La vigilance sanitaire monte encore d’un cran en France autour du foyer d’hantavirus détecté sur le navire d’expédition MV Hondius. Trois personnes identifiées comme cas contacts, dont une habitante de Juan-les-Pins, sont désormais hospitalisées à l’IHU Méditerranée Infection. Toutes ont été transférées depuis les Alpes-Maritimes dans le cadre d’un protocole exceptionnel renforcé. Si aucun des cas contacts français n’a été testé positif à ce stade, les autorités sanitaires veulent éviter tout risque de transmission d’un virus rare mais potentiellement mortel.
Une habitante de Juan-les-Pins transférée sous haute surveillance à Marseille
L’affaire du MV Hondius continue de provoquer une onde de choc sanitaire jusque dans le sud de la France. Selon plusieurs sources concordantes, confirmées notamment par La Provence et France 3 Provence-Alpes, trois personnes sont actuellement prises en charge au sein de l’IHU Méditerranée Infection, centre national de référence spécialisé dans les maladies infectieuses et vectorielles.
La première patiente transférée est une habitante de Juan-les-Pins, âgée d’une trentaine d’années. Elle a été prise en charge mardi 12 mai par le SAMU avant son transfert à Marseille dans des conditions sanitaires particulièrement strictes. Cette femme faisait partie des passagers ayant emprunté le vol reliant Johannesburg à Amsterdam, dans lequel se trouvait également la croisiériste néerlandaise contaminée par le hantavirus et décédée par la suite.
Placée à l’isolement dans une chambre à pression négative — dispositif empêchant toute sortie de l’air de la pièce — la patiente ne présenterait pour l’instant aucun symptôme clinique.
Deux autres cas contacts placés en « quarantaine renforcée »
Deux autres personnes, âgées d’une vingtaine d’années, ont ensuite été admises mercredi au sein de l’IHU marseillais.
Selon les informations communiquées par les autorités sanitaires, ces deux individus sont considérés comme des cas contacts directs de la jeune femme transférée depuis Antibes-Juan-les-Pins. Le lien exact entre eux n’a pas été précisé publiquement. Tous trois font désormais l’objet d’une « quarantaine renforcée », conformément au durcissement du protocole sanitaire décidé par le gouvernement français après la détection du premier cas positif sur le territoire national.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé un suivi extrêmement strict de l’ensemble des personnes exposées. Le temps maximal théorique d’incubation du virus des Andes étant actuellement estimé à quarante-deux jours, les autorités souhaitent maintenir un isolement prolongé afin de prévenir toute chaîne de transmission.
Tous les cas contacts français testés négatifs à ce stade
Malgré l’inquiétude grandissante, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a tenu à rassurer publiquement. Dans un message publié sur le réseau X, elle affirme que « la totalité des cas contacts présents en France ont tous été testés négatifs, sans exception ».

Au total, vingt-six personnes identifiées comme cas contacts sur le territoire français font actuellement l’objet d’un suivi médical renforcé. Toutes continueront à être testées trois fois par semaine.
Les autorités sanitaires ont toutefois décidé de ne plus communiquer systématiquement les résultats négatifs, sauf en cas de nouveau test positif. Selon le ministère de la Santé, les travaux scientifiques coordonnés par Santé publique France, INSERM et ANRS Maladies infectieuses émergentes permettent désormais « d’exclure toute contamination antérieure d’autres personnes à ce stade ».
Une seule personne officiellement infectée en France
À ce jour, une seule personne porteuse du hantavirus des Andes a été identifiée sur le territoire français. Il s’agit d’une passagère sexagénaire rapatriée du MV Hondius, actuellement hospitalisée à l’Hôpital Bichat-Claude-Bernard dans le service des maladies infectieuses.
Son état de santé est décrit comme grave. Cette patiente constitue aujourd’hui le principal sujet de préoccupation des autorités sanitaires françaises.
Le virus des Andes, une souche rare et particulièrement surveillée
Le foyer épidémique détecté à bord du MV Hondius concerne une souche très spécifique du hantavirus : le virus des Andes. Contrairement à la majorité des hantavirus connus dans le monde, cette variante sud-américaine possède une particularité redoutée par les infectiologues : elle peut se transmettre entre humains lors de contacts rapprochés et prolongés.
L’Organisation mondiale de la santé continue néanmoins de considérer le risque de propagation massive comme faible. Les spécialistes rappellent que ce virus ne possède pas le même potentiel de diffusion aérienne que le Covid-19 ou la rougeole. Mais sa dangerosité intrinsèque reste élevée.
Le taux de létalité du virus des Andes est estimé entre 30 et 40 % dans les formes sévères.
Un précédent sanitaire qui ravive les souvenirs du Covid
La gestion de cette crise sanitaire réveille forcément de nombreux souvenirs de la pandémie de Covid-19 : Isolements prolongés, chambres à pression négative, transferts spécialisés du SAMU, suivi des cas contacts, tests répétés : toute l’architecture française de gestion des risques biologiques majeurs a été réactivée.
À Marseille, les équipes médicales de l’IHU travaillent désormais sous surveillance constante afin d’anticiper le moindre symptôme. Et même si les autorités insistent sur l’absence de contamination détectée parmi les cas contacts français, la prudence reste absolue, car dans ce type de crise sanitaire, les infectiologues le répètent : ce sont souvent les premiers jours qui déterminent la suite de l’épidémie.
La Rédaction













