Accueil À la Une CINÉMA – CESAR 2026 : L’Attachement et Nouvelle Vague…

CINÉMA – CESAR 2026 : L’Attachement et Nouvelle Vague…

La 51ème cérémonie des César, ce jeudi 26 février 2026 en direct de l’Olympia et diffusée sur Canal+, a essayé de faire plaisir à tout le monde...

0

Sur 24 prix, nous en avions pronostiqué 15 qui se sont révélés exacts ce qui prouve que les 4600 votants de l’Académie des César ne se sont guère trompés même si…

L’ATTACHEMENT et Golshifteh Farahani…

Même s’ils ont oublié Jan Kounen et L’HOMME QUI RETRECIT dans la catégorie Meilleurs Effets Visuels (ils ont préféré L’INCONNU DE LA GRANDE ARCHE) et surtout qu’ils se sont trompés avec le Meilleur film français en préférant le gentillet L’ATTACHEMENT au splendide UN SIMPLE ACCIDENT. D’autant que le sacre de Jafar Panahi, ce réalisateur Iranien maudit par les mollah de son pays, aurait eu du sens (son scénariste est toujours en prison en Iran) par rapport à la très belle intervention de l’actrice Iranienne, Golshifteh Farahani… Quand elle a pris la parole, le temps s’est arrêté… Le silence s’est fait.  Elle a parlé de l’Iran, de son peuple qui lutte “depuis des décennies”, “les mains vides”, avec le courage comme seule arme et une culture immense en arrière-plan. Dans les récits de la soirée, c’est l’un des moments politiques les plus marquants, parce qu’il ne cherche pas l’effet, il célèbre la vérité d’une douleur et d’une résistance. Autre moment d’émotion, avec Camille Cottin, présidente de la soirée, a choisi d’entrer par la comédie. Ses “annonces” volontairement excessives et parodiques, un slogan détourné (“rendre le cinéma français great again”) qui fait rire parce qu’il est trop frontal pour être innocent… Et puis, elle glisse rapidement vers le sérieux et parle d’un cinéma qu’on aime justement parce qu’il n’est pas tout-puissant, parce qu’il est fragile, financé par un écosystème où même le geste simple d’aller en salle compte. Et là, la salle comprend : ce n’est pas seulement un numéro d’ouverture, c’est un rappel presque une déclaration de protection.

Hommage à Jim Carrey…

Que dire encore de Benjamin Lavernhe en maître de cérémonie, qui nous a pris par les tripes, le cœur, et les larmes pour évoquer son admiration presque enfantine pour Jim Carrey et qui appelle le public à lui faire un triomphe. Face à l’immense Jim Carrey, il craque, les larmes montent, et ce petit basculement change la température de la salle : tout devient plus poreux, moins cynique, plus humain. Quand Jim Carrey monte sur scène, il nous parle en Français. Il dit toute sa reconnaissance pour ce César d’honneur, pour la France (dont il a été beaucoup question dans cette cérémonie), pour ce métier qui est une matière à sculpter, « chaque rôle étant comme “l’argile du sculpteur”, façonnée “à la forme de votre cœur” ». Il glisse une phrase presque simple, presque tendre dans sa logique : “Si vous voulez que la fortune vous sourit, souriez-lui d’abord”. Et il conclut dans la gratitude, avec cette promesse de mémoire : “Merci, je vais toujours chérir ce souvenir” avant de saluer Lavernhe, “Tu es formidable !”. Puis de désamorcer l’émotion par l’humour, en se moquant gentiment de son français (“presque médiocre”). La salle, elle, comprend l’essentiel : ce n’est pas la syntaxe qui compte, c’est le geste. Tout aurait été parfait sans les quelques crétins qui ont cru bon dans la salle obscure, à l’abri des regards de siffler, au moment de l’hommage à cette immense icône mondiale qu’a été Brigitte Bardot. Honte à eux !

4 César pour NOUVELLE VAGUE et Léa Drucker/Laurent Lafitte…

Hormis L’ATTACHEMENT de Carine Tardieu qui a reçu aussi les César de la meilleure adaptation et celui de la meilleure actrice dans un second rôle pour Vimala Pons, le grand vainqueur de la soirée a été NOUVELLE VAGUE qui a obtenu 4 Statuettes dont celle de meilleur réalisateur pour Richard Linklater, absent. Les autres récompenses pour ce film : meilleurs costumes, montage, photo. Ce qui était très attendu, c’étaient les prix des meilleurs comédiens. Chez les femmes, Léa Drucker (DOSSIER 137) et chez les hommes, Laurent Lafitte (LA FEMME LA PLUS RICHE DU MONDE) ont été les logiques lauréats, c’est eux que nous avions pronostiqué. Aux côtés de Vimala Pons, c’est l’excellent Pierre Lottin (L’Etranger) qui a été sacré comme meilleur second rôle. Pour rester avec les interprètes, les révélations ont été Nadia Melliti (LA PETITE DERNIERE) et Théodore Pellerin (NINO). Pas nos premiers mais nos seconds choix possibles. NINO de Pauline Loquès a aussi reçu le prix du meilleur 1er film. Côté documentaire, là encore, logiquement, Vincent Munier l’a emporté avec LE CHANT DES FORETS, sublime tout comme pour le film d’animation, ARCO d’Ugo Bienvenu, a été sacré. Le César du meilleur film étranger est revenu à Paul Thomas Anderson pour UNE BATAILLE APRES L’AUTRE alors que VALEUR SENTIMENTALE de Joachim Trier ​l’aurait bien plus mérité…

Pascal Gaymard

AUCUN COMMENTAIRE