Présentation en images de « L’histoire des communautés LGBQIA+ niçoises à voir dans l’expo « Nice Queer » du festival In&Out » par France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur :
Entre projections, expositions et performances, l’événement dépasse le cadre artistique pour interroger l’histoire, la mémoire et les combats contemporains de la communauté LGBTQIA+.
Un festival qui conjugue création et engagement
Depuis près de deux décennies, les Rencontres cinématographiques In&Out se sont imposées comme un pilier culturel à Nice. Porté par l’association Les Ouvreur(e)s, le festival défend une ligne éditoriale claire : faire du cinéma un outil de visibilité, de réflexion et d’émancipation. L’édition 2026 ne déroge pas à cette ambition. Avec cinquante-deux projections – longs métrages, courts et documentaires – elle propose un panorama riche et exigeant du cinéma queer contemporain. Un cinéma qui ne se contente pas de raconter des histoires, mais qui questionne les normes, bouscule les récits dominants et explore de nouvelles formes narratives. « Il faut compter avec nous et avec notre histoire », affirme Benoît Arnulf, directeur artistique du festival. Une déclaration qui résume l’esprit d’In&Out : rendre visible une mémoire longtemps marginalisée.
Une mémoire collective mise en lumière
Au-delà des salles obscures, le festival investit également d’autres espaces culturels de la ville. Au Le 109, une exposition intitulée Une histoire à écrire propose une plongée dans l’histoire de la communauté LGBTQIA+ à Nice. Des années sida aux mouvements militants, en passant par les lieux de fête et de sociabilité, l’exposition retrace une mémoire souvent absente des récits officiels. Elle s’inscrit dans une démarche participative, invitant le public à s’approprier cette histoire et à la prolonger. Projections, lectures, performances et rencontres viennent enrichir ce dispositif, transformant l’exposition en espace vivant. Une manière de rappeler que la mémoire n’est pas figée, mais en constante construction.
Le cinéma comme miroir des luttes contemporaines
Sur les écrans, les œuvres présentées témoignent de la diversité des expériences queer à travers le monde. Certaines abordent des thématiques brûlantes, comme l’exil de personnes fuyant des régimes réprimant l’homosexualité. D’autres explorent les représentations de l’identité à travers des formes artistiques innovantes. Le film d’animation The Eating of an Orange de May Kindred-Boothby illustre cette volonté de renouveler les codes. Le cinéma queer, ici, ne se contente pas de représenter : il expérimente, déconstruit, invente. Cette liberté formelle s’inscrit dans une tradition du cinéma indépendant, souvent en marge des circuits dominants, mais essentielle à l’évolution du langage cinématographique.
Une scène locale inscrite dans une dynamique globale
Si In&Out est profondément ancré à Nice, il s’inscrit aussi dans un réseau international de festivals dédiés aux cultures LGBTQIA+, à l’image de ceux organisés à Berlin, Toronto ou San Francisco. Selon le Centre national du cinéma et de l’image animée, ces manifestations jouent un rôle crucial dans la diffusion d’œuvres minoritaires et dans la reconnaissance de nouvelles voix artistiques. À Nice, cette dynamique prend une dimension particulière. Ville ouverte et touristique, elle offre un terrain propice à la rencontre des publics, tout en portant une histoire locale riche, que le festival contribue à valoriser.
Entre visibilité et pédagogie
L’un des enjeux majeurs d’In&Out réside dans sa capacité à toucher un public au-delà de la communauté concernée. En multipliant les formats et les lieux, le festival favorise la rencontre, le dialogue et la compréhension. « C’est pour faire prendre conscience aux gens qui ne sont pas de la communauté […] que nous sommes là depuis longtemps », souligne Benoît Arnulf. Une démarche pédagogique essentielle dans un contexte où les questions liées aux droits LGBTQIA+ restent au cœur des débats sociétaux.
Un festival qui dépasse le cadre artistique
Au fil des années, In&Out s’est affirmé comme bien plus qu’un festival de cinéma. Il est devenu un espace de réflexion, un lieu de mémoire et un vecteur de mobilisation. En articulant création artistique et engagement citoyen, il participe à une redéfinition du rôle des événements culturels. Ceux-ci ne sont plus seulement des vitrines, mais des acteurs à part entière des transformations sociales.
Nice, scène d’une culture en mouvement
À travers In&Out, Nice confirme son rôle de scène culturelle dynamique, capable d’accueillir des initiatives engagées et innovantes. Dans une époque marquée par les tensions identitaires et les recompositions sociales, le festival rappelle une évidence : la culture est un espace de dialogue, mais aussi de résistance. Jusqu’au 4 mai, les écrans niçois continueront de raconter des histoires singulières, nécessaires, parfois dérangeantes. Des histoires qui, ensemble, dessinent une autre manière de voir le monde.












