CINÉMA – 79e FESTIVAL DE CANNES – Park Chan-wook présidera le Festival de Cannes 2026 : une évidence !

Le réalisateur sud-coréen Park Chan-wook a été nommé président du jury du Festival de Cannes 2026. Vingt-deux ans après le Grand Prix remporté par OLD BOY, le cinéaste fera son retour sur la Croisette pour la 79e édition, du 12 au 23 mai, avec la responsabilité de remettre la Palme d’or.

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Park Chan-wook en 2025. Photo AFP

Il y a 22 ans, un film coréen déferlait sur la Croisette comme un uppercut. Old Boyrepartait avec le Grand Prix, même si beaucoup estimaient qu’il méritait la Palme.

Une relation forte avec Cannes

Le président de l’époque, Quentin Tarantino, avait usé de son influence pour que les documentaires dont FARENHEIT 9/11 qui avait reçu la Palme d’Or ne soit plus en Compétition. Thierry Frémaux, le délégué général, avait opté pour créer la Compétition dédiée aux docs, l’Œil d’Or. Aujourd’hui Park Chan-wook revient au Festival de Cannes dans un tout autre rôle : celui de président du jury. Premier cinéaste coréen à présider le jury du Festival de Cannes, il succède à Juliette Binoche pour la 79e édition, prévue du 12 au 23 mai 2026. Une nomination qui tient moins de la surprise que de l’évidence. La relation entre Park Chan-wook et Cannes s’est construite au fil des années. En 2004, OLD BOYreçoit le Grand Prix et marque durablement les esprits. En 2009, THIRST décroche le Prix du Jury. En 2022, DECISION TO LEAVE lui vaut le Prix de la mise en scène. À travers ces distinctions, le Festival a salué une œuvre exigeante, stylisée et profondément singulière.

Un cinéma de la tension et du désir

Ce qui distingue Park Chan-wook de ses contemporains, c’est sa capacité à conjuguer virtuosité formelle et profondeur morale. Ses films sont marqués par une mise en scène millimétrée, une tension permanente et des personnages mus par la vengeance, le désir ou l’obsession. On l’a comparé à Brian De Palma pour la précision de ses cadres, à Alfred Hitchcock pour son sens du suspense, ou encore à Rainer Werner Fassbinder pour la dimension politique de sa mise en scène. Lui revendique l’influence d’Ingmar Bergman ou de Luchino Visconti, inscrivant son travail dans une tradition où la forme sert le fond. Dans MADEMOISELLE, thriller érotique d’une grande sophistication, ou dans DECISION TO LEAVE, polar amoureux aux accents tragiques, il démontre qu’un cinéma de genre peut atteindre une profondeur dramatique et esthétique remarquable. Avec, AUCUN AUTRE CHOIX, son dernier film en date, une satire mordante sur la société capitaliste coréenne et la vanité masculine, il confirmait en 2025 n’avoir rien perdu de son tranchant. Sa filmographie entière est traversée par une question lancinante : jusqu’où peut-on aller par amour, par orgueil, par désespoir ? Et à quel prix ?

Une vision du cinéma comme expérience collective

Sa prise de position à l’annonce de sa nomination dit tout de l’homme et de l’artiste. Pour Park Chan-wook, se réunir dans une salle obscure pour regarder ensemble un même film est, en soi, un acte de solidarité universelle. Une idée simple, profonde, presque révolutionnaire à l’heure où les écrans individuels ont fragmenté l’expérience collective du cinéma. Cannes, temple de cette expérience partagée, ne pouvait rêver meilleur président de jury. Celui à qui le Festival avait peut-être jadis refusé la Palme est désormais celui qui la remet. Il n’y a peut-être pas de plus belle conclusion. Un symbole fort pour cette 79e édition.

Mathilde Vignal

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