Au journal, Le Petit Niçois, cela nous a beaucoup touché car son premier interview après Loft Story, c’est à un journaliste du Journal qu’elle l’avait donné.
Première interview après le Loft au Petit Niçois
En effet, nous avions pris un jeune stagiaire de 20 ans qui était son petit ami de l’époque. Elle avait 23 ans. Elle venait le chercher avec son scooter rose tous les jours et ils partaient ensemble. Elle était d’une gentillesse saluée par tous. Une jeune fille très sensible avec le cœur sur la main. C’était dans les années 2000, la téléréalité n’avait pas encore fait son apparition. A Cannes, elle était souvent au magasin d’affiches de cinéma de notre correspondant, Thierry, qui couvrait toutes les élections de Miss. Elle voulait y participer, elle était faite pour la lumière… Laissons un autre journaliste de notre rédaction qui l’a bien connu, raconter la suite : « Dans une soirée au Festival de Cannes, je la croise, elle me reconnaît et m’annonce qu’elle va faire une émission TV sur M6, Loft Story. Elle était très excitée à cette idée. Quand l’émission a commencé, je me suis dit, elle va gagner ! Et c’est ce qui s’est passé ! J’avais son portable, j’ai tenté de l’appeler juste à la sortie du Loft où elle n’était pas joignable comme les autres candidats. Elle m’a répondu. Je lui ai posé ¾ questions pour Le Petit Niçois. Nous étions hebdomadaire et l’interview est sorti ¾ jours après. Mais la première interview qu’elle ait donné, c’était la mienne pour Le Petit Niçois. On est très triste, elle était si gentille ! ».
Victoire à Loft Story en 2001
Loana Petrucciani, enfant de la Côte d’Azur, restera à jamais comme le premier visage d’une France qui découvrait la téléréalité au début des années 2000. Derrière l’icône médiatique, il y avait une femme marquée par les épreuves, mais aussi par une incroyable capacité à se relever, que beaucoup, à Nice et ailleurs, avaient salué. Elle avait été révélée en 2001 par « Loft Story » sur M6, et sa victoire à seulement 23 ans l’a propulsée star du jour au lendemain. Elle a remonté les Champs Elysées sous les acclamations… Cette ascension fulgurante fait de Loana, spontanée et souriante, le symbole d’une époque. Mais à la lumière brutale de la notoriété s’accompagne très vite de violences médiatiques, de moqueries, de trahisons et de dérives, qui la conduisent vers les addictions, la dépression et de graves troubles psychiatriques dont elle parlera ouvertement. Sa vie devient une succession de rechutes et de tentatives de renaissance, sous le regard d’un public qui, parfois fasciné, parfois cruel, oublie qu’il s’agit avant tout d’une femme profondément fragile.
Une disparition qui interroge
En février dernier, notre journaliste a essayé de la joindre. Ils devaient prendre un pot ensemble… Le temps de trouver le temps et elle est morte. Loana a été retrouvée chez elle à Nice ce 25 mars 2026. Elle avait 48 ans, bien trop tôt pour mourir. Personne ne s’est rendu compte, elle était décédée depuis plusieurs jours… Une enquête a été ouverte pour rechercher les causes de son décès. Sa mort, après des années de détresse exposée, pose cruellement la question de la responsabilité collective face aux ravages de la téléréalité, de la pression médiatique et du manque de protection des personnes devenues célèbres du jour au lendemain.
Il restera de Loana l’image d’une pionnière, d’une jeune femme qui a ouvert une ère nouvelle de télévision sans y être préparée, mais aussi d’une Niçoise au sourire immense, dont beaucoup se souviendront sur la Promenade, dans les cafés, dans les salons où l’on commentait « Loft Story » le soir. Il restera surtout une leçon, douloureuse : derrière chaque « star de téléréalité » se cache une personne, une histoire, une santé mentale à protéger, que la société n’a pas su assez préserver… Adieu Loana, qu’est-ce qu’on a pu t’aimer !
Pascal Gaymard













