SANTÉ – L’AFCL alerte sur la sécurité des laits infantiles

L’Association Française des Consultantes en Lactation (AFCL) a fait part de sa « vive préoccupation » face à la contamination mondiale de certains substituts du lait maternel (SLM).

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Dans un contexte de rappels massifs de produits, l’association estime que la situation constitue une crise sanitaire internationale et appelle à replacer l’allaitement au cœur des politiques de sécurité publique.

Laits défectueux : Des infections graves pour les nourrissons

La vulnérabilité de la chaîne de production industrielle des laits infantiles est aujourd’hui au centre des inquiétudes. L’AFCL rappelle que ces produits peuvent être exposés à des contaminations microbiologiques, notamment par des bactéries telles que Cronobacter sakazakii ou Salmonella, déjà impliquées par le passé dans des alertes sanitaires internationales. Ces micro-organismes peuvent provoquer des infections graves chez les nourrissons, une population particulièrement fragile sur le plan immunitaire. En période de crise, les failles logistiques et les tensions sur les approvisionnements peuvent accentuer les risques et compliquer l’accès à des produits sûrs pour les familles ayant recours aux préparations commerciales. Dans ce contexte, l’AFCL estime que les nourrissons non allaités se retrouvent dans une situation de plus grande vulnérabilité, dépendant d’une chaîne industrielle et de circuits de distribution susceptibles d’être perturbés.

Les recommandations de l’OMS et de l’UNICEF rappelées

S’appuyant sur les directives de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et de l’UNICEF, l’AFCL rappelle plusieurs principes jugés essentiels en situation d’urgence sanitaire. La première priorité est de soutenir et de protéger l’allaitement. Selon l’association, le lait maternel constitue « le rempart le plus sûr » en période d’incertitude. Il ne dépend pas d’une production industrielle, ne présente pas de risque de contamination externe lié à une chaîne logistique et offre une protection immunitaire active au nourrisson. L’AFCL insiste également sur la nécessité d’un contrôle strict des dons de substituts du lait maternel. L’OMS déconseille les distributions non ciblées en période de crise, afin d’éviter des usages inappropriés ou mal encadrés. Un autre axe mis en avant est le soutien à la relactation. Pour les parents ayant recours aux préparations infantiles et souhaitant revenir à l’allaitement, l’association recommande un accompagnement rapide et structuré. Des protocoles existent pour relancer la lactation, mais ils nécessitent un suivi professionnel adapté. Pour les enfants qui ne sont pas allaités, l’AFCL appelle à une vigilance absolue : utilisation exclusive de lots non concernés par les rappels, information claire des familles et suivi rigoureux.

Un appel aux autorités françaises et européennes

Au-delà des recommandations, l’AFCL interpelle directement le gouvernement français et les instances européennes. Elle demande d’abord une information « transparente et continue » sur la conformité des lots disponibles sur le marché. L’association souhaite également la mobilisation d’experts certifiés en lactation, notamment les consultantes IBCLC (International Board Certified Lactation Consultant), afin d’accompagner les familles en urgence, que ce soit pour optimiser un allaitement en cours ou engager une relactation. Enfin, l’AFCL appelle à l’application stricte du Code international de commercialisation des substituts du lait maternel, adopté par l’OMS en 1981. Ce texte vise à encadrer la promotion des laits infantiles afin que les décisions en matière d’alimentation des nourrissons reposent sur des critères de santé publique et non sur des considérations commerciales.

Théo Fritsch

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