La compétition se déroulera sous le regard affûté du cinéaste sud-coréen Park Chan-wook, président du jury, symbole de l’ouverture croissante du festival vers l’Asie et les cinématographies de genre. Le film d’ouverture sera La Vénus électrique de Pierre Salvadori (Hors Compétition) avec Pio Marmaï, Anaïs Demoustier, Gilles Lellouche, Vimala Pons, Gustave Kervern… Un sacré casting et une belle montée des Marches…
21 films en Compétition pour l’instant…
La sélection officielle 2026 forme une cartographie ambitieuse du cinéma d’auteur contemporain, mêlant retours de palmarès et découvertes. Parmi les 21 films en Compétition figurent notamment, Minotaure d’Andrei Zviaguintsev, qui marque le retour très attendu du cinéaste russe, déjà primé à Cannes, El ser querido de Rodrigo Sorogoyen, un nouveau thriller social du réalisateur espagnol devenu un habitué des grands festivals, The Man I Love d’Ira Sachs, une chronique sentimentale, Fatherland de Paweł Pawlikowski, une fresque politique et historique, Moulin de László Nemes, qui retrouve le terrain du drame historique après Le Fils de Saul et Sunset, Histoires de la nuit de Léa Mysius, une nouvelle proposition d’une autrice qui s’affirme à chaque film, Fjord de Cristian Mungiu, une plongée annoncée dans une petite communauté norvégienne, Notre salut d’Emmanuel Marre, une présence remarquée de la jeune scène européenne, Gentle Monster de Marie Kreutzer, un film porté par Léa Seydoux, pressentie comme l’une des figures emblématiques de cette édition, Quelques jours à Nagi de Koji Fukada, une nouvelle variation du réalisateur japonais sur la cellule familiale et les failles intimes, Hope de Na Hong-jin, dont le cinéma de genre radical suscite déjà une forte curiosité, Sheep in the Box d’Hirokazu Kore-eda, une histoire d’un couple qui adopte un nourrisson androïde, Garance de Jeanne Herry, qui poursuit son exploration sensible des liens sociaux, L’inconnue d’Arthur Harari, attendu après son travail remarqué comme coscénariste d’Anatomie d’une chute, Soudain de Ryusuke Hamaguchi, nouvelle entrée très surveillée après son triomphe récent dans le circuit des festivals, L’aventure rêvée de Valeska Grisebach, prolongement d’un cinéma épuré et sensoriel, Coward de Lukas Dhont, qui revient en compétition après le succès de Close, La bola negra de Javier Ambrossi et Javier Calvo, un duo espagnol qui pourrait créer la surprise avec leur énergie pop, La vie d’une femme de Charline Bourgeois-Tacquet, un nouveau regard féminin français très attendu, Histoires parallèles d’Asghar Farhadi, un retour majeur d’un cinéaste déjà primé sur la Croisette, Autofiction de Pedro Almodóvar, qui signe ici son grand retour en Compétition avec un projet annoncé comme très personnel, lui qui s’était promis de ne plus revenir en Compétition…
Événements phares et deux Favoris pour la Palme d’Or
Lors de cette 79e édition, deux Palmes d’honneur seront remises : l’une au cinéaste néo-zélandais, Peter Jackson, l’autre à la légende Américaine, Barbra Streisand, consacrant deux trajectoires majeures entre blockbuster, comédie musicale et cinéma d’auteur. La cérémonie d’ouverture et de clôture seront animées par l’actrice française, Eye Haïdara, présente dernièrement dans La Maison des Femmes. Sur la Croisette, la montée des marches devrait être marquée par une forte présence européenne (France, Espagne, Italie, Europe de l’Est…). De grands noms seront présents tels que les revenants : Kore-eda, Almodóvar, Zviaguintsev, Pawlikowski, Nemes, Farhadi en passant par Hamaguchi, Harari ou Dhont… Qui le jury présidé par Park Chan-wook choisira-t-il comme Palme d’Or ? Naturellement, ce sont les grands noms qui reviennent avec des films tels que Sheep in the Box d’Hirokazu Kore-eda, qui pourrait conjuguer émotion grand public et réflexion sur la famille à l’ère technologique, Fjord de Cristian Mungiu, attendu pour son intensité dramaturgique et sa dimension politique, L’inconnue d’Arthur Harari, porté par un important capital critique… Côté surprises possibles, plusieurs titres intriguent les observateurs : Hope de Na Hong-jin, qui pourrait imposer un cinéma de genre radical au sommet du palmarès, La vie d’une femme de Charline Bourgeois-Tacquet ou Garance de Jeanne Herry, capables de créer l’événement avec des récits plus intimistes et ancrés dans le réel. Les duos et jeunes signatures –Ambrossi/Calvo avec La bola negra, Lukas Dhont avec Coward, ou Valeska Grisebach avec L’aventure rêvée– pourraient également bénéficier d’un effet de découverte ou de confirmation… Pour notre compte, on préférera les propositions d’Asghar Farhadi, avec ses Histoires parallèles, et bien sûr, celui qui aurait dû cumuler plusieurs Palmes d’Or depuis longtemps, Pedro Almodovar, le maître du cinéma Espagnol qui présentera Autofiction qui scellera son retour en Compétition Officielle. On se souvient de Tout sur ma mère (1999), La Mauvaise Education (2004), VOLVER (2006), Etreintes Brisées (2009), La Piel que Habito (2010), Julieta (2016), Douleurs et Gloires (2019)… Au moins par trois fois (Tout sur ma mère, Volver, et surtout Douleurs et Gloires), il aurait dû remporter la Palme d’Or. Alors 2026, la bonne Année pour Pedro ?
Pascal Gaymard













