ALPES-MARITIMES – Tendance délinquance Côte d’Azur

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© SEBASTIEN BOZON / AFP

Délinquance sur la Côte d’Azur : moins de vols, mais plus de violences

Alors que les bilans 2025 de la police et de la gendarmerie viennent d’être publiés, la photographie de la délinquance sur la Côte d’Azur au début de l’année 2026 révèle une évolution contrastée. Si les atteintes aux biens poursuivent leur recul, les violences aux personnes et le trafic de stupéfiants progressent nettement, dessinant un paysage sécuritaire typique des territoires touristiques.

Recul confirmé des cambriolages

Dans les Alpes-Maritimes comme dans le Var, les cambriolages continuent de diminuer. Certaines zones du littoral enregistrent des baisses à deux chiffres, atteignant près de 25 % sur trois ans dans le golfe de Saint-Tropez. Cette amélioration est attribuée à la généralisation de la vidéosurveillance, au renforcement des patrouilles et aux dispositifs de prévention déployés dans les communes résidentielles. Plus globalement, les atteintes aux biens — vols, dégradations, vols de véhicules — reculent dans plusieurs secteurs urbains, confirmant une tendance amorcée après la période post-Covid.

Violences en hausse dans l’espace public et privé

À l’inverse, les atteintes aux personnes progressent. Les bilans départementaux font état d’une augmentation des agressions, des violences intrafamiliales et des violences sexuelles, avec des hausses parfois supérieures à 20 %. Les services de sécurité évoquent une intensification de la violence des faits, plus que leur simple fréquence. Cette évolution concerne autant les centres urbains que certaines communes périurbaines. Les tensions juvéniles et les incidents en milieu scolaire, observés ces derniers mois dans le Var et les Alpes-Maritimes, illustrent cette tendance.

Narcotrafic en expansion

Autre phénomène marquant : la progression du trafic de stupéfiants. Les saisies et les procédures liées aux drogues augmentent fortement dans les Alpes-Maritimes, traduisant à la fois une activité policière accrue et une présence plus structurée des réseaux. Les forces de l’ordre constatent une diffusion du trafic au-delà des quartiers urbains sensibles, touchant désormais zones touristiques, littoral et arrière-pays. Cette économie souterraine alimente indirectement une partie des violences observées.

Délinquance routière persistante

La délinquance routière reste également un point noir régional. Refus d’obtempérer, grands excès de vitesse et conduites dangereuses demeurent fréquents sur les axes littoraux et autoroutiers, dans un contexte de forte mobilité saisonnière.

Un profil sécuritaire de région touristique

Au début de l’année 2026, la Côte d’Azur présente ainsi un profil paradoxal : moins de délinquance patrimoniale mais davantage de violences et de trafics. Les spécialistes de la sécurité y voient une évolution structurelle des territoires touristiques attractifs, où la pression démographique et économique modifie la nature des infractions. Si la tendance globale des faits enregistrés demeure orientée à la baisse, la progression des violences constitue désormais le principal défi sécuritaire du littoral azuréen.

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