C’est une annonce tombée ce 5 mars 2026 qui ne surprendra personne, et pourtant elle a quelque chose d’émouvant. Peter Jackson recevra la Palme d’or d’honneur lors de la cérémonie d’ouverture du Festival, le 12 mai prochain. Il rejoint ainsi une lignée prestigieuse, en tant que récipiendaire de la plus haute distinction honorifique du Festival.
Une relation longue et symbolique avec Cannes
La relation entre Peter Jackson et Cannes est ancienne et chargée de symboles. Tout commence en 1988, lorsqu’un jeune cinéaste néo-zélandais quasi inconnu débarque au Marché du Film avec Bad Taste, un premier film de gore bricolé et audacieux, à des années-lumière des ors de la Croisette. Treize ans plus tard, il revient avec 26mn de rushes d’un projet colossal : l’adaptation des romans de Tolkien, réputée impossible. En mai 2001, face à une salle d’abord sceptique, les premières images du Seigneur des Anneaux balaient tous les doutes. Le reste appartient à l’histoire du cinéma : 17 Oscars, trois milliards de dollars de recettes, une révolution dans la fabrication des images. Aujourd’hui, Cannes salue cette trajectoire hors norme, celle d’un artisan passionné devenu l’un des architectes du blockbuster moderne, sans jamais renier ses instincts de cinéaste d’auteur.
Au-delà du blockbuster
Peter Jackson n’est pas qu’un technicien hors pair. De Créatures célestes à The Beatles : Get Back, ou encore King Kong, son œuvre témoigne d’une curiosité insatiable et d’un rapport au récit qui dépasse largement le cadre de la fantasy épique. Comme l’a formulé Thierry Frémaux : « il y a, dans l’histoire du cinéma, un avant et un après Peter Jackson ». À 64 ans, le réalisateur reçoit cette Palme d’or d’honneur avec l’humilité qui le caractérise. Cannes, dit-il, a toujours été une part significative de son parcours. On le croit volontiers.
Une soirée qui s’annonce magique
On peut déjà imaginer ce que le 12 mai aura d’un peu magique : sous les ors du Palais des Festivals, le Seigneur de la Terre du Milieu montera enfin les marches pour en recevoir la clé. Un moment qui promet d’être à la hauteur d’un parcours unique dans l’histoire du cinéma.
Mathilde Vignal













