avec des oppositions et une procédure contentieuse qui se solde en 1995 sans déboucher immédiatement sur un aménagement. Le secteur, en entrée de Sophia Antipolis sur la commune de Valbonne, reste ensuite un espace composite mêlant activités, friches et voiries structurantes, ce qui nourrit l’argument d’une « restructuration » urbaine. Dans les années 2000, des acquisitions foncières privées aux Clausonnes sont mentionnées (notamment 2006–2010) parallèlement à une relance politique du projet d’aménagement. La ZAC des Clausonnes est formalisée avec l’objectif de transformer l’entrée ouest de Sophia Antipolis avec un projet sur 150 000m² de surface de plancher. La ZAC a été créée par délibération du conseil municipal de Valbonne le 9 décembre 2011 sous la municipalité de Marc Daunis (1996-2016)…

Open Sky devient le Village de Sophia en 2020…

En 2015, le lancement de travaux préliminaires d’infrastructures et de desserte (voiries, accès), sont présentés comme le « top départ » opérationnel de la ZAC. En 2019, des associations annoncent un recours gracieux contre le projet Open Sky, en critiquant notamment son adéquation avec l’« urgence climatique » et les enjeux de pollution et de trafic. Après l’élection d’une municipalité écologiste à Valbonne, l’annulation pure et simple du projet devenait difficile en raison du coût des dédits, ce qui a conduit la commune à rechercher une renégociation avec le promoteur (Compagnie de Phalsbourg). Mais pour le maire, impossible de valider l’aménagement en l’état, jugé largement surdimensionné. Il demande et obtient un projet remanié : réduction de 25% des surfaces construites (par rapport à 100 000m² annoncés), baisse forte des surfaces commerciales (plafond indiqué à 38 000 m² contre 60 000m² prévus), et intégration d’un campus des métiers du numérique validé par l’Université Côte d’Azur, le tout avec dépôt d’un nouveau permis en instruction. C’est dans ce contexte que le projet est présenté comme un « lieu de vie » et qu’il est explicitement indiqué qu’il ne faut « plus l’appeler Open Sky », annonçant la bascule vers l’identité « Village de Sophia ».

Christophe Etoré : ne rien faire avec 14M€ de perte…

Porté donc par MM. Daunis et Etoré, maires respectifs de Valbonne de 1996 à 2016 pour le premier et de 2016 à 2020 pour le second, ce projet d’aménagement urbain fait encore couler beaucoup d’encre. Les visions des trois candidats au poste de maire pour 2026 sont quelques peu différentes. Pour Christophe Etoré, il était hors question que la Ville reprenne la maitrise d’ouvrage de la ZAC car cela aurait « bloqué » la question de la marbrerie des Clausonnes pour laquelle la Ville a été condamnée à verser 2M€, à payer les indemnités de licenciements des 25 salariés, et a solutionné le problème du stock de marbre soit une dépense estimée à 5M€. De plus, comment récupérer les 3M€ que la ville a prêté à la SPL Sophia ? Enfin, M. Etoré oublie que la perte des terrains que la commune a apporté à la ZAC à sa création afin d’en équilibrer le budget (évaluation entre 6 et 9 M€) occasionnerait au total une perte sèche pour la commune d’environ 14M€. Pour résumer, il ne faut rien faire car le risque est trop grand… Cela laisse la Ville fort dépourvue qui perdrait 14 M€.

Marc Daunis : une perte de près de 20M€…

Pour celui qui a accéléré le projet Open Sky, Marc Daunis, il fallait reprendre la direction de la ZAC afin d’y réaliser cet aménagement initial d’environ 150 000m² de surface de plancher. Les multiples expropriations (les portes de Sophia, BPR, ESSO, Cifréo Bona…) représentent une dépense de 29M€ pour continuer le projet et au final, un budget ZAC en déficit de 12 M€ en 2018… Ces sommes ont été un frein déterminant pour la SPL Sophia, faute de moyens. Les conséquences de ce choix auraient été l’absence de marge de manœuvre pour régler la question de la marbrerie des Clausonnes (pour laquelle la Ville a été condamnée à verser 2M€ + les indemnités de licenciements des 25 salariés + la question du stock de marbre soit 5M€). Là encore, il serait difficile de récupérer les 3M€ que la Ville a prêté à la SPL Sophia. Au final, la perte aurait pu s’élever à plus de 20M€ (12+5+3)…

Joseph Cesaro : une négociation exemplaire menée avec la CASA et le promoteur

Le maire sortant a opté pour la reprise de la maitrise d’ouvrage de la SPL Sophia au début 2021. Cela a permis à Joseph Cesaro de sauver 15 ha de la forêt du Fuguereit pour 99 ans et de relocaliser la marbrerie. La CASA a conservé un terrain. La négociation avec le promoteur s’est déroulée de concert avec le soutien du président de la CASA, Jean Leonetti. L’objectif était simple : ne pas donner l’occasion au promoteur de pouvoir réclamer des indemnités. La question de la marbrerie a été réglée avec une indemnité de 1,4M€ et la vente du terrain pour 1,7M€ soit une opération « blanche » pour les finances de la commune. Les biens expropriés mais non encore indemnisés ont été rendu à leur propriétaire respectif sans indemnisation. L’arrêt de la SPL en 2024 a été une liquidation à l’amiable, en concertation et d’un commun accord avec la CASA et a permis la récupération des terrains dont la SPL était propriétaire (dont ceux apportés par la commune de Valbonne). Aujourd’hui, le budget de la ZAC enregistre un déficit de 3M€ mais le promoteur doit payer 22M€ à la commune. La Compagnie de Phalsbourg a déjà versé 4M€ mais il en reste 18M€ à régler réévalué à 21M€ en 2025. Au final, cette opération devrait rendre la ZAC excédentaire d’une dizaine de millions d’euros.

La décision de la cour d’appel administrative de Marseille du 24 février 2026

La décision de la cour d’appel administrative de Marseille fin février 2026 confirme le blocage du projet dans sa version portée par un permis modificatif, en retenant notamment une problématique de validité/caducité des autorisations au cœur du contentieux. Les opposants soutenaient que les délais d’engagement des travaux et d’ouverture étaient dépassés (échéance évoquée : janvier 2024), tandis que le promoteur et la commune faisaient valoir que des contentieux antérieurs avaient suspendu ou prorogé les délais (échéance avancée : 2027). L’impact immédiat implique que le permis lié au centre commercial est rejeté en appel et le projet mis « à l’arrêt » dans sa forme actuelle. Le maire de Valbonne a refusé de signer le permis de construire modificatif du « Village de Sophia » principalement parce que, après l’avis défavorable de la CNAC (juin 2024), le projet n’avait plus l’“adossement” nécessaire en matière d’autorisation d’exploitation commerciale, ce qui rendait juridiquement le dossier trop fragile. La décision du 24 février 2026 a donc confirmé la légalité de l’arrêté du maire refusant le permis de construire modificatif. Pourtant, cela ne change rien à l’affaire. Le promoteur doit toujours une participation de 21M€ sur laquelle il s’est engagée par convention suite aux travaux du rond-point de la ZAC des Clausonnes, inaugurés en début 2026. Ce chantier était devenu vital pour la technopole de Sophia Antipolis qui se devait d’avoir une belle entrée de site. Cette réalisation a permis de décrocher l’organisation du congrès international des technopoles en octobre 2026 à Sophia. Nul doute que ce dossier n’a pas encore inscrit le mot « Fin » mais que l’arrêt du projet est bel et bien une réalité.

Pascal Gaymard

LAISSER UN COMMENTAIRE

Merci de poster votre commentaire
Merci d'entrer votre nom içi

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.