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79ème FESTIVAL DE CANNES : LE REGARD DE MATHILDE VIGNAL…… Samedi 23 mai

Le Festival comme si vous y étiez s’enrichit du « Regard de Mathilde Vignal » sur son périple cannois qui se déclinera du JOUR 1 de l’ouverture au Jour 12 de la clôture.

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Par Mathilde VignalPhotos Dominique Maurel

Palmarès : Fjord triomphe, et j’avais vu juste !

C’est fini. Onze jours, des dizaines de films, des kilomètres de Croisette, et ce soir, Park Chan-wook et son jury ont tranché. Le 79e Festival de Cannes a rendu son verdict. Et il y a des surprises, des confirmations, et au moins un moment où j’ai eu envie de crier victoire.

Le palmarès

Palme d’or : Fjord, Cristian Mungiu

Grand Prix : Minotaure, Andreï Zviaguintsev

Prix de la mise en scène (ex aequo) : Fatherland, Pawel Pawlikowski & La Bola Negra, Los Javis

Prix du jury : Das Geträumte Abenteuer, Valeska Grisebach

Prix du scénario : Notre Salut, Emmanuel Marre

Prix d’interprétation féminine : Virginie Efira & Tao Okamoto, Soudain de Ryusuke Hamaguchi

Prix d’interprétation masculine : Emmanuel Macchia & Valentin Campagne, Coward de Lukas Dhont

Mon bilan pronostics : une belle soirée

Commençons par le plus beau : j’avais misé sur Fjord pour la Palme d’or. Et c’est Fjord qui l’emporte. Cristian Mungiu devient le dixième cinéaste à décrocher deux Palmes, la première en 2007 pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours. Une consécration méritée pour un film puissant, lent, implacable, qui parle de nos fractures contemporaines mieux que n’importe quel discours. Je suis ravie d’avoir vu juste sur celui-là.

Sur le Grand Prix, j’avais misé sur Moulin, c’est Minotaure de Zviaguintsev qui l’emporte. Un choix audacieux du jury, pour un cinéaste russe en exi. Soit.

Pour la mise en scène, j’avais dit Dhont, le jury a fait autrement en récompensant ex aequo Fatherland et La Bola Negra. Los Javis méritaient leur place au palmarès après cette ovation historique. Et Pawlikowski, dont j’avais reconnu la beauté froide, trouve ici sa juste récompense.

Sur le Prix du scénario, Notre Salut d’Emmanuel Marre, exactement ce que j’attendais du jury pour ce film. Un prix mérité pour une écriture radicalement originale sur la banalité du mal.

Et puis le grand moment de la soirée côté interprétation masculine : Valentin Campagne et Emmanuel Macchia pour Coward. Je vous l’avais dit hier, ce duo pouvait créer la sensation. Ils l’ont créée. Exactement comme Nadia Melliti l’année dernière. Le cinéma sait encore nous surprendre.

Seule vraie déception pour moi : Adèle Exarchopoulos ne repart pas avec le Prix d’interprétation féminine, c’est Virginie Efira et Tao Okamoto pour Soudain que le jury a choisi de récompenser surement à juste titre mais je n’ai malheureusement pas vu le film donc je ne peux réellement exprimer une déception.

Ce 79e Festival de Cannes restera dans les mémoires comme une édition politique, courageuse, habitée. Entre la tribune Bolloré qui a secoué la profession, un cinéma mondial qui a interrogé l’Histoire avec une rare intensité, de Moulin à Notre Salut, de La Bataille de Gaulle à Fjord, et des découvertes qui resteront longtemps : Gabin, Atonement, Love Story, Coward, Karma.

Onze jours sur la Croisette. Des films qui grattent, qui émeuvent, qui dérangent. C’est pour ça qu’on vient à Cannes. Et c’est pour ça qu’on y revient. Alors, à l’année prochaine !

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