Le ralliement de Jean-Marc Governatori à la liste menée par Éric Ciotti constitue l’un des tournants majeurs de la campagne des municipales à Nice. Au-delà de l’effet d’annonce, cette alliance est susceptible de reconfigurer les équilibres électoraux à quelques semaines du scrutin. Cette décision intervient après plusieurs semaines de discussions politiques intenses et redessine le paysage électoral niçois à quelques semaines du scrutin.
Un élargissement stratégique de la base électorale de Ciotti
Pour Éric Ciotti, l’apport principal de Jean-Marc Governatori réside dans sa capacité de captation d’un électorat transversal. Lors des précédents scrutins municipaux, ce dernier avait démontré sa faculté à séduire des électeurs sensibles aux thèmes de l’environnement, de la santé et de l’alimentation, sans se rattacher strictement à un camp partisan. Son ralliement permet ainsi à la liste UDR :
- d’élargir son spectre électoral au-delà de la droite classique,
- de renforcer sa crédibilité sur les enjeux environnementaux et de qualité de vie,
- et d’apparaître comme une coalition de second tour dès le premier tour, ce qui est un atout psychologique non négligeable.
Un coup porté aux listes écologistes et centristes
Ce rapprochement fragilise mécaniquement les listes écologistes et centristes, qui pouvaient espérer capter une partie de l’électorat de Governatori. En se retirant de la course, celui-ci réduit la dispersion des voix et contraint ces formations à se repositionner rapidement pour éviter l’érosion de leur base. Le risque pour ces listes est double : une démobilisation d’électeurs déboussolés par cette alliance jugée contre-nature, ou un report partiel vers l’abstention, scénario toujours pénalisant dans une élection municipale.
Une pression accrue sur le maire sortant
Face à cette recomposition, le maire sortant Christian Estrosi voit son principal adversaire se renforcer. Le ralliement de Governatori crédibilise l’idée d’un duel structuré entre deux blocs solides, là où la fragmentation des candidatures aurait pu diluer l’opposition. Ce mouvement oblige la majorité sortante à consolider son socle électoral, renforcer son discours sur l’écologie et le cadre de vie et éviter toute fuite d’électeurs modérés tentés par une alternative élargie.
Un pari risqué pour Jean-Marc Governatori
Sur le plan personnel, Jean-Marc Governatori joue une carte à haut risque. S’il peut apparaître comme un faiseur de roi et peser sur le programme municipal, il s’expose aussi à une perte de crédibilité auprès d’une partie de son électorat historique, qui pourrait percevoir ce ralliement comme une rupture idéologique. Son influence réelle dépendra de sa place sur la liste, de son rôle effectif dans l’élaboration du programme et des responsabilités qui lui seraient confiées en cas de victoire.
Vers une polarisation accrue du scrutin
Au final, ce ralliement accentue la polarisation de la campagne niçoise. La dynamique électorale pourrait désormais s’organiser autour de deux pôles dominants, réduisant l’espace pour les listes intermédiaires et rendant le premier tour plus décisif qu’attendu. À Nice, cette alliance illustre une tendance lourde des municipales de 2026 : la recherche de rassemblements larges, parfois au prix de lignes idéologiques brouillées, dans un contexte où chaque voix comptera pour accéder au second tour — ou pour l’emporter.
Michelle LEFORT












