Laurent Wauquiez : “Parce que je suis Français, je suis Européen ! »

Les Républicains ont tenu leur congrès national à Menton dans les Alpes-Maritimes pour la première de Jean Leonetti en tant que vice-président du mouvement de la droite présidé par Laurent Wauquiez.

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Tout le monde l’avait dit : « A Menton, Les Républicains vont se déchirer ! », un peu à l’image des congrès du PS de la grande époque, quand ce parti avait encore un avenir… Pour Les Républicains, tout semble aller pour le mieux. Le grand pardon était au rendez-vous autour de ce rassemblement où l’Europe a été au cœur de tous les débats, de quoi en oublier les querelles de personnes pourtant nombreuses. Prenons un exemple, Valérie Pécresse qui a créé son mouvement « Libres ! » a fait un bref passage de moins d’une heure mais elle est venue… Idem pour le maire de Nice, Christian Estrosi et sa « France Audacieuse », lui aussi avait tenu à faire le déplacement restant fidèle (pour l’instant) à sa famille politique. Il a été bien accueilli par un Laurent Wauquiez, qui a fait taire les quelques huets. Le leader des Républicains était visiblement ravi d’avoir rassemblé toutes les tendances pour un congrès qui lance la campagne des Européennes. Après, c’est aussi Jean Leonetti qui a usé de toute son influence pour que tout le monde soit là, au Palais de l’Europe de Menton, ça ne s’invente pas. Les orateurs ont tous éreinté Emmanuel Macron taxé de vieux fédéraliste obsolète, de créateurs d’impôts, d’attiser le communautarisme et d’encourager les flux migratoires, de ne pas vouloir d’une préférence communautaire préférant une mondialisation ouverte… A chaque référence à Nicolas Sarkozy, la salle qui affichait complet exultait. Pour afficher leur unité, les leaders de la droite républicaine ont fait appel à une figure tutélaire, Simone Veil.

Les 7 grands thèmes pour l’Europe
Et force est de constater que les différents orateurs se sont entendus autour de 7 thèmes, la charpente du projet européen des Républicains : des frontières sures, aucun élargissement, la préférence européenne, le refus de la concurrence déloyale, moins de normes, plus de coopération sur les grands projets, et le respect des racines européennes tant grecques que chrétiennes. Mais le maître mot de ce congrès et la ligne forte de la campagne européenne à venir sera sans conteste, la protection, celle des citoyens européens contre les extrémismes professant la sortie de l’Euro et contre les fédéralistes absolus qui nient toute identité européenne. Participer et construire, voilà les deux autres termes formant une trilogie avec la protection. Car l’Europe est fragile et peut disparaître sous les coups de butoir des nationalistes et des populistes… « Répondre aux aspirations des peuples, promouvoir l’innovation comme l’intelligence artificielle et pourquoi pas demain un vaccin contre la maladie d’Alzheimer… », voilà bien l’une des lignes de la journée édictée par Jean Leonetti. Gérard Larcher qui n’avait pu être présent, a parlé « de refonder l’Europe qui est en panne ». Pour la première fois, le patron du groupe PPE au Parlement Européen, Joseph Dolle, était à un congrès de son parti… Il a estimé qu’il fallait parler avec les autres pays qui prétendent entrer dans l’Union sans pour cela élargir encore plus. Il a évoqué aussi la nécessité d’un budget européen… Eric Ciotti de son côté a beaucoup insisté sur les sujets clés que sont l’immigration, la sécurité et la lutte contre le terrorisme.

« Etre toujours fidèles à nos engagements »
Enfin, en fin de congrès, Laurent Wauquiez est revenu sur la crise migratoire « qui peut être mortelle pour l’Europe », le choix de Menton n’étant pas le fruit du hasard… Il a dénoncé l’extrême complexité des normes européennes qui ne sont plus audibles par les citoyens. Il a aussi exhorté les Européens à se rallier à l’idée d’un bouclier indispensable face aux attaques de la Chine et des Etats-Unis. « Nous n’avons jamais eu autant besoin de l’Europe alors qu’il na jamais été autant décrié… Et ce n’est pas l’arrogance d’un certain Macron qui est de nature à rassurer les peuples. Je n’ai pas changer de convictions sur l’Europe comme sur d’autres sujets, je les ai écrites il y a 5 ans dans un livre qui est toujours d’actualité, être fidèle à nos engagements, c’est une nécessité ! ». Et d’ajouter : « L’Europe est au bord du gouffre, Macron nous propose de faire un pas en avant ! ». Il a martelé ses trois priorités : « faire face au défi migratoire en interceptant les bateaux au départ et en reconduisant les migrants sur les côtes africaines de la méditerranée où des centres d’accueil devraient être créés et pas en Europe comme le propose Macron, instaurer sur le plan économique la préférence communautaire comme l’avait voulu les pères fondateurs de l’Europe avec le charbon, et être fier de ses racines culturelles et de civilisation, que l’homme occidental arrête de se mépriser, et qu’il retrouve un nouveau souffle autour de grands projets et d’une grande ambition : sauver l’Europe ». Et de conclure : « Je suis Français et Européen, et c’est parce que je suis Français que je suis Européen ». A Menton, la Droite républicaine s’est remise en ordre de marche, l’avenir nous dira si les intentions ont été suivies de faits…

Pascal Gaymard