Par Pascal Gaymard – Photos Dominique Maurel

Mercredi 13 Mai 2026

Pas le temps de se poser de questions sur ce que Park Chan Wook a pu dire en Coréen à l’ouverture, le Festival s’est emballé dès le premier jour avec la « Leçon » de cinéma de Sir Peter Jacksn, interrogé par Didier Allouche qui a joué le rôle de modérateur…

Peter Jackson, humble et passionné

Il a livré quelques « secrets » comme son rêve d’être « photograveur », sa première à Cannes avec un badge où il a été viré car en short, ses incertitudes sur le tournage de la trilogie du Seigneur des Anneaux où « j’ai fait semblant car tout le monde attendait sur le plateau mes prises de décisions ». Il a évoqué sa complicité avec son comédien, Elijah Wood, présent dans la salle, avec lequel « j’ai passé des fois plus de 9h par jour… pur trouver la bonne scène. Il était jours souriant et fourmillait d’idées… Une vraie source d’inspiration ! ». C’est en voyant KING KONG qu’il a eu envie de faire du cinéma. Il a confirmé en toute fin de rencontre, qu’il serait le metteur en scène du prochain TINTIN en remplacement de Steven Spielberg et qu’il était, il y a encore quelques minutes, sur l’écriture du scénario. Peter Jackson, l’humilité même et toujours le même émerveillement d’un gosse.

QUELQUES JOURS à NAGI : Décevant…

Autre décor, les grands paysages de Nagi par le réalisateur Japonais, Koji Fukada, splendides et propres aux introspections sous forme de remise en question d’une vie. Deux femmes se retrouvent, elles se sont aimées, peuvent-elles recommencer ? En ont-elles envie ? Le peuvent-elles ? Au milieu, deux adolescents qui eux aussi découvre l’amour au masculin/masculin… L’homosexualité s’annonce comme l’un des grands thèmes de cette 79e édition. Mais ces deux histoires semblent bien longues, répétitives et sans suspense tant on devine la fin bien avant l’écran noir du générique… Reste Shizuka Ishibashi aussi lumineuse à l’écran qu’elle ne l’a été lors de sa montée des Marches dans sa belle robe lamée argentée. Et oui, Cannes, c’est aussi du glamour et du beau, n’en déplaise à certains ou certaines…

LA VIE D’UNE FEMME : Léa Drucker & Mélanie Thierry

Elle est chirurgienne et responsable de service de réparation faciale, c’est Léa Drucker toujours aussi inspirée et incarnée que lorsque qu’elle jouait un bœuf carotte dans DOSSIER 137 de Dominik Moll qui lui avait valu un 2ème César de la Meilleure Actrice… Elle est romancière et veut écrire un livre sur cette femme qu’elle admire, c’est Mélanie Thierry, toujours solaire aussi charismatique et excitante que dans LA CHAMBRE DE MARIANA où elle jouait une prostituée au grand cœur, protégeant un enfant juif… Toutes les deux vont se reconnaître, s’aimer, s’adorer… Mais ce sont deux tempéraments opposés : la première veut tout maîtriser, organiser, contrôler ; l’autre est une aventurière qui veut vivre l’instant présent, libre comme l’air alors que l’autre est mariée, envoûtante comme peut l’être les femmes que rien ne semble pouvoir arrêter lorsqu’il s’agit d’assouvir ses désirs. Choc de culture, choc d’ambition, choc de peaux surtout. Charline Bourgeois-Tacquet nous livre un très beau portrait de deux femmes qui s’aiment au féminin-féminin. Un film qui pourrait très bien être au Palmarès…

L’ABANDON : Le film événement sur la décapitation de Samuel PATY…

D’emblée, tous les Festivaliers avaient coché ce film comme étant un événement à ne pas rater. Vincent Garenq, en toute discrétion, avait entrepris le tournage sur le drame de ce professeur d’Histoire-Géo qui a été décapité par un terroriste islamiste, gavé aux réseaux sociaux. La mort de Samuel Paty est un ABANDON collectif où tout le monde est coupable, l’éducation nationale qui n’a pas su protéger l’un de ses professeurs, harcelé sur les réseaux sociaux par un père qui ne peut croire que sa fille ment, et par un fichier S qui se dit représentant des Imams de France et qui n’est qu’un crétin islamisé voulant en découdre avec le pays qui l’a accueilli. Tous les deux sont grisés par la subite notoriété que leur donne leurs vidéos assassines. La police qui n’a pas pris la mesure du danger et qui s’est laissé manipulée par peur de déplaire au pouvoir, à toute la chaîne de responsabilité politique, judiciaire et renseignement qui n’a pas pris au sérieux les menaces proférées sur les réseaux sociaux à de nombreuses reprises. Tous ont voulu qu’il s’excuse d’avoir appliqué le programme avec du matériel pédagogique recommandé et au programme.  Jusqu’à ces collègues dans son propre établissement qui se désolidarisent de leur confrère par peur de représailles… Ce sont peut-être les pires car les plus lâches… Antoine Reinartz est un clone physique de Samuel Paty tant il lui ressemble. Quant à Emmanuelle Bercot, elle campe une cheffe d’établissement qui a compris avant tout le monde, la gravité de la situation. Espérons comme l’a souhaité le réalisateur, Vincent Garenq, à la fin des 20mn de standing ovation au Grand Théâtre Lumière que ce film soit montré dans le plus grand nombre de collèges et de lycées pour qu’une prise de conscience des dangers de l’islamisme soient bien réelle à l’avenir. Espérons que le courage revienne dans l’éducation nationale avec l’analyse systématique des caricatures de Mahomet qui fera « revivre » les dessinateurs de Charlie Hebdo qui ont payé leur audace et leur Art avec leur propre sang… Un film utile, pédagogique et essentiel ! Bravo à Thierry Frémeaux de l’avoir montré même si nous aurions préféré le voir en Compétition officielle…

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