En fait, la manœuvre ne visait que les socialistes et les élus LR pour qu’ils ne puissent plus voter la censure et que le gouvernement Lecornu se maintienne ainsi au pouvoir.
Lecornu brandit la menace d’une dissolution…
Rappelons que l’article 49.3 de la Constitution permet au gouvernement de faire adopter un texte sans vote, sauf si une motion de censure est déposée et adoptée… Sous Elisabeth Borne, 1er ministre, l’utilisation du 49.3 était devenue une habitude. Cette pratique devenue courante met en lumière les limites du débat parlementaire. Le PS et LR, eux, ont adopté une attitude prudente pour préserver leurs mandats ministériels et parlementaires prétextant qu’il vaut mieux un mauvais budget que pas de budget du tout… et de ce fait, éviter une crise institutionnelle pourtant bien présente. Lecornu en est même venu à brandir la « sanction » du retour aux urnes, donc d’une nouvelle dissolution de l’Assemblée Nationale… Belle pratique visant à ce que tout le monde rentre dans le rang. C’est digne d’un ministre des Armées, il ne faut pas qu’une tête ne dépasse, Lieutenant Lecornu !
PS et LR à la soupe…
Du côté des partis dits d’opposition mais qui se sont ralliés au bloc central macronien, le Parti socialiste comme Les Républicains se sont pliés avec tout de même de beaux « succès » pour les élus PS qui ont eu la peau de la réforme des retraites pourtant annoncée par le président lui-même, comme indispensable à la France, n’est-ce pas Elisabeth Borne qui a dû avaler son chapeau ? Alors, il y a bien quelques critiques ici et là au PS mais rien de rédhibitoire. En revanche, au sein des Républicains, c’est la cacophonie. Le président du parti, Bruno Retailleau avait appelé à voter la censure au gouvernement mais le revanchard patron des députés LR à l’Assemblée Nationale, Laurent Wauquiez, a « désobéi » et a soutenu les 6 ministres LR toujours en fonction chez Lecornu… Impossible pour les députés LR de revenir aux urnes, ils ont trop peur de perdre leurs mandats… tout comme les socialistes, « chassés » sur leurs terres par leurs ex-alliés devenus ennemis de LFI…
Une pratique pas vraiment démocratique
Est-ce une victoire à la Pyrrhus ? Pour mémoire, la candidate PS lors des dernières élections présidentielles n’avait « rassemblé » que 1,7 % des voix au 1er tour, alors que son homologue LR, Valérie Pécresse, n’avait guère fait mieux avec 4,6 % au 1er tour… Dans ces conditions, ces deux partis pourraient le payer très cher lors des prochaines échéances électorales. Les deux années qui précédent l’élection présidentielle vont être riches en rendez-vous électoraux… Qui pourra dire que ces deux partis n’ont pas participé à la déliquescence macroniste du pays ? Qui sera comptable du bilan ? Emmanuel Macron est le président le plus impopulaire de la Vème République… Le PS et les LR sont sans doute monter sur le Titanic, on sait comment l’histoire s’est finie…
Pascal Gaymard












