Par Mathilde Vignal – Photos Dominique Maurel
Palmarès : Fjord triomphe, et j’avais vu juste !
C’est fini. Onze jours, des dizaines de films, des kilomètres de Croisette, et ce soir, Park Chan-wook et son jury ont tranché. Le 79e Festival de Cannes a rendu son verdict. Et il y a des surprises, des confirmations, et au moins un moment où j’ai eu envie de crier victoire.
Le palmarès
Palme d’or : Fjord, Cristian Mungiu
Grand Prix : Minotaure, Andreï Zviaguintsev
Prix de la mise en scène (ex aequo) : Fatherland, Pawel Pawlikowski & La Bola Negra, Los Javis
Prix du jury : Das Geträumte Abenteuer, Valeska Grisebach
Prix du scénario : Notre Salut, Emmanuel Marre
Prix d’interprétation féminine : Virginie Efira & Tao Okamoto, Soudain de Ryusuke Hamaguchi
Prix d’interprétation masculine : Emmanuel Macchia & Valentin Campagne, Coward de Lukas Dhont
Mon bilan pronostics : une belle soirée
Commençons par le plus beau : j’avais misé sur Fjord pour la Palme d’or. Et c’est Fjord qui l’emporte. Cristian Mungiu devient le dixième cinéaste à décrocher deux Palmes, la première en 2007 pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours. Une consécration méritée pour un film puissant, lent, implacable, qui parle de nos fractures contemporaines mieux que n’importe quel discours. Je suis ravie d’avoir vu juste sur celui-là.
Sur le Grand Prix, j’avais misé sur Moulin, c’est Minotaure de Zviaguintsev qui l’emporte. Un choix audacieux du jury, pour un cinéaste russe en exi. Soit.
Pour la mise en scène, j’avais dit Dhont, le jury a fait autrement en récompensant ex aequo Fatherland et La Bola Negra. Los Javis méritaient leur place au palmarès après cette ovation historique. Et Pawlikowski, dont j’avais reconnu la beauté froide, trouve ici sa juste récompense.
Sur le Prix du scénario, Notre Salut d’Emmanuel Marre, exactement ce que j’attendais du jury pour ce film. Un prix mérité pour une écriture radicalement originale sur la banalité du mal.
Et puis le grand moment de la soirée côté interprétation masculine : Valentin Campagne et Emmanuel Macchia pour Coward. Je vous l’avais dit hier, ce duo pouvait créer la sensation. Ils l’ont créée. Exactement comme Nadia Melliti l’année dernière. Le cinéma sait encore nous surprendre.
Seule vraie déception pour moi : Adèle Exarchopoulos ne repart pas avec le Prix d’interprétation féminine, c’est Virginie Efira et Tao Okamoto pour Soudain que le jury a choisi de récompenser surement à juste titre mais je n’ai malheureusement pas vu le film donc je ne peux réellement exprimer une déception.
Ce 79e Festival de Cannes restera dans les mémoires comme une édition politique, courageuse, habitée. Entre la tribune Bolloré qui a secoué la profession, un cinéma mondial qui a interrogé l’Histoire avec une rare intensité, de Moulin à Notre Salut, de La Bataille de Gaulle à Fjord, et des découvertes qui resteront longtemps : Gabin, Atonement, Love Story, Coward, Karma.
Onze jours sur la Croisette. Des films qui grattent, qui émeuvent, qui dérangent. C’est pour ça qu’on vient à Cannes. Et c’est pour ça qu’on y revient. Alors, à l’année prochaine !













