Accueil À la Une ACTUS MENTON – Ports de Menton : une farce qui tourne au vinaigre

ACTUS MENTON – Ports de Menton : une farce qui tourne au vinaigre

Après les affaires de Jean-Claude Guibal, on croyait avoir tout vu mais c’était sans compter sur le duo Juhel/Messina qui nous ont transcendé...

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Le procès des Ports de Menton a révélé les dessous d’un système de sortie de cash bien rôdé à telle enseigne que derrière la somme détournée, 870 000 €, on en arrive à toucher au comique…

De la prison pour les deux principaux protagonistes

On se demande bien ce qu’un Michel Audiard aurait fait de cette histoire. Il disait : « Les cons, on les reconnaît à ce qu’ils osent tout ». Et là, on a dépassé le seuil qui a littéralement explosé. Ce qui ressort de ce procès, c’est que des fausses commandes étaient facturées à un prestataire qui remettait le cash au directeur des Ports, Mathieu Messina, l’intermédiaire gardant pour lui la TVA. Un système gagnant/gagnant… Surtout, manifestement pour Yves Juhel le maire, qui a couvert ce système. Pour le tribunal, cela ne fait aucun doute, tous coupables et tous en prison ! Mathieu Messina a fait de la SPL des Ports de Menton, une vraie machine à faire du cash. Il a écopé de 4 ans de prison dont 1 an avec sursis ainsi que 5 ans d’interdiction de gérer et d’inégibilité, assorti d’un mandat de dépôt puisqu’il serait impliqué aussi dans l’affaire du club de foot le Gazelec d’Ajaccio. Il est le seul à avoir tout avoué et à avoir joué cartes sur table avec la justice. Il est actuellement en fuite.

Les drôles de confessions de Juhel et Furnari…

En face, rien de tel. Pour Yves Juhel, il n’est en rien concerné par ce « trafic ». Ses explications ont tellement énervé le tribunal, qu’il écope de 3 ans de prison dont 1 an avec sursis, 50 000 € d’amende et une inégibilité de 10 ans pour détournement de fonds publics et blanchiment ainsi que la confiscation des 44 000 € saisis. Le procureur Bertola a exigé aussi que cette condamnation soit affichée durant 2 mois à la mairie de Menton. L’intéressé a lâché : « C’est rude vraiment ». Toutes les sommes qu’il a touchées étaient inscrites dans un carnet vert retrouvé chez la mère de Mathieu Messina. Le « Papa » était le maire, Yves Juhet car il avait pris pour habitude d’appeler Mathieu Messina, « Mon Petit ». Réponse du maire : « Je n’ai pas de lien de parenté avec M. Messina ». Là, on touche au sublime… C’est énorme ! Il y a aussi les explications de l’intermédiaire, Pietro Furnari (et il y en aurait d’autres), qui aurait laissé pour 40 000 € de marchandises, truffes et caviar, devant la capitainerie du Port ! Quand le tribunal le pousse dans ses retranchements, il assure : « On m’a dit que c’était un grand homme d’affaires et que c’était le patron des Ports ». Mais Mathieu Messina balaie ces explications vaseuses affirmant simplement : « c’était une fausse prestation ».

Eric Le Floch, le lanceur d’alerte…

Tout cela serait particulièrement drôle si au milieu, le lanceur d’alerte, Eric Le Floch, Directeur Général des Services (DGS) n’ait payé le prix cher avec 3 années d’enfer où il a tout perdu… L’arrêt de non-renouvellement du 19 janvier 2026, fait actuellement l’objet d’un pourvoi en cassation devant le Conseil d’État. Par ailleurs, il a gagné toutes mes procédures en justice contre la mairie de Menton mais le maire, Yves Juhel, a toujours refusé de les appliquer. Le procès pour harcèlement moral et ses conséquences aura lieu le 1er juin prochain devant le tribunal correctionnel de Nice. Cela semble incroyable car bien qu’il ait bénéficié de ces trois décisions de justice ordonnant sa réintégration, celle-ci n’a toujours pas eu lieu… A croire que le maire, Yves Juhel , se plaît et s’obstine à ne pas appliquer ces décisions, ce qui interroge : « comment un maire peut-il se permettre de se placer au-dessus de lautorité judiciaire». Lors du procès, il a été dit que le directeur de la SPL, Mathieu Messina serait comme un gosse à qui on a donné un pot de Nutella ouvert, en lui disant qu’il pouvait se servir tant qu’il voulait, et à qui on a oublié de dire qu’un jour, on allait refermer le couvercle ce que la personne idoine, le maire de Menton, n’a jamais fait… Du coup, c’est le juge qui a dû s’y résoudre. Pour Eric Le Floch, c’est une évidence : « C’est Yves Juhel qui a tout organisé ». Ce cas de non-reconnaissance ne serait pas un cas isolé, la Maison des Lanceurs d’alerte le constate tous les jours partout en France…

Pascal Gaymard

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