Dans un contexte de recomposition des équilibres entre littoral et arrière-pays, l’élu affirme une ligne claire : faire de la ruralité une force stratégique et non un territoire en retrait.
Une réélection massive pour un leadership consolidé
Le vote ne laisse guère de place à l’ambiguïté. En recueillant une majorité absolue de 48 suffrages sur 53, Charles Ange Ginésy s’inscrit dans une continuité politique forte à la tête de Communauté de communes Alpes d’Azur. Une reconduction qui dépasse la simple formalité institutionnelle : elle acte la solidité d’un projet engagé depuis plus d’une décennie dans le Haut et Moyen pays. Face aux élus des 34 communes membres, le président a immédiatement donné le ton d’un mandat qu’il veut à la fois exigeant et offensif : « La ruralité n’est pas un angle mort, c’est une force vive ». Une formule qui résume à elle seule l’orientation politique d’un territoire longtemps perçu comme périphérique.
D’une fusion contrainte à un territoire structuré
Créée en 2014 dans le cadre des recompositions intercommunales, Communauté de communes Alpes d’Azur est née de la fusion de plusieurs entités aux trajectoires distinctes. Une construction initialement fragile, marquée par des disparités géographiques, économiques et démographiques. Douze ans plus tard, le bilan revendiqué par l’exécutif est celui d’une transformation profonde. Sous l’impulsion de Charles Ange Ginésy, l’intercommunalité s’est dotée d’une gouvernance de proximité, structurée autour des réalités des vallées et d’une logique d’action territorialisée. Ce changement de paradigme repose sur une conviction désormais centrale : l’arrière-pays ne doit plus être considéré comme une marge, mais comme un espace d’innovation et d’équilibre face à la pression du littoral azuréen.
Une nouvelle équipe pour un mandat d’action
La réélection s’accompagne d’un renouvellement partiel de l’exécutif. L’assemblée intercommunale, composée de 53 élus, s’appuie désormais sur une équipe élargie de 15 vice-présidents, issus des différentes vallées et aux profils complémentaires. Parmi eux figurent notamment Pierre Corporandy, Jean-Paul David, Nicole Bertolotti, Arnaud Prigent, Marie-Amélie Ginésy ou encore Francis Moya, aux côtés de Danielle Chabaud, Vincent Giobergia, Jocelyne Baruffa, Gilbert Martinelli, Jean-Pierre Audibert, Anthony Salomone, Nicolas Donadey, Jean-Pierre Castiglia et Bernard Briquetti. Leurs délégations doivent être précisées dans les prochaines semaines, mais leur désignation traduit déjà une volonté d’équilibre territorial et politique. Cette gouvernance élargie se veut le reflet d’une intercommunalité qui entend décider « pour elle-même », en assumant pleinement ses choix et ses priorités.
La gestion des déchets, premier test du mandat
Parmi les dossiers jugés prioritaires, la gestion des déchets apparaît comme le premier chantier structurant de ce nouveau mandat. En lien avec UNIVALOM, l’objectif affiché est ambitieux : réduire de 15 % les déchets ménagers d’ici 2030. Au-delà des chiffres, ce cap traduit une volonté d’adapter les politiques environnementales aux spécificités d’un territoire rural et de montagne, où les contraintes logistiques et les coûts de collecte sont particulièrement élevés. Il s’agit également d’inscrire Alpes d’Azur dans une dynamique conforme aux orientations nationales et européennes en matière de transition écologique et d’économie circulaire.
Trois priorités pour structurer l’avenir
Le mandat qui s’ouvre repose sur une feuille de route articulée autour de trois axes majeurs. D’abord, le renforcement des services publics de proximité, avec un accent mis sur la mutualisation, la présence humaine et le développement du numérique. Dans un contexte de raréfaction des services en zone rurale, l’intercommunalité entend jouer un rôle de rempart. Ensuite, l’attractivité du territoire constitue un enjeu central. Il s’agit de favoriser l’installation de nouveaux habitants, de soutenir le développement économique et d’adapter les mobilités aux contraintes des vallées. Une stratégie pensée comme une réponse au déclin démographique qui menace certaines communes de l’arrière-pays. Enfin, la rigueur budgétaire est revendiquée comme un levier d’investissement. L’objectif affiché consiste à maintenir une gestion saine tout en finançant des projets concrets : rénovation énergétique, équipements publics, soutien aux écoles. Une ligne de crête entre discipline financière et ambition territoriale.
Un territoire reconnu à l’international
Preuve du rayonnement croissant d’Alpes d’Azur, le territoire accueillera du 16 au 18 juin prochain le congrès international des Réserves internationales de ciel étoilé à Valberg. Cet événement se tiendra dans la future Maison départementale de l’environnement et de l’observatoire, consacrant les efforts engagés pour la préservation du ciel nocturne. Cette reconnaissance internationale illustre la capacité du territoire à valoriser ses ressources naturelles et à s’inscrire dans des réseaux d’excellence, au croisement du tourisme durable, de la recherche et de la sensibilisation environnementale.
« Ici, on ne subit pas, on agit » : une ligne politique affirmée
Dans une prise de parole au ton volontariste, Charles Ange Ginésy a insisté sur la portée de ce quatrième mandat :
« Ce quatrième mandat est une responsabilité immense. Je sais le poids des attentes, l’immensité des défis, mais aussi la force de notre unité. Depuis 2014, nous avons transformé une intercommunalité née d’une fusion contrainte en un territoire d’excellence. Aujourd’hui, je veux porter plus haut encore notre ambition. Notre ruralité n’est pas un angle mort de la République. Elle est le symbole d’une vitalité qui refuse la fatalité. Ici, on ne subit pas, on agit. » Derrière cette déclaration, une stratégie politique se dessine clairement : affirmer l’autonomie et la capacité d’initiative des territoires ruraux face aux dynamiques métropolitaines.
Une ruralité en quête de reconnaissance durable
Au moment où les fractures territoriales restent au cœur du débat public, la trajectoire d’Alpes d’Azur apparaît comme un laboratoire des politiques rurales contemporaines. Entre contraintes structurelles et potentiel d’innovation, le territoire cherche à tracer une voie singulière. La reconduction de Charles Ange Ginésy s’inscrit ainsi dans une double perspective : consolider les acquis d’une décennie de transformation et relever les défis à venir, qu’ils soient démographiques, économiques ou environnementaux.
Reste désormais à traduire les ambitions affichées en résultats tangibles pour les habitants. Car, au-delà des discours, c’est bien la capacité à améliorer concrètement la vie quotidienne qui déterminera la réussite de ce nouveau mandat.













