Accueil À la Une ÉLECTIONS MUNICIPALES 2026 – NICE • Nathalie Saint-Cricq : suspendue !

ÉLECTIONS MUNICIPALES 2026 – NICE • Nathalie Saint-Cricq : suspendue !

Sur le plateau de France Télévisions, la journaliste, Nathalie Saint Cricq, a encore fait un dérapage condamnable en traitant le candidat aux élections municipales à Nice, Eric Ciotti, de « Benito »...

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Elle a été suspendue une semaine et ne pourra pas commenter le 2ème tour des élections municipales sur France Télévisions, heureusement.

Une carrière construite dans l’entre‑soi

Avec le temps, cette journaliste politique est devenue le symbole d’un journalisme de caste, sûr de lui‑même, qui se croit au‑dessus des règles qu’il impose au reste du pays. Née dans une dynastie de journalistes, passée par Sciences Po et la télévision, Nathalie Saint‑Cricq a gravi un à un les échelons jusqu’à diriger le service politique de France 2, puis l’ensemble des rédactions nationales de France Télévisions. Dans un pays où l’info publique devrait appartenir à tous, elle incarne au contraire la concentration extrême du pouvoir éditorial dans les mains d’un tout petit cercle parisien, toujours les mêmes visages, toujours les mêmes réflexes. Rédactrice en chef de « À vous de juger », « Des paroles et des actes », puis grande ordonnatrice des soirées électorales, elle s’est imposée comme la grande prêtresse du débat politique télévisé en décidant qui sera invité aux prime time, qui est réduit au rôle de figurant, qui sera ridiculisé. Qu’elle commente, interviewe ou décide de la ligne, tout passe par elle ; ce cumul délirant des rôles signe une dérive du service public vers un magistère d’opinion personnel.

« Alias Benito » : quand le masque tombe

Le soir du premier tour des municipales 2026, à Nice, le vernis craque. En direct, croyant son micro coupé, Nathalie Saint‑Cricq lâche « Éric Ciotti, alias Benito » alors que la chaîne s’apprête à diffuser la prise de parole du député niçois. Réduire un élu de la République, quel qu’il soit, à un surnom fasciste –référence explicite à Benito Mussolini–, c’est un mépris de classe politique assumé, lâché sans filtre sur l’argent public. La sanction tombe : une semaine de suspension, absence de la soirée du second tour, excuses obligées pour « propos inappropriés et déplacés » dus à un « manque de discernement ». Enfin, elle reconnaît que le « discernement » n’est visiblement pas sa priorité, ni sa première qualité… Une semaine de mise à pied pour avoir comparé un élu à un dictateur fasciste en direct : on a vu plus sévère pour des citoyens anonymes traînés devant les tribunaux pour beaucoup moins que ça.

Le « vote musulman » : stigmatisation en direct

Décembre 2025, autre plateau, autre « boulette » qui n’en est pas une. Interrogeant Alexis Corbière sur l’antisémitisme, Nathalie Saint‑Cricq enchaîne : « La quête du vote musulman aussi », avant d’ajouter, dans la foulée, que pour certains, « ça peut aider » d’être antisémite pour capter ce vote. Là encore, ce n’est pas un mot qui échappe, c’est une grille de lecture : associer, par réflexe, « vote musulman » et antisémitisme, poser comme évidence qu’un électorat musulman serait naturellement sensible aux discours antisémites. Résultat : saisine de l’Arcom par LFI et le recteur de la Grande Mosquée de Paris, pétition « Nathalie Saint‑Cricq ça suffit ! » rassemblant des dizaines de milliers de signatures pour réclamer son départ, accusation claire de stigmatisation d’une communauté entière. La défense de la journaliste –expliquer qu’elle visait des responsables politiques et non « les musulmans »– ne change rien au fond : si, à ce niveau de responsabilité, on ne maîtrise pas les mots, c’est qu’on ne mesure plus l’impact de sa parole alors que l’on est la patronne de l’info politique de France Télévisions. Elle devrait être la garante du pluralisme, de la rigueur et de la neutralité.

Christian Estrosi se discrédite un peu plus

Manifestement l’ultime dérapage de Nathalie Saint-Cricq ne gêne guère le maire sortant de Nice, Christian Estrosi, qui a tenu à lui apporter son soutien : « Cette suspension est honteuse, elle a parlé vrai ! ». On se demande bien ce qu’il aurait dit si c’était lui qui aurait subi une telle attaque. Nul doute que les superlatifs nous auraient manqué… Cette déclaration d’un ex-ministre de la République est indigne et participe à le discréditer un peu plus. Le soir des résultats du 1er tour, Christian Estrosi était apparu ahuri, le visage rougie, les yeux exorbités, et ses déclarations disproportionnées parlant « de bataille de France ». La défaite au 1er tour de son « mai » Louis Nègre à Cagnes-sur-Mer après 30 ans de mandat, était naturellement dans son esprit. Nathalie Saint-Cricq et Christian Estrosi symbolisent ce que les Français et les Niçois ne veulent plus, les représentants d’une caste qui n’a que du mépris pour les gens qu’ils sont censés représenter. En persistant à la maintenir au cœur du dispositif malgré une succession de polémiques, France Télévisions envoie un signal limpide : les règles ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Pour les citoyens ordinaires, la parole est scrutée, corrigée, parfois criminalisée ; pour l’élite médiatique, les propos injurieux, stigmatisants ou diffamatoires se soldent par une semaine de suspension et une invitation suivante sur un autre plateau. Tout comme l’audiovisuel public l’avait fait pour deux chroniqueurs « conseillers » du PS dans une brasserie, Patrick Cohen et Thomas Legrand…

Pour un vrai service public, il faudra tourner la page

Si l’on veut encore croire à la promesse d’un audiovisuel public indépendant, pluraliste et respectueux de tous les citoyens, alors il faut accepter de dire ce que beaucoup pensent déjà : le temps des éditocrates intouchables doit s’achever et le cas Nathalie Saint‑Cricq en est la démonstration la plus flagrante. Un service public digne de ce nom ne peut pas confier son visage politique à une figure qui compare un élu niçois à Mussolini le dimanche, et explique le « vote musulman » par l’antisémitisme le mercredi. Tourner la page, ce n’est pas seulement changer de personne, c’est rompre avec un système où une poignée de journalistes‑vedettes font et défont les réputations, distribuent les brevets de respectabilité et se permettent, en direct, des mots que la plupart des Français ne pourraient jamais prononcer au travail sans risquer le licenciement. Exiger mieux de France Télévisions, ce n’est pas s’attaquer à la presse : c’est, au contraire, défendre l’idée que l’information publique doit appartenir à tous – y compris à ceux que Nathalie Saint‑Cricq a trop souvent pris l’habitude de traiter de haut.

Pascal Gaymard

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