C’est au Centre Universitaire Méditerranéen (CUM) comme d’habitude, que de conseil a eu lieu avec d’interminables votes à bulletin secret d’abord du Président puis des 20 Vice-présidents.
108 suffrages sur 132 votants
Il n’y a eu qu’un seul candidat : Eric Ciotti. Les autres groupes de l’assemblée ont renoncé à présenter un candidat tant l’issue du scrutin était certaine. Et c’est avec 108 suffrages et 7 bulletins blancs qu’Éric Ciotti a été adoubé chef de cet exécutif. Derrière lui, son « ami de toujours, un homme de loyauté et de fidélité avec qui nous allons renforcer les liens entre la Métropole et le Département 06 ». A ses côtés, la députée Christelle d’Intorni, une autre fidèle parmi les fidèles d’Éric Ciotti sur les bancs de l’Assemblée Nationale. Au préalable, c’est le maire de Castagniers, Jean-François Spinelli, qui s’était installé dans le fauteuil du président car doyen d’âge de l’assemblée. Il a rappelé qu’il entamait son 9ème mandat, lui qui est maire de Castagniers depuis 1977 (49 ans de mandat). Il s’est dit « fier d’entamer cette ère du renouveau avec son ami Eric ». Assis à côté de son ami, Cédric Cirasa, Eric Ciotti a attendu le résultat d’un vote forcément sans surprise. C’est sous un tonnerre d’applaudissements, que le nouveau président à rejoint l’estrade et son fauteuil, attendant patiemment que Jean-François Spinelli termine son discours.
Des vice-présidences pour les 5 maires des plus grandes villes
Comme la semaine précédente à la mairie de Nice, Eric Ciotti s’est voulu rassembleur et pas du tout partisan, revanchard ou politique politicien. Il a tendu la main à tous avec en premier les 5 maires des 5 plus grandes communes de la Métropole, Cagnes-sur-Mer, Saint-Laurent-du-Var, Vence, Carros et La Trinité. Et si Bryan Masson, maire RN de Cagnes-sur-Mer est un proche tout comme Anne Sattonnet, maire de Vence, il n’en est pas de même de Joseph Segura, le maire Estrosiste de Saint Laurent ou Stéphane Revello (Carros) et Ladislas Polski (La Trinité), tous deux étant issus de la gauche. Le message est clair : « Fini les guéguerres politiciennes, place à la diversité des sensibilités ». Car l’esprit qui a présidé à la création de la Métropole, il y a 14 ans, « c’était nous rassembler pour travailler mieux ensemble ». Il a su trouver les mots qui rassurent : « Présider cette institution, c’est accepter d’en être le premier serviteur… C’est accepter d’être le premier de vos serviteurs ».
1ère décision : la vente du siège parisien de la Métropole
S’il se veut consensuel, il n’en oublie pas tout de même la « situation financière catastrophique de la Métropole qui est passé d’une dette de 828 M€ en 2008 à plus de 2,5 milliards d’euros en consolidée en 2026… C’est la somme que les générations futures devront rembourser, c’est la somme que nous devons résorber ». Et il sait où trouver des économies… Déjà, il faut montrer l’exemple. Dès lors, la rémunération des élus de la Métropole sera réduite d’un tiers. Il veut en finir avec tous les doublons de manifestations culturelles et sportives pour concurrencer le Département 06. Les événements de prestige seront aussi définitivement annulés tout comme le siège parisien de la Métropole qui a été immédiatement vendu, « un lieu qui nous coûtait 500 000 €/an, un argent qui sera réaffecté aux missions du CCAS envers nos aînés… Nous agirons avec prudence, intégrité et transparence et surtout par respect et humilité pour le contribuable ».
« le grand apaisement »
Eric Ciotti veut gouverner autrement pour un « fonctionnement apaisé de la Métropole ». Et d’insister sur le rôle des maires : « aucune administration ne se substituera aux maires qui ont eu la confiance de leurs administrés. Ma gestion ne sera pas celle d’un camp, encore moins celle d’un clan, nous écouterons avant de décider, nous rassemblerons avant d’agir, nous respecterons plutôt qu’exiger. Je prône un grand apaisement ». Les responsabilités seront plus équilibrées dans la Métropole avec une implication des élus de l’opposition, les 12 Estrosiens et les 4 élus de la Gauche. « Je tends la main à nos opposants ». Et de conclure ce chapitre en insistant sur la réhabilitation « du conseil des maires qui se réunira avant chaque conseil, qui sera une vraie instance de décision ».
Pascal Gaymard



Les réactions de l’opposition :
Patrick Allemand : « une vigilance de tous les instants »
Pour la gauche, c’est le socialiste, Patrick Allemand, qui a ouvert le feu. Le ton volontairement grave, il parle de tournant historique avec l’arrivée de l’extrême droite à la tête de l’une des plus grandes Métropole de France ». Et d’insister « sur une rupture profonde avec 12 élus (sur 132) du RN à la Métropole » ce qui pour lui appelle « à une grande responsabilité et à une vigilance de tous les instants ». C’est la guerre ! Mais l’élu ne s’arrête pas là, il pousse son raisonnement encore plus loin : « c’est l’idéal républicain de liberté, d’égalité, de fraternité que nous avons le devoir de défendre ». Sans doute fait-il allusion aux maires qui ont perdu leur mairie face à des candidats LFI et qui ont été humiliés, crachés dessus, insultés, maltraités, menacés pour des hordes sauvages déchainées… Puisque « rien ne doit être banalisé » et de faire référence à des affichettes xénophobes ou à des violences contre des manifestants de gauche qui, au lendemain de l’élection d’Eri Ciotti, s’étaient rassemblés pour ne pas accepter le verdict des urnes… Et d’en appeler à leur programme où tout doit être gratuit, « transports, mobilité, logement, services publics, des dossiers prioritaires ». La même gratuité revendiquée par…LFI…
Pierre-Paul Leonelli : « chaque maire doit être respecté »
D’emblée, il tient à s’opposer à la Gauche et aux propos de Patrick Allemand : « à la différence de nos collègues de gauche, nous estimons qu’il est indécent de faire des inventaires voire de lancer des procès d’intention ». Il assure que son groupe s’inscrira « dans une démarche d’expression responsable prêts à travailler de manière constructive pour le bien de notre territoire métropolitain en soutien aux maires ». Il insiste : « il est impératif que la voix de chaque maire, élu par ses concitoyens (surtout à St Laurent), soit entendue car chacun porte des besoins et des aspirations qui méritent toute notre attention. Nous devons veiller à ce que notre Métropole ne devienne pas un champ de bataille politicien ». Pierre-Paul Leonelli a une mémoire sélective ou sinon il est touché d’amnésie. Est-ce bien lui qui avec Christian Estrosi avaient exigé des maires qu’ils signent une charte comme un blanc-seing sur sa gestion et s’ils refusaient, et certains l’ont fait, ceux-ci ont perdu leurs délégations. Il fallait aussi qu’ils adhérent à un nouveau parti du président Estrosi, le Rassemblement Républicain, le parti de Jacques Médecin dont l’œuvre a été détruite (Théâtre de Nice et Acropolis) par le même Estrosi !
Ladislas Polski : « j’accepte votre main tendue »
Pour le chevènementiste de La Trinité, Ladislas Polski, il assure : « j’aurai pu me contenter de commentaires acerbes sur les bancs de l’opposition mais j’ai été élu pour défendre les habitants de La Trinité ». Dès lors, « j’accepte votre main tendue même si nous n’avons pas les mêmes idées politiques. Pour défendre nos dossiers au premier rang desquels, la Ligne 5 du tramway, pour des projets dont les enjeux dépassent les limites de nos vies ». Cela tombe bien, il a été nommé 9ème vice-président, déléguée à l’aménagement de la Vallée du Paillon et à la ligne 5 du tram. De tous les intervenants, il a été (comme souvent) le plus juste dans ses propos ce qui l’honore. Après ces trois interventions, le président a refusé d’entrer « dans la polémique ridicule de l’extrême droite » avec Patrick Allemand. Il a salué « la mesure » de Pierre-Paul Leonelli et lui à nouveau « proposer de travailler ensemble comme nous l’avons fait par le passé ». Quant à Ladislas Polski, il a salué « son attitude responsable ».
Les 4 défis d’Éric Ciotti : « Agir avec bon sens et cœur »
Lors de son intervention, le président de la Métropole Nice Côte d’Azur a listé 4 grands défis pour ce mandat.
Il s’agit de l’EMPLOI, des MOBILITÉS, du LOGEMENT et de la COHÉSION SOCIALE, et enfin de la RÉSILIENCE.
1er défi : l’EMPLOI et le développement économique
« C’est un moteur indispensable qu’il faut privilégier » assure Eric Ciotti. Il tient à respecter l’adage : « Je dis ce que je fais et je fais ce que je dis ». La décrue fiscale tant pour les entreprises que pour les ménages sera une réalité : « Je baisserai la Taxe d’Enlèvement des Ordures Ménagères (TEOM) et j’annulerai l’augmentation de la Taxe foncière de 2024 lors du prochain conseil municipal du 24 avril prochain ». Applaudissements nourris de l’assemblée. « Nous avons besoin de moins de normes, d’entraves, de règles et plus de libertés ». A ce sujet, le Plan Local d’Urbanisme (PLU) sera modifié pour le rendre « plus simple, lisible, compréhensible avec des Permis de Construire plus rapides, moins de bureaucratie ». Le tourisme d’affaire sera « une priorité, la destruction de l’Acropolis a été un drame ». Quant aux JO, « nous avons vocation de les accueillir » (il recevra Edgar Grospiron ce lundi en mairie). Il veut aussi en finir avec le chaos de la plaine du Var, transférer le MIN à La Gaude et faire un grand quartier d’affaire à l’image de celui de la Défense. Enfin, il a réaffirmé le soutien aux stations de ski touchées par le changement climatique.
2ème défi : les MOBILITES
« Nous devons faciliter les déplacements sur trois fronts parallèlement » : le routier en connectant la voie Mathis à l’A8, en rouvrant l’entrée Ouest à l’A8 tout comme cela sera fait avec la 202 Bis et l’échangeur de Saint-Laurent-du-Var, indispensable au MIN, la suppression du péage de St Isidore « car nous sommes le seul périphérique de contournement payant de France ». Le rail avec « l’accélération de l’arrivée du TGV à Nice mais aussi un RER sur la rive droite du Var comme un métro entre Nice et Monaco ». Enfin, le tram avec les lignes 4 de Nice à Cagnes et 5 pour la vallée du Paillon, « sachant que ce seront les maires qui décideront ».
3ème défi : le LOGEMENT et la COHESION SOCIALE
« Nous allons engager un plan massif de vente des immeubles de Côte Azur Habitat situés en dehors du périmètre de la Métropole. Cela devrait nous rapporter plus de 400 millions d’€ ». Des contacts positifs ont été pris avec les maires de l’Ouest et de l’Est. « Ces 400 M€ seront réinvestis dans des logements neufs, pour actifs, social tout en rénovant le parc social de Côte Azur Habitat, particulièrement insalubre par endroits ».
4ème défi : la RESILIENCE
« Nous sommes une terre bénie des dieux mais avec des risques certains ». Eric Ciotti fait référence notamment à la tempête Alex d’octobre 2020 qui a fait 10 morts et 8 disparus. « La reconstruction de nos vallées sera notre priorité absolue. Nous allons rattraper notre retard notamment dans la vallée de la Vésubie ». Il a pris comme exemple le contournement de Lantosque « où il ne faut que 2 mois de travaux ». Il a évoqué aussi le Sanctuaire de la Madone des Fenestres « que nous devons à nouveau rendre accessible, un lieu si important pour notre identité ».
Et de conclure en parlant de deux guides essentiels de son action : « le bon sens et le cœur ».
- Les 20 vice-présidents de la Métropole Nice Côte d’Azur et leurs délégations
- 1. Bryan Masson
Coordination des politiques métropolitaines et aménagement du territoire. - 2. Françoise Souliman
Logement et relations avec les services de l’État. - 3. Pierre Ippolito
Transformation et réforme métropolitaine, enseignement supérieur, développement économique et aménagement de la plaine du Var. - 4. Joseph Segura
Activités portuaires et maritimes. - 5. Anne Sattonnet
Politique de la ville et renouvellement urbain. - 6. Jean-Marc Governatori
Transition écologique, énergie, plan alimentaire territorial et covoiturage. - 7. Xavier Beck
Contractualisation avec l’État et les collectivités locales.
8. Bertrand Gasiglia
Voirie métropolitaine.
9. Ladislas Polski
Aménagement stratégique et économique de la vallée du Paillon autour de la ligne 5.
10. Anaïs Tosel
Eau et assainissement. - 11. Stéphane Revello
Numérique, innovation et développement de la zone d’activité de Carros. - 12. Antoine Véran
Agriculture et montagne.
13. Laëtitia Loré
Ruralité et reconstruction des vallées.
14. Pascale Guit Nicol
• Insertion, formation professionnelle et apprentissage. - 15. Martine Barengo-Ferrier
Patrimoine et bâtiments métropolitains. - 16. Colette Fabron
Développement économique des stations de montagne. - 17. Olivier Riquier
Prévention, risques majeurs. - 18. Laurent Merengone
Mobilités et transports. - 19. Cédric Cirasa
Collecte, valorisation des déchets et propreté. - 20. Marie-France Cesari
Urbanisme et foncier.













