Il a obtenu 51,74% des voix contre 48,26% pour le maire sortant. Beaucoup d’habitants, élus, agents communaux et membres de l’équipe de campagne s’étaient réunis en nombre pour assister à l’installation officielle du nouveau conseil et à l’élection du nouveau maire de Villefranche.
Christophe Trojani, l’ancien édile, a ouvert et présidé la séance, conformément au protocole républicain. Après avoir introduit la session et lancé les opérations électorales, il a quitté la salle accompagné de l’ensemble des conseillers de sa liste, dans un départ qui n’a pas manqué de surprendre. Le nouveau maire lui-même l’a confié peu après la cérémonie : « Il m’a laissé aussi étonné qu’une bonne partie du public, je pense, parce que je ne m’y attendais pas. Et je pensais que démocratiquement, il aurait pu rester. » Une surprise, et une déception à peine voilée, face à un choix que le nouveau maire dit ne pas comprendre, tout en respectant la décision de son prédécesseur.
Un discours d’unité et d’action
Une fois élu à l’unanimité par les membres du conseil, Robert Capelier a pris la parole dans un discours sobre et sincère, visiblement ému face au public chaleureux. « Ce matin, c’est avec beaucoup d’émotion et une grande responsabilité que je m’adresse à vous », a-t-il déclaré, avant de remercier les électeurs qui ont accordé leur confiance à sa liste. « Cette confiance nous honore autant qu’elle nous oblige – à répondre à vos attentes, à être à l’écoute et à agir pour le bien de tous. » Reprenant le fil de sa campagne, il a tenu à affirmer d’emblée sa vocation rassembleuse : « Aujourd’hui, nous serons les élus de tous les Villefranchois », a-t-il lancé sous les applaudissements de l’assemblée, « quelles que soient vos sensibilités, vos choix, vos doutes parfois. » Le maire a rendu un hommage appuyé à son équipe de campagne « engagée, sincère, profondément humaine » ainsi qu’aux candidats qui n’ont pas obtenu de siège au conseil mais ont contribué à la victoire. Il a également salué ceux qui ont rejoint la liste entre les deux tours, évoquant ce rapprochement comme « une évidence » dictée par « le bien commun des Villefranchois ».
La mémoire des prédécesseurs
Dans un passage plus solennel, le nouveau maire a rendu hommage à deux anciens maires qui ont façonné l’identité de la ville. Il a cité Joseph Calderoni qui a contribué à préserver le patrimoine de la cité, notamment la citadelle. Il a ensuite évoqué Gérard Grosgogeat, dont chacun garde le souvenir d’un élu « proche de ses administrés, humain, profondément attaché à sa commune ». Une manière d’inscrire son mandat dans une continuité historique, tout en affirmant sa propre vision. « Être maire, ce n’est pas seulement administrer – c’est aimer sa ville, l’écouter et la faire vivre », a-t-il déclaré avec conviction.
Une méthode simple : écouter, décider, agir
Interrogé après la cérémonie, le nouveau maire n’a pas tardé à évoquer les premiers chantiers. Avant l’été, des actions concrètes et visibles sont au programme : réfection de l’environnement de la Marinière, remise en état de plusieurs secteurs de la ville, travaux de peinture et restauration de signalétique. « On a hâte d’être à lundi matin », a-t-il confié avec un sourire franc. Pour la fin de l’année, il évoque le réaménagement du site de l’Octroi et la relance du marché. À plus long terme, des projets structurants sont dans les cartons : le terrain du Gaz et l’Îlot de la Poste figurent parmi les chantiers d’envergure que la nouvelle municipalité entend engager. « Notre méthode sera simple : écouter, décider, mettre en œuvre », a-t-il résumé depuis l’estrade, avant de s’adresser directement aux agents municipaux : « Vous êtes les forces vives de cette maison. Nous travaillerons ensemble dans un esprit de confiance et de considération. »
Une page qui se tourne
La cérémonie s’est achevée par la remise des écharpes aux conseillers municipaux fraîchement élus : le premier d’entre eux, Benjamin Bunger « Je suis fier de l’honneur qu’il m’est fait. J’ai grandi à Villefranche-sur-Mer et c’est tout naturellement que je souhaite consacrer mon énergie et mon expérience au service de la cité ». Le départ inattendu de l’ancien maire et de ses conseillers a certes jeté une ombre sur le protocole habituel, mais n’a pas entamé la détermination de la nouvelle équipe. Robert Capelier a conclu son discours sur une note de rassemblement : « Ce mandat qui débute aujourd’hui sera celui du rassemblement, du respect de chacun et de l’action. Nous avons une responsabilité collective : faire avancer notre ville tout en protégeant son identité. »
Villefranche s’apprête à tourner la page. Et à en écrire une nouvelle, dès ce lundi matin.
Alain Fulconis













