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NICE – Une ancienne préfète propulsée au cœur du pouvoir municipal aux côtés d’Éric Ciotti

C’est une nomination qui marque un tournant politique et institutionnel à Nice. Ancienne préfète d’Eure-et-Loir, haute fonctionnaire aguerrie aux questions de sécurité, Françoise Souliman a été élue première adjointe au maire de Nice. À la tête d’un portefeuille stratégique, elle incarne la volonté du nouveau maire Éric Ciotti de placer la sécurité au cœur de son mandat.

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À Nice, la nomination de Françoise Souliman comme première adjointe de Éric Ciotti, en charge de la sécurité, marque un virage assumé. Mais derrière les annonces politiques, c’est dans les rues, les quartiers et les halls d’immeubles que se joue désormais la crédibilité du nouveau tandem municipal.

Sur la Promenade, entre vigilance et scepticisme

Sur la Promenade des Anglais, les joggeurs croisent les patrouilles de police municipale. Rien d’inhabituel en apparence, mais depuis quelques jours, la nomination d’une ancienne préfète à la sécurité alimente les discussions. « Si ça peut renforcer les contrôles, pourquoi pas », glisse Marc, retraité niçois, habitué du bord de mer. « Mais ici, ce qu’on veut, c’est du concret : plus de présence le soir, moins de nuisances. » Même prudence chez Sophie, commerçante dans le centre-ville : « On a vu passer des plans sécurité, des annonces… Ce qui compte, c’est ce qui change vraiment pour nous au quotidien. » La ville, marquée par des épisodes traumatiques ces dernières années, reste particulièrement sensible aux questions de sécurité. Et chaque décision est scrutée à l’aune de ses effets visibles.

Une stratégie sécuritaire pilotée depuis l’Hôtel de Ville

À la mairie, le message est clair : avec Françoise Souliman, l’objectif est d’importer une méthode issue de l’État. Ancienne préfète d’Eure-et-Loir, elle a construit sa carrière dans la gestion de crises et la coordination des forces de sécurité. Pour Éric Ciotti, ce choix s’inscrit dans une ligne politique assumée : faire de la sécurité la priorité du mandat. Comme l’analyse le politologue Olivier Ihl, « le recours à des profils issus de la haute fonction publique vise à crédibiliser l’action sur des enjeux régaliens ». Concrètement, plusieurs axes sont évoqués en interne : renforcement des effectifs de police municipale, extension de la vidéoprotection, coordination accrue avec l’État.

Dans les quartiers, une demande de présence

Mais c’est dans les quartiers que l’attente est la plus forte. À Nice-Nord, devant un immeuble marqué par des dégradations récentes, les habitants évoquent un sentiment d’abandon. « On appelle, mais ça met du temps à venir », confie Nadia, mère de famille. « Ce qu’il faut, c’est de la présence régulière, pas seulement des opérations ponctuelles. » Même constat dans l’ouest de la ville, où certains riverains dénoncent des incivilités récurrentes. Le sociologue Laurent Mucchielli rappelle que « le sentiment d’insécurité est souvent lié à la visibilité des forces de l’ordre et à la rapidité d’intervention ». Autrement dit, au-delà des chiffres, c’est la perception qui fait la réalité du terrain.

Vidéosurveillance, police municipale : des outils déjà sous tension

Nice fait déjà partie des villes les plus équipées en matière de vidéoprotection. Des milliers de caméras couvrent l’espace public, un dispositif régulièrement mis en avant par les élus. Mais pour de nombreux habitants, cela ne suffit plus. « Les caméras, c’est bien après coup », estime Jean-Pierre, restaurateur dans le Vieux-Nice. « Nous, on veut éviter les problèmes avant qu’ils arrivent. » La police municipale, elle, est en première ligne. Sollicitée en permanence, elle doit composer avec des missions élargies et des effectifs sous pression. L’économiste de la sécurité Alain Bauer souligne que « l’efficacité d’un dispositif repose autant sur les moyens humains que technologiques ».

Entre promesse politique et épreuve du réel

La nomination de Françoise Souliman suscite donc autant d’attentes que d’interrogations. Pour certains, elle incarne une forme d’autorité et de compétence. Pour d’autres, elle devra rapidement faire ses preuves dans un contexte local complexe. « Être préfet, ce n’est pas être élu », résume un habitué des débats municipaux. « Ici, les habitants attendent des résultats visibles, pas seulement des décisions administratives. » Le professeur de droit public Didier Truchet rappelle que « l’action locale repose sur une articulation délicate entre autorité de l’État et légitimité démocratique ».

Une ville sous surveillance… et sous attente

À Nice, la sécurité n’est pas un thème parmi d’autres. C’est un prisme à travers lequel se lit toute l’action publique. Avec ce nouveau duo à la tête de la ville, une nouvelle phase s’ouvre. Plus technocratique, plus structurée, mais aussi plus exposée. Sur la Promenade, dans les quartiers, devant les commerces, une question revient, simple et directe : est-ce que ça va changer quelque chose ? La réponse, elle, ne se trouvera ni dans les discours ni dans les nominations, mais dans les rues de la ville…

La Rédaction

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