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Alpes-Maritimes – Face au changement climatique, l’État dévoile une feuille de route ambitieuse pour sauver la forêt d’ici 2035

Couvrant près de 67 % du territoire départemental, la forêt des Alpes-Maritimes constitue l’un des patrimoines naturels les plus précieux de la Côte d’Azur. Mais elle est aujourd’hui fragilisée par l’aridification du climat méditerranéen, le dépérissement de certains peuplements, le risque accru d’incendies et les pressions exercées sur la biodiversité.

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À l’issue de plusieurs mois de concertation, le préfet Laurent Hottiaux a présenté la feuille de route des Assises de la Forêt, un plan stratégique à horizon 2035 articulé autour de quatre grands axes et dix actions opérationnelles destinées à protéger, renouveler et valoriser les massifs forestiers maralpins.

Une forêt omniprésente mais de plus en plus vulnérable

Dans les Alpes-Maritimes, la forêt n’est pas un simple décor. Elle façonne les paysages, protège les ressources en eau, limite l’érosion, capte le carbone et constitue un réservoir exceptionnel de biodiversité. Avec 67 % de la superficie départementale recouverte de massifs forestiers, le département figure parmi les territoires les plus boisés de France métropolitaine. Pourtant, cette richesse écologique est aujourd’hui confrontée à une mutation rapide liée au changement climatique.

L’aridification progressive du climat méditerranéen, l’augmentation des épisodes de sécheresse et des vagues de chaleur ainsi que l’intensification du risque incendie fragilisent durablement les écosystèmes forestiers. Le troisième Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC-3) souligne d’ailleurs que l’arc méditerranéen comptera parmi les territoires les plus exposés à la hausse des températures et aux événements extrêmes au cours des prochaines décennies.

Des Assises lancées pour construire une stratégie collective

Face à ce constat, le préfet des Alpes-Maritimes, Laurent Hottiaux, avait lancé le 13 février 2026 les Assises de la Forêt, avec une ambition claire : réunir l’ensemble des acteurs concernés afin d’élaborer une stratégie commune de long terme.

Pendant plusieurs mois, la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) a animé un vaste travail de concertation associant élus, établissements publics, professionnels de la filière bois, associations environnementales, représentants du tourisme et des activités de pleine nature.

Au total, 95 participants ont contribué aux travaux, représentant notamment l’Office national des forêts (ONF), le Centre national de la propriété forestière, le Parc national du Mercantour, des collectivités territoriales, des communes forestières, des associations de protection de la nature, la Chambre d’agriculture, la Fédération départementale des chasseurs ou encore l’Ordre des architectes.

Quatre ateliers pour répondre aux défis de demain

Les échanges se sont structurés autour de quatre grands ateliers techniques.

Le premier a porté sur la biodiversité et les services écosystémiques, c’est-à-dire les bénéfices que la forêt apporte quotidiennement à la société : purification de l’air, stockage du carbone, protection des sols ou régulation de l’eau.

Le deuxième s’est intéressé au renouvellement forestier dans un contexte marqué par le changement climatique et par la pression exercée par les ongulés sur la régénération naturelle des peuplements.

Le troisième atelier a travaillé sur la mobilisation des bois et l’organisation de la filière, afin de mieux valoriser une ressource encore insuffisamment exploitée localement.

Enfin, un quatrième groupe a réfléchi aux enjeux d’éducation à l’environnement et de communication, considérant que la préservation de la forêt passe également par une meilleure sensibilisation du grand public.

Une feuille de route structurée autour de quatre axes majeurs

À l’issue de cette concertation, une feuille de route à horizon 2035 a été élaborée autour de quatre axes stratégiques et de dix actions opérationnelles.

Le premier vise à renforcer la coopération entre les territoires et à mieux reconnaître les multiples services rendus par la forêt. Il prévoit notamment une solidarité accrue entre territoires interdépendants, une adaptation des réglementations concernant les projets susceptibles d’impacter les espaces forestiers ainsi qu’un renforcement des complémentarités entre gestion de l’eau et gestion forestière.

Le deuxième axe concerne le renouvellement des peuplements forestiers afin de mieux adapter les essences aux nouvelles conditions climatiques tout en retrouvant un équilibre entre forêt et faune sauvage, notamment face à la pression exercée par les ongulés.

Le troisième axe entend dynamiser la filière bois départementale en favorisant une exploitation durable et en recherchant un meilleur équilibre entre la ressource disponible et les besoins d’approvisionnement.

Enfin, le quatrième axe mise sur l’éducation environnementale et une communication commune afin de développer une véritable culture forestière auprès des habitants, des scolaires et des visiteurs.

Une gouvernance jusqu’en 2035

La feuille de route ne constitue pas un simple document d’orientation. Elle sera suivie par une gouvernance collégiale placée sous l’autorité de la Direction départementale des territoires et de la mer, associant l’ensemble des partenaires ayant participé aux Assises.

La version présentée le 12 juin pourra encore faire l’objet de quelques ajustements à la suite des échanges avec les différents acteurs avant la publication de sa version définitive prévue en septembre 2026, date qui marquera également le lancement des premières actions opérationnelles.

La forêt, un enjeu majeur pour la sécurité civile des Alpes-Maritimes

Au-delà de la biodiversité, la forêt constitue un élément essentiel de la sécurité du territoire.

Les Alpes-Maritimes font partie des départements particulièrement exposés aux incendies de végétation. La politique française de Défense des forêts contre les incendies (DFCI) repose notamment sur l’aménagement des massifs, les pistes d’accès, les réserves d’eau, les coupures de combustible et le débroussaillement afin de faciliter les interventions des secours.

Dans un département où les interfaces entre zones urbaines et espaces naturels sont nombreuses, la prévention devient un enjeu majeur de sécurité civile, particulièrement durant la période estivale.

Un patrimoine commun à préserver

En présentant cette feuille de route, Laurent Hottiaux a rappelé que la forêt constitue un bien commun dont bénéficient l’ensemble des Maralpins.

« Notre forêt est en danger. Elle est notre bien commun et nous devons la protéger. Cette feuille de route repose sur deux convictions : la forêt rend des services écosystémiques essentiels – qualité de l’air, qualité de l’eau, captation du carbone, prévention des risques naturels – et tous les territoires sont interdépendants. Tous les Maralpins en sont bénéficiaires ; tous, donc, en sont comptables. »

Cette déclaration traduit une évolution profonde des politiques publiques : la forêt n’est plus seulement envisagée comme un espace naturel ou une ressource économique, mais comme une infrastructure écologique indispensable à l’adaptation du territoire face au changement climatique.

Véronique La Rosa

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